UNIVERSITÉS
subordonnées, malgré leurs accroissements successifs, à la Faculté des Arts (fig. i5); le corps des quatre Nations, qui composaient cette dernière Faculté, lui assurait une prépondérance évidente, avec le maintien de certaines prérogatives essentielles. Ainsi chaque Nation élisait un procureur, et chaque Faculté un doyen. Le mode d’élection des procureurs et le terme de leurs fonctions variaient, toutefois, suivant les Nations. La Faculté des Arts comptait quatre procureurs. La Faculté de théologie, indépendamment de son doyen, qui devait être le docteur séculier le plus
Fig. i\ — Sceau des quatre Nations ou Faculté de» Arts, xvi' siècle. Biblioth. nat. de Paris. Cab. des médailles.
ancien en grade, choisissait, tous les deux ans, un syndic chargé de l’administration des affaires particulières de sa compagnie. Quant à la Faculté de Décret, elle n’avait qu’un doyen d’âge ou d’ancienneté dans le grade de docteur,et la Faculté de médecine, un doyen élu tous les ans parmi les docteurs en exercice. Doyens et procureurs, au nombre de sept, formaient le tribunal supérieur de l’Université. La Faculté des Arts avait donc , à elle seule, dans ce tribunal, une part quadruple de représentation et disposait de la majorité des suffrages. Elle s’était attribué, en outre, le privilège exclusif de nommer le recteur ou chef suprême de l’Université, lequel ne pouvait être
lui-même pris que dans son sein (fig. i6). Elle seule, enfin, avait la garde du trésor des archives, l’administration du Pré-aux-Clercs,etla nomination ou la présentation de tous les suppôts ou officiers universitaires non électifs. Dans l’origine, le recteur élu ne restait en charge que pendant six semaines environ ; au treizième siècle, la durée de ses fonctions fut étendue
rig. i5. — Recteur et docteur de l'Uuiversitc de Paris, d’après une miniature de la Cité de Dieu. siècle.
Ms. de la Biblloth. nat. de Paris.
ci trois mois, et , vers la fin du quinzième siècle, le rectorat devint annuel, de fait, sinon de droit. Les procureurs des Nations (fig. 17) avaient été d’abord investis du droit de choisir les recteurs; mais des brigues scandaleuses s’étant produites à l’occasion de ce droit, les Nations nommèrent quatre électeurs spéciaux, qui, avant de procéder à l’élection, prêtaient serment de faire un choix honorable et utile à l’Université.
Le recteur, à la dignité duquel étaient attachées de grandes prérogatives ,
UNIVERSITES.
exerçait sur toutes les écoles une juridiction souveraine, et ne reconnaissait point d’autorité supérieure à la sienne sur le territoire de l’Université. Souvent appelé en personne au Conseil du roi, il marchait de pair avec l’évêque de Paris et le Parlement, dans les cérémonies publiques. Il donnait à tous les écoliers, comme à tous les maîtres, les lettres ou diplômes qui leur conféraient les privilèges de leur grade et recevait d’eux leur serment d’obédience passive, à quelque dignité qu'ils pussent parvenir, serment qui emportait de sérieuses conséquences. Il nommait à tous les
oflkes de l’Université; il célébrait ou plutôt faisait célébrer son avènement, comme sa sortie déchargé , par une procession , à laquelle il invitait, indépendamment de tous les suppôts ou officiers universitaires, les communautés religieuses, qui résidaient dans l’étendue de sa juridiction. En iqta, raconte le chroniqueur Jouvenel des Ursins, lors d’une procession solennelle de l’Université à l’abbaye de Saint-Denis, pour conjurer les malheurs de la guerre, le cortège était d’une telle longueur, que la tête de la procession entrait dans Saint-Denis, alors que le recteur se trouvait encore au couvent des Mathurins, dans la rue Saint-Jacques.
Après le recteur, il y avait, immédiatement au-dessous de lui, le syn-
'i". 17. — Maître Jean de Vandeiiil, procureur de la Nation de Picardie. Miniature du registre manuscrit n" ii (1476-1183). Archives de l'Université.
die, appelé aussi procureur, promoteur ou procureur fiscal , lequel était, à vrai dire, l’administrateur général de l’Université, et qui pouvait seul, en certaines occasions, contre-balancer la prépondérance du recteur.
