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UNIVERSITÉS

de la plaine Saint-Denis, afin que ce vaste espace de terrain permît de rassembler l’immense concours des fidèles qui venaient contempler et adorer ces saintes reliques. Il est certain que les écoles du cloître Notre-Dame avaient figuré dans la procession de l’évêque de Paris. La même cérémonie, la même procession, se renouvelèrent périodiquement, et peu à peu un marché, une foire s’établit simultanément à l’endroit même que la solennité religieuse avait consacré. Tous les ans, au 12 juin, le lendemain de la Saint-Barnabé, s’ouvrait la foire du Lendit (ou plutôt de VIndict, c’est-à-dire jour indiqué), qui s’appela aussi fête du parchemin (voy. dans le volume des Arts le chapitre Parc/zemf», Papier). Ce jour-là, dès le matin, la jeunesse des écoles, parée de ses plus beaux habits, se réunissait, à cheval, sur les hauteurs de la montagne Sainte-Geneviève, pour faire cortège au recteur de l’Université, qui, vêtu de sa chape rouge, et coiffé de son bonnet doctoral, monté sur une mule ou sur une haquenée, entouré des doyens, procureurs et suppôts, s’acheminait vers la plaine Saint-Denis, où était établi le marché pour la vente du parchemin, qui devait fournir à une prodigieuse consommation. Quand le recteur était arrivé sur le champ de foire, il prélevait, avant tous autres acheteurs , la provision de parchemin nécessaire à l’usage de l’Université pendant l’année scolaire, et recevait des marchands une gratification qui, au seizième siècle, s’élevait à la somme de cent écus (environ 2,5oo francs au taux actuel de la monnaie). Puis, les écoliers, ayant mis pied à terre, au lieu de retourner processionnellement à Paris avec le recteur et les officiers de l’Université, se livraient avec fureur à la bonne chère, aux jeux, aux divertissements de tout genre que leur offrait la foire du Lendit. De là résultaient inévitablement des désordres et des accidents sans nombre; il y avait toujours du sang répandu. Aussi, du quinzième au seizième siècle, les arrêts du Parlement, sans cesse remis en vigueur, sans cesse méconnus, contre le port des armes et bâtons, témoignaient à la fois et des abus commis et des obstacles que l’autorité éprouvait pour les empêcher. Enfin, en i356, la foire fut transférée, de la, plaine, dans la ville de Saint-Denis; vers la même époque, l’usage du papier commençait à remplacer celui du parchemin, même dans les actes publics. Le recteur cessa donc d’aller faire sa provision à la foire du Lendit; les écoliers n’eurent plus de pré-

texte pour accomplir leur promenade favorite à l’ouverture de cette foire qui tomba bientôt en désuétude. Au dix-septième siècle il n’en restait plus, comme dernier vestige, qu’un congé général, donné à tous les élèves de l’Université, le lundi qui suivait la Saint-Barnabé.

Les clercs et les écoliers de Paris furent, en outre, les acteurs principaux, sinon les inventeurs, de certaines cérémonies ridicules et burlesques, qui, nées dans l’Église et tolérées par elle, sous les noms de fêtes des Fous, de l’Ane, des Innocents, ne disparurent que par la répression sévère de l’Église elle-même (voy. dans ce volume le chapitre Croyances popueaires). Ces bizarres et monstrueuses bouffonneries, qui avaient eu tant d’attraits pour la jeunesse universitaire, furent peu à peu remplacées par des récréations moins extravagantes, tels que les représentations théâtrales à l’intérieur des collèges, les jeux en plein air, les promenades périodiques à la campagne, celles qui, par exemple, se faisaient, au son des instruments, à Notre-Dame des Vignes et à Notre-Dame des Champs, ou encore celle du Mai , qui se terminait par la plantation d’un arbre chargé de feuilles, à la porte du recteur. Toutefois, comme le dit le savant Vallet de Viriville, il fallut bien des années pour effacer les vieilles traditions de violence et d’insubordination ; car nos conteurs français du seizième siècle nous représentent encore les écoliers de leur temps, comme jouant, dans leurs malices et leurs aventures, un rôle qui le plus souvent dépassait les bornes de la gaieté et de l’honnêteté. Enfin, battre le pavé, la nuit, sans trop de respect pour l’asile des citoyens, pour le repos de leurs femmes et la pudeur de leurs filles; rosser le guet à l’occasion, et jeter les sergents en Seine, c’étaient là des prouesses qui, même au siècle suivant, ne se reproduisaient pas seulement dans les souvenirs universitaires, dont s’entretinrent longtemps les élèves des collèges.

L’écolier du moyen âge était un type original, qui fut d’abord essentiellement parisien, mais qui bientôt se naturalisa dans toutes les villes où se fondèrent des Universités, à partir du douzième siècle: il devint sans doute plus bavard et plus pédant en Italie, où l’Université de Bologne, tondée en iirg, ne tarda pas à donner naissance aux Universités de Padoue (1228), de Naples (i23o), de Rome (1244) et de Pise (i32g). Cet écolier ne pouvait devenir que plus arrogant et plus batailleur dans les

I->g. 28. Recteur de l’L-nircrsité de Prague et écoliers des différentes nations qui étudiaient dans la même Université; d apres un ancien tableau existant à l Université de Prague.

UNIVERSITES.

l'ig. 29. — Sceau de l'Univcrsitc d'OxIord. Fig. jo. — Sceau de l’L'uivcri.itc de Cambridge.

Universités germaniques, qui se créèrent à Prague (iSqS), à Vienne (i365), à Heidelberg (i386), à Cologne (i388) et à Leipzig (1409). En Angleterre, il était plus silencieux et plus grave, dans les Universités d’Oxford (1206) et de Cambridge (1267); il était plus solennel et plus austère, dans les Universités d’Espagne, à Valence (1209), à Salamanque ( 1260 ), à Valla-

Fig. 33. — Vue extérieure des bâtiments de l’Université de Leyde, fondée en iSyS par Guillaume de Nassau ; d’après une gravure tirée de l’ouvrage intitulé ; Illuslviiuu HollcinMiv ^ ctc.^ ordhiuvi ciliuci Accideviiü Leydensis. (Lugd. Batav., 1614. in-4®.)

dolid (iSqG); il était plus orgueilleux et plus lier en Portugal, à Coïmbre (1279) et à Lisbonne (1290); il semblait lourd et compassé, dans les Universités de Suisse, à Genève (r368) et à Baie (iqSp); enfin il n était plus que studieux, quand il arriva dans les Universités des Pays-Bas, à Louvain (1426) et à Leyde (1575). Mais l’écolier de Paris avait peu changé; c’était toujours le joyeux compagnon que Rabelais a peint de main de maître dans le Panurge de son Pantagruel .

Paris.

Toulouse.

Montpellier.

Avignon.

Cahors.

Grenoble.

Angers.

Orange.

Dole.

Poitiers.

Caen.

Valence.

Nantes.

Bourges.

Bordeaux.

Reims.

Douai.

PONT-A-MouSSONt

UNIVERSITES DE FRANCE.

Philippe-Auguste, roi de France. Raymond VII, comte de Toulouse.

Louis IX, roi de France.

Boniface VIII, pape.

Jean XXII, pape.

Humbert II, dauphin de \h'ennois.

Charles V, roi de France.

Raymond IV, comte d’Orange.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne Charles VII, roi de France.

Henri VI, roi d’Angleterre.

Charles VII, roi de France.

François II, duc de Bretagne.

Louis XI, roi de France.

Le même.

Henri II, roi de France.

Philippe II, roi d’Espagne.

Charles II, duc de Lorraine.

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