‹ Sciences mathématiques et physiques chez les Belges, au commencement du 19e siècleChapitre 22 sur 48 · I.e nombre des plantes ex|>osées s'élève à · texte numérisé non relu

I.e nombre des plantes ex|>osées s'élève à

Accroissements rapides de la Société. Il faut s'en expliquer la cause : c'est que la Société s'est proposé de faire construire à ses fraLs, ou plutôt par souscriptions nominales, un vaste et magniflqiie enclos, jardin, salon d'exposilion, de concert, de danse, etc.; or, les membres de la Société |toiirront avec leur famille, et moyennant un supplément de souscription, jouir des fêles.

1858. Le vaste biUment, constrnit sous le nom fort impropre de C'oafno, sert à celte ex|>osilion.

1839. La Société avait résolu, dans une de tes séances, de célébrer, tous les cinq ans, une fête plut remarquable tous le nom de Festival quinquennal de Flore. (Après le jugement, un banquet réunit plus de 400 convives.)

Le nombre des plantes exposées s'élève à plus de 3,700; mais il devient im- |H>tsiblc, non pas qu’on <lépasse, mais qu'on puisse dorénavant en admettre un si grand nombre; car, comme rexposilion ne peut, soit en hiver, soit en été, sc prolonger de plus de (rois jours, |K>ur ne pas nuire, soit par le froid, soit par le

1808. Cette dernière société se fil une collection d’ouvrages de peinture, de sculpture et de gravure provenant des dons des nouveaux membres et qui présente aujourd’hui un intérêt tout spécial : on y rencontre, en effet, les premiers

chaud, au bien-itre des piaules, il devient impossible d'imprimer le catalogue niimérolé et de douner le procès-verbal, pendant les trois jours (chose esseutielle) de l’exposition.

Voici ce que la Société, dans la vue de diminuer le nombre des plantes envoyées, a résolu de faire. Sous peioe d'amende, chaque sociétaire était tenu d'envoyer quatre plantes épanouies ; dorénavant, il sera dispensé de ce devoir. On comprend facilement que le salon ne sera privé d’aucune de ses richesses : car les plantes envoyées par devoir étaient le plus souvent des individus très-communs et Irèsmédiocres.

1840. Le salon tl’hiver, fixé d’aliord aux premiers jours de février, est reculé ensuite jusqu’à la roi-mars. Le salon en a |terdu de son attrait, avec ses milliert de fleurs épanouies, au milieu des neiges et de la gelée. Mais trop dirichesiet végétales, tropicales, équinoxiales encombraient le salon, et heaucoupd’borticuN leurs refusaient d’exposer ces plantes à une température trop froide, au risque d’en penire un certain nombre.

1M4. Le nombre des plantes exposées excède 5,100; plusieurs avaient été envoyées d’avance et avaient pu être cataloguées. (Le banquet du festival quin» queonal a eu lieu dans les magniflques salons de concert et le bal an théâtre). Un fait signale particulièrement les banquets delà Société de Gaod, c’est que lesiardiniers de la plus modeste extraction, même ceux qui sont aux gages des plus riches et des plus nobles fonctionnaires, du moment qu’ils sont ou couronnés dans un concours ou souscripteurs, s'asseyent sur les bauqueitcs sans distinction de place.

« Le roi des Pays-Bas avait donné un noble exemple, lors<|ue, pour honorer rèor(fcu/fure, il demanda à sa table M. Miissche, jardinier du Jardin botanique de Gaod. Cet exemple si encourageant vient d’élre renouvelé. S. M. le roi Léopold et S. H. la reine, étant venus voir le salon quinquennal de 1844, plusieurs botanistes et simples jardiniers, étrangers cl régnicoles, ont été admisà l’honneur de s'asseoir à la table royale. LL. MUf. ont pu voir aussi que, malgré la séparation du nord et du midi de l’ancien royaume des Pays-Bas, la Société conservait des sentiments de reconnaissance envers ses anciens bienfaileurs; cl, en effet, des cyprès funéraires et des inscriptions exprimaient les regrets de la Société à laquelle la mort venait d’enlever S. M. Guillaume et son ancien ministre Faick.