Fig. i8. — Courrier suisse, d'après une statue conservée à I hôtel de ville de Bàle. xv' siècle.
Le trésorier avait la gestion financière des revenus et des dépenses de l’Université. Les dépenses étaient considérables; les revenus comprenaient, outre la taxe scolaire, exigée de tous les écoliers, une multitude
UNIVERSITÉS. i3
de legs et de fondations charitables, le produit annuel du Pré-aux-Clercs et celui des messageries.
Le greffier, secrétaire ou scribe, était chargé de tenir la plume, de lire aux assemblées les pièces communiquées et de garder dans ses archives les registres de l’Université, dont quelques-uns seulement ont été conservés.
On appelait grands messagers certains bourgeois notables de Paris, qui, établis dans la capitale et ne s’en éloignant jamais, servaient de
l'ig. 19. — Bedeau de rUiiiversité. — Jean Lequeux, messager de Guise en l'iiiérache, au diocèse de Laon. Miniature du registre manuscrit n" ii (1476-14S3). Archives de l’Université.
correspondants aux écoliers venus de dilTérentes provinces de France et de divers pays de l’Europe. Accrédités par les familles de ces écoliers, assermentés près l’Université, ils étaient exempts du service de la garde urbaine et jouissaient des autres immunités universitaires. Ils devaient fournir aux étudiants, moyennant caution préalable, l’argent dont ceux-ci auraient besoin. Le nombre de ces grands messagers était limité de telle sorte qu’il y en eut un seul pour chaque diocèse. Ils réunissaient sous leurs ordres, mais sans nombre déterminé, des petits messagers ou simples fac-
teiirs (fig. i8 et 19), qui étaient sans cesse par voie et par chemin, portant et reportant, de Paris à l’extérieur et de l’extérieur à Paris, les lettres missives et autres envois relatifs aux écoles et aux élèves. Il faut voir, dans cette organisation primitive, l’origine de la Poste aux lettres et des Messageries , qui ont été depuis élevées à l’état de services publics, la Poste, par Louis XI, les Messageries, par Louis XIV.
L’Université avait encore ses bedeaux (fig. 19), dits sergents, inassiers ou appariteurs , au nombre de quatorze; chaque Nation et chaque Faculté en nommait deux, un grand et un petit. Le recteur se faisait ordinairement précéder de deux bedeaux de la Nation à laquelle il appartenait lui-même. Ces fonctionnaires, destinés originairement à un service de sûreté ou de cérémonie, finirent par prendre la plume dans les actes publics et par devenir des personnages demi-serviles et demi-littéraires.
A ces officiers, grands et petits, il faut ajouter les deux chanceliers, dépendant des églises de Notre-Dame et de Sainte-Geneviève, les deux conservateurs des privilèges de l’Université: l’un, conservateur royal, n’était autre que le prévôt de Paris, qui, lors de son installation, devait s’engager par serment à respecter et à maintenir les droits de l’Université; l’autre, conservateur apostolique, était choisi entre les trois évêques de Meaux, de Beauvais et de Senlis.
Les titres qualificatifs, que portaient les suppôts ou officiers supérieurs et subalternes de l’Université, ne tenaient qu’à leurs fonctions temporaires; ces titres-là étaient absolument distincts et indépendants des titres de scolarité, grades ou degrés, qu’il fallait acquérir, en justifiant d’une somme de savoir plus ou moins grande. Avant le treizième siècle, il n’y avait évidemment que deux degrés dans le corps universiiaire : celui des écoliers et celui des maîtres. Quiconque se sentait assez habile ou assez hardi pour affronter les hasards d’une audition publique, ouvrait école; le succès récompensait souvent son audace. C’est ce que fit, par exemple, Abailard; aussi ses adversaires lui reprochèrent-ils de s’être fait lui-même, de sa propre autorité, maître en théologie.
