VIOLLET (D' MARCEL
Parmi les gens instruits, les uns se moquent, sans bien savoir pourquoi, ni de quoi ; d’autres disent « peut-être » distraitement, et Ne à des occupations plus pratiques ; beaucoup disent : « Je ne sais pas, mais ça m'est bien égal ) ». Enfin, un petit, Loue petit nombre de savants voient sortir des salons spirites des fous, les reçoivent dans les asiles, constatent leur maladie mentale et se disent : « Je ne sais pas bien ce qui se manigance par là, mais, vraiment, c’est bien inquiétant. »
(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.
D'autres sont des aliénés de longue date, mais des aliénés spirites. Leur délire est d’origine et de couleur spirite... Qu'il nous suffise de dire que l’on retrouve ceux-là, non point mêlés à la foule, mais parmi les médiums, parmi les prophètes, les apôtres, les praticants du spiritisme.
L'idéal, pour les assistants d’une séance de spiritisme, n'est-il pas de réaliser par soi-même les phénomènes réalisés par le médium, et le désir de tous ces croyants, n'est-il pas d'entrer, par un moyen quelconque, en rapport avec les esprits, c’est-à-dire de devenir médium typteur, auditif, visuel, graphique, dessinateur, verbal ? Et tous ne vont-ils pas tendre leurs efforts vers la sollicitation de l’automatisme de leurs centres, et ainsi de l’hallucination révélatrice ? Le danger du phénomène spirite réside donc dans ce féit qu'il tend à produire l’automatisme des centres chez tous les assistants, et qu’il le produit réellement, suivi de son corollaire, l’hallucination, chez les prédisposés. (Le Spiritisme dans ses rapports avec la folie.)
VURPAS' (D” C1.)
Médecins et religieux s'opposent en bloc au spiritisme, tant à un point de vue de principe et pour des raisons dogmatiques que pour les dangers dont ses adeptes sont menacés... Les spirites ne nient pas les troubles qui peuvent résulter d@ ces pratiques, quoiqu'ils prétendent qu’on en exagère la portée el accusent la médecine officielle et l'Eglise de fermer les yeux devant les manifestations de la vérité... Quant la psychose éclate, quel que soit le motif qui la provoque et l'explication que l’on en donne, il y a lieu d'intervenir. Le mieux est d’abord d’obtenir la cessation de toute pratique spirite. La guérison est souvent obtenue à ce prix. Si, par ce moyen, le but n’est pas atteint, si le trouble persiste ou le désordre s’ac centue, il convient de recourir à l'isolement, mais, étant donné la brièveté fréquente des troubles, il faut donner la préférence à un service ouvert et non à un asile soumis aux formalités de la loi de 1838. Ce n’est que lorsque les manifestations sont trop intenses, trop dangereuses ou que l'amélioration est trop lente à se produire, qu'il y a lieu d’avoir recours à l’internement proprement dit (x).
WARCOLLIER (R).
Je crois, pour répondre à votre question précise, que la pratique des « sciences occultes » est dangereuse non parce qu'elle peut conduire au déséquilibre mental, mais parce qu’elle attire ceux qui sont prédisposés (comme la politique extrémiste, le mysticisme, etc...).
(1) Extrait d’une conférence faite à l'hôpital HENRI-ROUSSELLE.
Enfin, je crois que tout ce qui peut favoriser la désagrégation de la personnalité comme l’hypnotisme, la médiumnité spirite, peut conduire au déséquilibre mental même les moins disposés. Ce n’est pas une règle générale. Le développement volontaire des facultés psychiques comme la télépathie, la clairvoyance à l’état de veille, la « sourcellerie » ne me semble pas dangereux si on est doué d’un esprit critique et scientifique Je crois qu’une distinction du même genre avait été faite par Papus entre le « mage » et le « médium » (r).
WAUTHY (D' Léon).
La pratique de n'importe quelle science, sans initiation préalable, peut toujours présenter des dangers. Un incompétent qui combinerait au hasard différents corps chimiques, qui, sans notion de physique, manipulerait des forces électriques, qui, sans études antérieures, absorberait n'importe quel médicament, risquerait fort de payer de sa vie les fautes résultant de son ignorance.
Il en est de même du spiritisme. Comme dans tous les autres exercices, la pratique de la médiumnité, trop prolcngée ou intensive, amène normalement la fatigue corporelle ; le surmenage peut provoquer l'épuisement ; l’abandon sans conseils et sans guides peut mener à l’obsession et à ses conséquences fâcheuses.
IL est nécessaire que tous les médiums en général et les débutants en particulier, acceptent la surveillance de spirites expérimentés, recherchent leurs conseils et se fassent guider dans cette voie par ceux qui, ayant acquis l’expérience, peuvent les contrôler et leur éviter ainsi de tomber dans les écueils inhérents à cette faculté. Parmi ceux-ci, le plus grave de tous est celui de l’obsession.
L’obsession est l’écueil le plus fréquent de la médiumnité. I faut toujours être prudent et ne jamais se livrer à cette pratique que sous le contrôle de gens expérimentés, connaissant les dangers qui en découlent et pouvant au besoin y parer. (Science el Spirilisme.)
WIMMER (Prof. A.).
Cependant, nous psychiâtres, nous avons toujours l'obligation de lancer l’appel aux armes contre toutes ces pratiques el « recherches » spirites, contre cet amusement avec la « subconscience », jeu dangereux pour celui qui n’a pas une Culture scientifique ou dont l'esprit est naïvement mystique.
(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.
ENCAUSSE 5
en A
Entre les mains du psychologue où du médecin psychologue, dans le plein jour de la pleine lumière du laboratoire scientifique, la « recherche du subconscient » est pleinement légitime, alors même que ses « mystères » soient rarement très intéressants ou aient rarement quelque valeur. Pour le profane, homme ou femme, doué de ce tempérament nerveux qui souvent conduit précisément au mysticisme, toutes ces pratiques spirites, toutes ces « recherches psychiques » de la chambre noire, renferment toujours un grave danger ; elles risquent de briser sa vie mentale, de le faire glisser dans le monde mensonger de la maladie mentale, ainsi que nos observations servent à le démontrer. (La folie médiumnique.)