> La Société donne également des prix à des concours de dahlia, ou d’autres espèces qu’elle détermine, soit à la fltur sur ia plante, soit à la flour coupée et placée dans des fioles remplies d’eau.

• Elle institue, à l’exemple d’aulres villes (car cette fois elle ne <crt pas de modèle), des concours de fruils, de légumes, etc •*

ouvrages de plusieurs de nos arlisles. On peut y voir le point de départ de MM. Paelinck, Navez, Van Assche, Verboeckhoven, Noël, Delvau.x, Braeml et de tant d’autres qui ont réussi à se faire un nom dans les arts.

La Société des beaux-arts acquit bientôt une certaine célébrité à l’étranger ; les West, les David, les Canova et d’autres illustrations artistiques tinrent à honneur d’en faire partie.

Lorsqu’au mois de juin 1818, David, à la demande des magistrats, exposa, à Gand, son tableau à’Eucharis et Télémaque, Cornelissen, selon ses habitudes en pareille circonstance, composa sur ce tableau une notice esthétique qui fut imprimée par la Société royale des beaux-arts et de littérature. Il y rappelle d’une manière ingénieuse les principaux ouvrages où sont décrites les amours du fds d’Ulysse et de la nymphe Calypso, et fait allusion aux inspirations qu’elles ont pu donner à l’artiste. Après avoir lu l’écrit, David dit en riant, qu’en composant son tableau, il n’avait pensé ni à Homère ni à Fénelon.

« Et moi, répondit Cornelissen , je n’ai songé qu’à Ho- » mère et à Fénelon, en écrivant ma notice ('). » N’est-ce pas là l’histoire de bien des descriptions esthétiques de tableaux et d'autres objets d’art?

Ce goût passionné qu’il professait pour les lettres et pour les arts du dessin , il avait tellement réussi à le répandre dans toutes les classes de la société, que les distributions de prix étaient devenues en quelque sorte des fêtes communales. Chacun y prenait l’intérêt le plus vif; on ornait de fleurs et l’on pavoisait de drapeaux les quartiers de la ville qu’habitaient les vainqueurs. Ceux-ci étaient solennellement reconduits chez eux par les premiers magistrats et compli-

(') Noie manuKhicdu volume Polygrapkaj dooDi^à M. le baron deStassart.

mentes par tous les notables de leur voisinage. A la suite de la révolution et ù l’occasion de la distribution des prix de l’Académie royale de dessin (‘), Gornelissen prononça, le 3 août 1853, un discours dans le lequel il eut le courage de s’élever avec force contre le premier magistrat de la province, qui, contrairement aux usages de ses prédécesseurs, n’assistait à aucune des cérémonies où il était question de lettres et d’arts. « A Gand surtout, disait-il, la sollicitude pour les arts doit former une des qualités prédominantes des premiers magistrats de la Flandre orientale; partout ailleurs, ce peut être pour lui une nouvelle source de jouissances; ici, c’est encore une tache, un devoir d’aimer les beaux-arts; c’est aussi une des conditions de sa mission; et ne fût-il pas doué d’une organisation assez heureuse pour sentir la beauté d’un tableau ou d’une statue, ni l’eurythmie élégante et correcte d’un grand monument d’architecture , encore devrait-il , magistrat flamand , se poser comme sachant au moins apprécier ce qu’il ne sent pas assez vivement; car enfin l’histoire de son pays à laquelle il ne peut pas être étranger, a dû lui apprendre combien le culte classique des arts du dessin et les succès de l’artiste contribuèrent à la gloire et non moins aux richesses matérielles du pays, et le convaincre que les honorer et les rémunérer devient un devoir national et un acte utile d’administration locale. »

Lorsqu’au mois de juillet 1812, la Société de rhétorique de Gand célébra avec solennité sa réinstallation et succéda à celle établie très-anciennement sous le nom des Amis de la fontaine d'Hypocrène, c’est encore de Gornelissen que partit la plus forte impulsion; c’est à lui que furent réservés

(*) Gornelissen ost aussi resté, jiiqu'à la fin de ses Jours, secrétaire honoraire ile TAcadémie royale de dessin, de peinture ci d*arc1iileclure.