Une fois l’Université instituée, il y eut trois grades auxquels les écoliers devaient aspirer successivement. Le premier, celui de bachelier, tirait indirectement son nom, suivant quelques étymologistes, du mot latin ba-
UNIVERSITES.
ciiliim (bâton et, par extension, toute arme de main), par allusion aux différents exercices qui préludaient à l’éducation militaire de la jeune noblesse.
Les plus anciens bacheliers furent les bacheliers ès arts. Après avoir bien étudié le trivium, l’aspirant au baccalauréat déterminait , c’est-à-dire subissait un examen et soutenait des disputes sur la grammaire, la rhéto-
SJIENXtS lîT LETTRES. II. — 3
rique et la dialectique. Ces disputes avaient lieu solennellement, l’une avant Noël, les autres pendant le carême. Le candidat, s’il avait fait preuve d’une instruction suffisante, obtenait le triple privilège : i” de porter la chape ronde, insigne distinctif de son grade; 2'’ d’assister aux messes des Nations; 3“ de commencer es arts, c’est-à-dire d’enseigner, à son tour, sous la direction et la surveillance d’un maître. Le bachelier, menant de front l’étude et l’enseignement, expliquait les livres d’Aristote sur la logique, la philosophie naturelle, la métaphysique et la morale; et quand il croyait bien posséder tous ces ouvrages qui nous font aujourd’hui reculer par leur obscurité, il s’adressait à l’autorité ecclésiastique pour obtenir d’elle la licence. Le droit de conférer ce second grade universitaire fut d’abord partagé entre l’évêque de Paris et l’abbé de Sainte-Geneviève, souverains spirituels du territoire scolaire; il resta, par la suite, attribué presque exclusivement au chancelier de Notre-Dame, comme délégué de l’évêque.
Le licencié, une fois approuvé par l’Église, revenait devant les maîtres de la Faculté des Arts, pour recevoir de ceux-ci , avec une pompe nouvelle , le troisième grade , c’est-à-dire le bonnet et les autres insignes du doctorat , qui lui donnait le titre de maître es arts.
Dans les Facultés supérieures, ainsi qualifiées parce que la Faculté des Arts servait, en quelque sorte, d’introduction aux Facultés de Théologie, de Décret et de Médecine, les choses se passaient à peu près de même, si ce n’est que ce troisième grade ou degré, qu’on n’obtenait pas, dans lesdites Facultés, sans avoir soutenu en public une thèse longue et difficile, était plus spécialement accompagné du titre de docteur (fig. 20).
L’Université de Paris, comme toutes les institutions qui devaient durer et prospérer, s’étaient placée sous l’égide paternelle de l’Église et de la royauté. Aussi, la généreuse assistance du pouvoir temporel et l’appui tutélaire du pouvoir spirituel ne lui firent jamais défaut. Le saint-siége aimait et encourageait chez elle la voix éloquente de la France , qui , depuis le règne de Clovis, converti par sainte Clotilde, avait mis au service du catholicisme et de la papauté toutes les forces, toutes les influences de son génie et de son caractère national. Les rois de France n’aimaient pas moins, n’appréciaient pas moins l’Université, qui leur offrait, pour la capitale du royaume, une source de richesse et d’honneur; pour leur
UNIVERSITES.
Conseil, une réserve d’hommes d’État éminents; pour leur politique et leur diplomatie, une pépinière de sujets distingués et capables. Souverains pontifes et rois favorisaient donc à l’envi, chacun dans la mesure de ses propres intérêts, cette féconde et puissante institution, qui néanmoins, en quelques graves circonstances, reconnut bien mal les bienfaits dont elle avait été comblée par ses protecteurs.
