JEAN-THÉODORE-HUBERT WEUSTENRAAD
Qu’a de commun la poésie avec ce siècle sceptique et tourné vers les choses matérielles? Quelle oreille s’ouvre encore à ses enfants, au milieu des clameurs sauvages qui menacent nos institutions séculaires? La lyre ancienne créait les villes et fondait les empires, dont le génie de la destruction s’attache aujourd’hui à saper les fondements. S’il surgit de loin en loin un poète animé du feu sacré , il ne tarde pas à être entraîné par le torrent. Mais, pour qui lui résiste et l’observe, ce torrent même a son côté sublime : les plus violentes tempêtes que la main de Dieu déchaîne sur la terre ont aussi leur caractère de grandeur. C’est le spectacle imposant de la vaste transformation sociale à laquelle nous assistons qui a donné scs plus belles inspirations au poète dont J’aurai à retracer la carrière si courte, hélas! et qui promettait de devenir si brillante (*).
(') Il éuil né à .Macslrichl, le 15 novembre IS05, e( il mourut à Jainhes, pro» vince de Namur, le 25 juin 1849.
(*) La carrière poé(t<(iie esl assez importante, chez nous, pour exiger l'allealion rt'iin écrivain habile qui conseille à lui donner (ous ses soins en résumant les travaux rpiVtIc a produits. Déjà M. Van Bemmcl, dans sa Aeuue trimestrietlef