1rs principaux honneurs de la séance ('). Il prononça à cette occasion, un discours remarquable Sur l’origine, les progrès et la décadence des chambres de rhétorique établies en Flandres (’).

L’orateur y démontre d’abord que, par suite des relations commerciales établies entre l’Italie et les Flandres , le grand siècle de la renaissance produisit ses fruits jusqu’au fond de nos provinces. « L’histoire des deux pays offre, à chaque page, les mêmes institutions, et souvent avec ce qu’elles renfermaient d’abus et d’inconvénients, elle présente quelquefois le tableau des mêmes crimes; mais plus souvent encore des traits vigoureux de ce patriotisme et de cet esprit public qui, selon qu’il est bien ou mal dirigé, commande et fait exécuter tour à tour les plus belles actions et les plus noirs forfaits. Un seul trait manque à la ressemblance : Florence et ses révolntions eurent Machiavel pour historien,

(') Voici ce quMI écrirait de|>uU au lujet de celte séance :

« Croyea-rooi : celle fêle ^monda de 1813, sous TEmpire, et dont rEmpercar, sans s'en doiiler, était le com|ilicc, en l'autorisant, celle fête en fut te dernier soupir (de la Sociélé). On a fait des efforls acluellement pour reconstruire ce genre d'anciennes inslituiions.... Eemarquea que, dans tes xr*' et xri* siècles, les rhiioriquei de l'époque faisaient leurs esbatlemenls el décernaient les pris en flamand et en fronçait : on disait wallon et on n'arait pas peur de ce mol. C’est en faisaut valoir ces observations qne M. Van Hulihem, et bien aussi moi qwlqtte peu aidant f nous avions obtenu la faveur de Napoléon, On aurait dû ou du moins pu suggérer.... de les reconstruire sur l'ancien pied. »

(■) Il se passa, au sujet du concours, qui eut lieu dans cette circonstance, un fait curieux cl qui mérite d'étre rappelé. Les pièces de poésie française étaient eu général si médiocres qu'il fui décidé qu'on ne décernerait pas le grand prix, lin {personnage influent, dont le frère avait pris part au concours, alla trouver les juges et leur fit observer à chacun en {larticulier que, pnisqae le prix ne devait (la.s être donné, on ne ferait tort à (lersonne en décernant une médaille d'encouragement à son frère. Ce plan fut goûté, et la médaille d'encouragement votée en principe; mais, quand il fut question de la décerner au scrutin secret, chacun sans doute se fll le mémo raisonnement, cl voulut éviter qu'il y eût unaoimité dans les vole.s, alors qu'il 7 avait tant de divergence d'opinions sur le mérite des pièces. Il en résulta que le frère si bien recommandé n'eut pas même une voix et que la médaille fut accordée i un autre.

elc’csldans Froissurt et dans la Chronique de. Bruges (\\\e nous sommes condamnés à chercher ce qu’était la Flandre sous l.ouis de Crécy et sous le protectorat du premier des Arlevelde ('). » Sous le rapport des lettres et des arts, l’analogie n’est pas moins saisissante ; les artistes italiens trouvèrent de dignes émules chez nos aïeux.