L’histoire de Paris est remplie d’épisodes singuliers, trop souvent tragiques, qui accusent l’esprit turbulent et séditieux des écoliers de l’Université. Cette jeunesse folle et indisciplinée se permettait tout, sous le bénéfice de l’espèce d’inviolabilité qu’elle devait à l’alïection aveugle et généreuse de ses patrons religieux et laïques. L’Université donnait elle-même à ses écoliers l’exemple de cet esprit de révolte, dès qu’il s’agissait de défendre la moindre de ses prérogatives. Elle avait alors trois moyens de revendication, ou, comme le dit son historiographe officiel, Égasse du Boulay, trois remèdes contre les infractions à ses privilèges. Si la violation venait du pouvoir séculier, elle en référait directement au roi, attendu que sa juridiction ressortissait immédiatement au pouvoir royal. Si elle avait à se plaindre de l’autorité ecclésiastique, elle envoyait à Rome même une ambassade, choisie parmi ses docteurs, lesquels avaient souvent la chance de retrouver en la personne du successeur de saint Pierre la sympathie d’un ancien condisciple, lié d’ailleurs immuablement à leur association fraternelle par le serment qu’il avait prêté comme gradué de l’Université. Le pape se refusait-il à donner satisfaction à la requête que lui adressait l'Université, celle-ci en appelait à l’Église universelle et au futur concile. Elle avait, enfin, une dernière ressource, qu’on pourrait appeler l’excommunication' universelle. En pareil cas, la cessation générale des études était ordonnée par son recteur et ses hauts dignitaires : on suspendait subitement toute lecture, tout enseignement public; les maîtres et les docteurs en théologie s’abstenaient de monter en chaire dans les églises. La vie intellectuelle, morale et religieuse de la capitale était comme suspendue. Si la crise persistait, les docteurs, régents et bacheliers des quatre Eacultés fermaient toutes leurs écoles et menaçaient d’émigrer en masse, entraînant après eux toute une armée de suppôts et de clients, qui formaient près d’un tiers de la population parisienne. Il n’v avait pas
de puissance qui, au treizième siècle, fût capable de résister longtemps à cette protestation inflexible et muette.
En 1221, par exemple, l’Université, qui avait à se plaindre , pour quelque excès d’autorité , de l’évêque de Paris , son justicier ordinaire , ferma<ses écoles pendant six mois. En 1225, dans une circonstance analogue, le légat du pape se vit assailli, dans sa maison, par les écoliers en armes, qui blessèrent plusieurs de ses gens et qui l’eussent maltraité lui-même, s’il ne s’était hâté de s’enfuir. A la fin du carnaval de 1229, la reine Blanche, qui était régente pendant la minorité de son fils Louis IX, fit punir rigoureusement des écoiiers, qui, en état d’ivresse, avaient causé de sanglants désordres dans le bourg Saint-Marcel (faubourg Saint-Marceau). L’Université, après avoir inutilement adressé au roi des remontrances, congédia les maîtres et les écoliers, laissa pour deux années la capitale en interdit, et ne consentit à reprendre le cours normal de l’enseignement qu’après avoir arraché au pouvoir royal les réparations qu’elle exigeait (fig. 2 1 ).
. Toutefois , il faut bien le reconnaître , l’Université n’achetait de semblables victoires qu’aux dépens de ses privilèges et au préjudice de sa propre existence; car les maîtres, dispersés çà et là pendant la fermeture des écoles, aidaient souvent à la fondation d’universités rivales dans les villes où ils étaient venus résider temporairement, et où ils se fixaient pour toujours. En outre, ces temps de lutte et de perturbation tournaient au profit des autres corps enseignants, qui s’empressaient d’ouvrîr des écoles, de créer des chaires, et qui souvent obtenaient, de l’autorité spirituelle ou temporelle, la faveur d’être admis, par l’effet d’une bulle ou d’une ordonnance , dans l’Université elle-même. C’est ainsi qu’en i25(3 les Dominicains, soutenus par le roi Louis IX, qui était'leur élève, et par les papes qui avaient été leurs confrères, pénétrèrent de vive force, et comme par la brèche, dans l’Université de Paris, en dépit de la défiance et de l’animositi qu’y soulevaient leurs doctrines. C’est ainsi que l’Université se vit forcée d’ouvrir ses rangs et d’accorder le bcwinet de docteur à frère Thomas d’Aquin, à frère Bonaventure, qui furent les flambeaux lumineux des écoles philosophiques, mais qui restèrent attachés l’un à l’ordre de saint Dominique, l’autre, à l’ordre de saint François, bien plus qu’a la Faculté de théologie. Du reste, l’espèce d’omnipotence
UNIVERSITES.