«La littérature Hamande, dans nos provinces où cet idiome était en usage, et la littérature française, dans les provinces wallones, étaient cultivées d’après les mêmes modèles et avec la même persévérance; et à une époque où, dans d’autres pays, des hommes distingués par leur naissance, et même par les premiers emplois militaires, pouvaient, sans avoir à rougir, se dispenser de savoir écrire, la Belgique renfermait un grand nombre de ces institutions, où tout ce que l’étude des belles-lettres a de plus relevé et de plus attrayant, était recherché avec d’autant plus d’ardeur, que des succès dans cette partie étaient pour une jeunesse fière et studieuse un des moyens de s’élever aux premières dignités de l’Ëtat. On donnait à ces institutions le nom de Chambres de rhétorique; et déjà, dès les premières années du XIV* siècle, l’on trouve ce nom générique, qui paraîtra moins singulier si l’on veut se souvenir qu’il se rendait en flamand par liederyke-Kamers , comme si l’on «lisait, des institutions fondées pour avancer les progrès de la raison. » L’auteur fait connaitre les nombreuses analogies qui existaient entre les sociétés italiennes et flamandes jusque dans la bizarrerie même de leurs dénominations. Les rhétoriques cependant ne SC tinrent pas toujours dans les limites de la gage seience; elles mêlèrent à leurs esbattements des excursions dans les affaires politiques et religieuses du temps. Pendant l’iusur-

(') Ce jugement sévère sur noire célèbre chrouiquetir lienl sans doute à ce 4(ie Froissarl ne s'est pas montré favorable au dictateur gantois dont Cornelissen nvail entrepri'i la rébabilitaiiun.

rection contre l’Espagne, elles furenttour à tour supprimées cl rétablies. Vers l’époque du règne d’Albert et Isabelle, elles avaient repris quelque consistance ; mais depuis ce temps et pendant le cours des XVil® et XVIIl' siècles, les rhétoriques , qui avaient cessé de diriger l’esprit public , cessèrent insensiblement aussi de contribuer aux progrès des lumières et de la raison : plus tard, les guerres de Louis XIV et l’envahissement de la langue française amenèrent leur décadence ; et enfin celles qui subsistaient encore à l’époque de la révolution de 1789 furent compri.ses au nombre des confréries et supprimées avec elles (').

L’écrit dontje viens de parler présente une circonstance remarquable. C’était la première fois, après cinq siècles, et à Gand même, où la mémoire de Jean Fan Arlevelde était indignement flétrie, comme dans le reste de l’Europe, qu’un orateur obscur, au milieu d’une grande solennité communale, du haut d’une tribune publique, en présence des magistrats, et sous l’autorité de Napoléon, osait décerner un éloge public au grand ruwaert du XIV° siècle.

L’idée, tout inattendue d’ailleurs, et se rattachant à l’Italie du moyen âge plutôt qu'à la Flandre, parut neuve et hardie; ce ne fut qu’après quelques périodes qu’on entendit des applaudissements timides et réservés; mais, à la fin du discours, des acclamations prolongées récompensèrent l’orateur de ce que cet éloge paraissait avoir d’audacieux.

Dès ce moment, Gornelissen osa entrevoir que J. Van Artevelde serait détaché, comme il le dit ailleurs, du pilori où une fausse opinion l’exposait au mépris de l’Europe,

(') t.e discours de Gornelissen, dont Je viens de tracer une analyse rapide, en empruntant autant que possible les paroles de l'auteur, est intitulé : De Vorigine, des pro^^réi et de la décadence det chambres de rhétorique établies en Flandre», dirait d'un mémoire, lu le f7 juillet 1812. Brochure in-8", à Gand, chez J. Begyn.

depuis tant de siècles, et qu’au grand jour où justice serait faite, une statue lui serait érigée sur une des places publiques, par le magistrat et les citoyens de Gand.

Mais dès l'abord surgit une première et assez bizarre opposition. M. Desmousseaux, préfet du département de l’Escaut, voulut relire, à tète reposée, le discours avant qu’il fût imprimé. Or, le plus grand nombre de passages qui établissent le patriciat du prétendu brasseur et les services qu’il avait rendus aux communes, avaient été prononcés à la tribune; le méticuleux préfet s’avisa de craindre que cet éloge d’un démagogue , d’un Babeuf, disait-il , ne vint à offenser et à éveiller la susceptibilité de l’empereur ou de ses ministres, et alors il ne convenait plus que les magistrats du département de l’Escaut eussent assisté, comme le Moniteur même l’avait dit, à la solennité et eussent applaudi un pareil discours.

La Société de rhétorique avec le corps des juges du concours, formé de plus de soixante et dix Belges plus ou moins distingués dans les lettres, s’honora en s’opposant aux prétentions du préfet. Conformément à l’avis de l’orateur, le con.seil d’administration envoya le discours à l’examen du comte Réal, préfet de police à Paris; celui-ci mit les dissidents à l’aise, en disant que les passages sur les Artevelde pouvaient être rejetés dans les notes (*).

(') On ii( dans une des noies maniiscrilefi de ses jV^iceZ/onea (vol. III de la hU hiiolhèque de r.\caiiéniie), d*oü tes précédenls détails sont ealraits : t L'oralcur a i;ii la satisfaction bien douce d'avoir rallié à son opinion deux de ses collègues |>oiir lesquels H avait la plus gramle estime, et qui, d'après les erreurs consacrées, nvaieiil beaucoup nialtrailé les Artevelde : M. Leshroussart père, dans ses exceU lenu commentaires sur les Ànnalt$ d'Oudtghtr$ly et M. Dcwea, dans nombre «le ses premiers ouvrages.

» Un troisième sulfra^e, celui d'un illustre écrivain, est venu récompenser également l'oraienr (N. de Baranle). »

En 1895 et 1890, r.\cadémic royale de Bruxelles, sur U proposition de Corne> Itsseii, avait mis au concours la composition «l'un mémoire sur Jacques et Philippe

Au reslfi, notrn savant confrère* eut la satisfaction de voir rendre cette justice tardive, fiu'ii appelait de tous ses vœux, et d'assister à l’inauguration d’un monument a la mtsmoire d’Artevelde , au lieu même oi'i le célèbre (lantois habitait autrefois. Cornelissen était l’ami le plus prononcé de nos anciennes franchises communales; il est tout simple alors qu'il vit dans le monument d’Artevelde autre chose qu’une figure historique; c’était le principe qu’il voulait voir consacrer, et il y avait du courage à le demander sous l’empire.

Ce qui vient d’étre dit suffira pour faire comprendre toute l’influence qu’exerçait notre confrère et les services éminents que lui doit la ville devenue sa patrie adoptive.

Ses nombreuses relations le rendaient précieux à ceux qui avaient le maniement des affaires ; réunissant toutes les sympathies, dans la confidence de toutes les pensées, il savait mieux que personne les moyens de faire réussir les entreprises difficiles. Il était d’une complaisance inépuisable; et pour répondre à la bonne réputation qu’il s'était faite sous ce rapport, il avait recours à des moyens ingénieux. Cornelissen avait autour de lui un grand nombre de personnes dont il pouvait disposer et dont il connaissait les dilTércntes portées; quand les touristes afi1uai(*nt chez lui avec des recommandations, il commençait un premier examen ; et, d’après les résultats qu’il en obtenait, il .se cbargi*ait de les accompagner lui-méme ou les recommandait à des amis, ou bien encore, pour me servir de ses expressions, il les livrait, comme les premiers chrétiens, ad bc.ilias. Cette manière

Van At’leveMc. Notre cooftère, en qualité (Patileiir <tu la qiteiiion, fut nommé premier commît«airc. M. £ü. De Biiuchcr, ilani une notice intéretsaole insérée dans les Annales de la Société royale des beaux-arts de 6'and, novembre 1850, a reproduit dc-u« rap|H)ri9 reman|uablci que notre conrrère écrivit à ce sujet.

d’agir accommodail tout le monde et lui évitait des pertes de temps considérables.

Cornelissen faisait partie de notre Académie depuis sa réorganisation, en 1816 : c’était le dernier survivant des membres qui composaient la classe des lettres à son origine. S’il n’a pas enrichi la collection de nos mémoires, il nous a constamment aidés de ses lumières dans nos discussions et dans l’appréciation des ouvrages soumis à notre jugement. Il était un des membres qui assistaient le plus régulièrement à nos séances, et, ajoutons, qui étaient le plus généralement aimés et estimés de leurs confrères. Depuis un tiers de siècle, il avait accepté la lâche de composer les inscriptions latines que l’Académie destinait à ses médailles de concours; il s’acquittait presque toujours avec un rare bonheur de ce travail qui e.xigc beaucoup de ünessc d’esprit et de tact