morale et politique, conquise par l’Université, au moyen âge, n’a pas été la même à toutes les époques, et l’on peut constater, dans l’histoire de cette grande institution, différentes phases, où son esprit et son caractère se transforment selon les temps. Dans la première période, les écoles de Paris ne sont encore qu’une émanation de l’Eglise qui tend à se séculariser. Peu à peu l’institution se fonde, et l’harmonie s’établit entre elle et les autres institutions publiques. En l’an 1200, Philippe-Auguste
Fig. 21. — Saint Louis, roi de France, allant de nuit, à matines, aux Cordeliers de Paris, « ung estudiant par mesprison lui tumha son orinal sur son chief. » Le roi, au lieu de punir l'étudiant, lui donna la prébende de Saint-Quentin, en Vermandois, « pource qu’il estoit coustumier de soy relever à celle heure pour estudier. » Miniature d un ms. du siècle. Bibliotli. de Bourgogne, à Bruxelles.
délivre un diplôme qui rassemble en un corps d’Université et dote de précieux privilèges cette multitude d’écoliers, accourus de tous les pays du monde, .et que déjà, quatre-vingts ans auparavant, Abailard réunissait, au pied de sa chaire, captifs sous le charme de sa parole. De cette foule passionnée pour la science, l'avenir devait faire sortir plusieurs papes et cardinaux, quantité d’archevêques ou d’évêques, et tant d’hommes supérieurs, que l’Université allait former dans son sein, au treizième siècle, afin de les donner à la Science, à l’État, à l’Église. Jusqu’au milieu du quatorzième siècle, l’Université voit de jour en jour son autorité, son
importance s’accroître, s’étendre, s’affermir. De 1297 à 1804, elle prête à Philippe le Bel un utile et patriotique concours dans sa lutte avec le pape Boniface VIII. En i3i6 (mort de Louis X) et en 1828 (mort de Charles IV), son suffrage fut d’un grand poids, pour fonder la jurisprudence du royaume à l’égard de la loi salique et empêcher que le gouvernement de France ne passât aux mains d’un prince anglais. Conseillère des rois, institutrice des peuples, concile permanent des Gaules , elle poursuit avec éclat sa haute mission : la voici parvenue à son apogée, à l’époque de sa plus grande splendeur. C’est alors que tous ses membres, maîtres et élèves, sont indistinctement reconnus inviolables, exempts de péages, de subsides, d’impôts, du service de guerre et même des devoirs de la milice urbaine. C’est alors que Charles V lui octroie le titre de fille aînée des rois, pour mettre le comble aux faveurs dont il l’a honorée, titre ambitieux dont elle ne cessa depuis de se parer.
Mais bientôt commence pour l’Université la période de décadence. La vénalité, le sophisme et l’esprit de parti s’emparent de ses principaux membres. En i88o, l’or de la maison de Bourgogne stipendie des créatures politiques parmi les docteurs en théologie. En 1407, le duc d’Orléans, frère du roi , tombe assassiné dans un guet-apens, et maître Jean Petit monte en chaire pour défendre les meurtriers et faire l’apologie de l’assassinat politique. Puis, viennent les Anglais, au joug desquels une partie de l’Université se soumet lâchement jusqu’à provoquer, avec une sorte de fanatisme complaisant, l’inique sentence qui condamne au bûcher l’héroïque Jeanne d’Arc. Les représailles, le châtiment, ne se font pas attendre. Le roi Charles VII porte les premiers coups à l’antique institution, naguère protégée par les rois ses prédécesseurs : il semble punir l’Université de Paris de n’avoir pas su garder sa vieille réputation de sagesse et de patriotisme. Non-seulement il reconnaît et confirme l’existence de plusieurs nouvelles universités de province (fig. 10 à 18 ), mais encore, refusant de déférer à la requête des universitaires qui ne voulaient pas d’autre tribunal que le Conseil du roi ou Grand Conseil, il renvoie simplement leurs causes à la Compétencedu Parlement(i445). Cinquante-trois ans plus tard, Louis XII, ayant égard aux vœux des états-généraux convoqués sous le règne de Charles VI II, enlève aux prit'iléges de l’Université tout ce qu’ils avaient de trop anor-
Praion Lith. IrQp Frauler'’