C’est lui encore qui, dans une de nos premières séances publiques, fut chargé de prendre la parole et de faire coniiaitre les résultats du concours relatif aux découvertes ctaux inventions faites en Belgique. On retrouve, dans le discours qu’il prononça à ce sujet, les traces d’une imagination brillante et d’un savoir étendu. C’est aussi dans une de nos séances publiques qu’il reçut, en récompense de ses longs et loyaux services dans la carrière des lettres, la croix de clievalier de l’ordre de Léopold qu’il méritait à tant de litn;.s.

L’extrait suivant d’une de ses lettres, écrite confidentiellement à un ami à qui il supposait quelque influence, fera connaitre comment il comprenait ce genre d’honneurs.

« Mais, de grâce, mon cher ami, qu’il ne soit le moins

du monde question de pousser les avantages qu’on veut me faire entrevoir (*) au point de charger ma boutonnière d’une

(') Il éUil queslion lic Axer sa pension de relraiie.

décoralioD. Vous devez bien vous en souvenir, ni sous le règne de l’empereur, ni sous l’ancien gouvernement, je n’ai désiré recevoir celle faveur; j’avais cependant des amis dans les deux gouvernements, et, par les services que je rendais aux beaux-arts, je pouvais bien avoir des droits comme tel autre à l’attention du souverain; mais alors, comme aujourd’hui, je vivais à ma manière avec peu d’extérieur, etc.

» Je comprends parfaitement bien que l’homme public haut placé, à la tète d'une administration ou d’une cour supérieure, dans un poste, en un mol, que relève la dignité, reçoive et porte avec reconnaissance ces témoignages de faveur de la part du prince ou de la nation.

» Je comprends que le gouvernement veuille s’honorer lui-mème et l’ordre dont il dispose en le conférant à uti savant de premier rang que ses ouvrages et ses talents ont distingué parmi les noms européens. Mais ni par des connaissances spéciales, ni par des services ad hoc, ni meme par les détails de ma conduite, je n’ai acquis ni pu acquérir le moindre droit à une distinction toute relative de cette nature, et ce serait réellement surprendre la religion du prince, si ses conseillers lui faisaient une proposition pareille.

» Je vous ai si souvent confié mes tribulations; celte foisci, je le fais encore. Je comprends que M.... ne concevra guerre pourquoi je parais m’inquiéter peu de ce qu’il croit être une distinction pour tout citoyen; peut-être mes observations tendront-elles en partie à le désillusionner sur mon compte. J’aurais du chagrin de cela ; je vous le confie à discrétion : transeat a me calyx iste. n Quoi qu’il en soit, la décoration fut décernée^ et Cornelisscn ne dédaigna pas de la porter, bien différent en cela de tel autre qui croit se distinguer en ne la portant pas, après l'avoir longtemps convoitée.

Cornelisscn était membre de la plupart des sociétés lillc-

ruires du royaume ; il faisait depuis longtemps partie de linstitut des Pays-Bas et de plusieurs autres sociétés savantes étrangères; il avait particulièrement des relations nombreuses dans l’Amérique du Nord, par suite de celles qu'il avait établies avec les représentants des États-Unis, à l’époque des conférences qui eurent lieu à Gand, en 1816, pour le traité de paix avec l’Angleterre.

Lors de l’organisation des universités, en 1817, Cornelissen avait été nommé secrétaire adjoint de celle de Gand (' ). Cette place lui laissait tout le loisir nécessaire pour se livrer à ses études favorites; et quand, en 1821, Van Toers fut appelé au conseil d'État, notre confrère le remplaça en qualité de secrétaire-inspecteur de l’Université; il conserva cette place jusqu’en 1835, époque à laquelle il fut admis à faire valoir ses droits :i la retraite ('). Ce cbangcmenl de position lui causa une afüiction profonde; cependant les craintes qu’il

(•) Ce ne fut i>4i san» nuel<)ue difficulté <|iroa obllnl sa nomination à riiniver> siié. M. Repelaer van Driel, alors rninistie de riiislntclioii piibti(|ne, ne le irou> vait pas assez grave pour la place. < M. Cornelissen, disail-jl, «on$ avez fait tant rire ma femme. > C« motif d*eiclniion lui paraissait sans répinpic.

(*) Il éprouva daui cette circonstance un eml>arra.<t très-grami, que l'uii con> cevra sans peine chez nn homme habitué à ne mettre aucun onlre dans ses papiers. Il n'avail plus sous la main les litres nécessaires pour faire valoir sch droits; qiron on juge par ceux <|uM croyait le plus en règle ;

« J'ai quarante et une aitnées dr service, il me faudra irahurd produire nies prt'iives que, déjà en 1774, j'ai été nommé chef de la division de l'iiistruclioii publique à radminlalration supérieure de la Belgique, et Je n'ai qiriine lettre de M. Lambrechts qui Ptndiqiic indirectement.

• Il faudra eosnile proiiuire ma nomination à l'Ecole noi maie par le goiivernemcnl, et celle de professeur d'histoire à l'École centrale de Gand, et où trouverai'je ces pièces?

> Passe encore |KMir 1798 à 1S04, etc. » (Letti'e du 12 décemitre 1835.)

Dans ses préoccupations, il perdait à peu près tout ce qu'il prenait avec lui. Il ne passait pas de nuit à l'Observatoire sans y oublier sa montre, son |»araphiie, son mooeboirou quelque autre objet. Voici un mo<lèledes billets qui m'arrivaient eniiiile : • Par disiraclion, je me suis donné un air tout i fait ridicule, en mu faisant accompagner d'un parapluie (le temps était admirable). Fort benreuscnient je me suis aperçu ici, à Malines, que ce rtdicule«>là, je ne l'avais plus... ••

— ;ibü —

avait conçues d’abord au sujet de sa pension ne se réalisèrent licureusement pas, et le gouvernement le traita de la manière la plus libérale (').

Si nous le considérons comme auteur, bien que ses écrits soient nombreux et marqués au coin d'une érudition solide, il n'en a cependant pas composé qui soient de nature à lui faire un nom durable dans la ié|)ublique des lettres. Il est des hommes qui, avec beaucoup de savoir, avec inliniment d'esprit, ne sauront jamais faire un livre, et peut-être Cornelissen était-il de ce nombre. On conçoit que, par livre, nous entendons, non pas un assemblage plus ou moins volumineux de pages, mais un travail bien coordonné et dont toutes les parties s'enchainent de manière à présenter de l'unité et à exposer dans un style convenable des choses dignes d'occuper un lecteur.

Les écrits qu'il a laissés sont très-variés et témoignent de l'étendue de ses connaissances; ils se rapportent en grande partie à notre histoire nationale et aux beaux-arts. La littérature ancienne et l'archéologie avaient également fixé son attention; il a fait plusieurs excursions heureuses dans le. domaine de la botanique et a répandu des lumières sur son histoire dans nos provinces. On possède aussi de lui des poésies latines, françaises, flamandes et italiennes (]ui ne inan- (pient ni de grâce ni d'harmonie (*).

(') $a |iension de retraite fut fixée à 3,597 francs.

Cette »omme ne différait <|ue de 500 francs environ de la valeur de son traitement ; t Diminution, en effet, si peu sensible, écrivait-il, que j'ai pu recevoir avec sincère partage de sentiments, l'effusion de la satisfaction de mes vieux amis et leur communiquer toute la mienne. •

(*) Il ne voulait pas que l'on parlât de ses connaissances variées. Voici une de ses hoiilafles qu’il m'adressait au sujet d'une demande faite au nom de l'Académie par M. Dewea, secrétaire de ce corps savant, pour l’engager à prendre part à une biographie nationale. La demande mentionnait naiurelleineni la variété cl rélemhic de son savoir.

< Jamais, mon ami, je ne me suis appuyé sur des connaissances variées; j'ai,

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