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juste raison que tout n’était pas à divulguer ou à dévoiler dans le domaine des « sciences occultes ». « Si je passe pour un « désoccultateur » de l’occulte, écrit-11 dans La Magie et l'Hypnose, c’est que je sais ce qu'on peut dire et ce qui doit être réservé. » Quand il le jugeait nécessaire, il avait donc soin de se taire ou d’user d’un langage symbolique, se conformant ainsi aux enseignements immuables et formels des maîtres...
Par ailleurs, si nous avons l'intention de prouver ici qu'il est des pratiques pouvant être néfastes pour les expérimentateurs non qualifiés, nous nous efforcerons aussi de montrer qu'il serait injuste de condamner d'emblée les « sciences occultes » en général et de « jeter la pierre » à tous leurs adeptes sans exception. En effet, si l’occultisme et le spiritisme peuvent présenter quelquefois des inconvénients plus ou moins graves pour certains de leurs pratiquants, il ne faut pas oublier cependant qu'ils offrent aussi des avantages qu'il serait injuste d'ignorer systématiquement, qu'ils ouvrent des horizons dignes de retenir l’attention.
A notre avis, le conseil suivant de RABELAIS serait parfaitement à sa place en tête de bon nombre d'ouvrages consacrés aux « Sciences occultes »
« C’est pourquoi faut ouvrir le livre et soigneusement Peser ce qui y est déduit. Lors connaîtrez que la drogue dedans contenue est bien d'autre valeur que ne promettait la boîte, c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont tant folâtres comme le titre au-dessus prétendait. »
On ne peut done que rendre hommage à M. le Docteur J. Grasser qui, étant professeur de clinique médicale à l’Université de Montpellier, n'hésita pas à étudier et à discuter certaines hypothèses chères aux occultistes.
En 1893, M. le Professeur J. GRasser accepta de présider, à la Faculté desMontpellier, une thèse sur Les phénomènes psychiques occultes (1). « Dans ce travail, écrit-il, le Docteur ALBeRT Coste, avec une érudition très sûre, une cri-
(1) ALBERT COSTE : Les phénomènes psychiques occultes. Etat actuel de la queslion. (2 édition. Coulet. Montpellier. 1894.)
tique très vive et un esprit littéraire très cultivé, mettait les choses au point, faisait ce qu’il appelle le procès-verbal de l’état actuel de la question... IL y avait peut-être quelque hardiesse à patronner ainsi un essai d'officialisation du merveilleux » (x).
D'autre part, dans son livre sur L’occultisme hier et aujourd’hui (2), M. le Professeur J. Grasser a conclu fort justement : « Il y a donc encore un occultisme ; il y a des phénomènes occultes, qui restent encore hors de la science positive, dont la démonstration scientifique n’est pas encore faite. Mais il est non moins évident que cette démonstration n'est pas rationnellement impossible, qu'il n'est pas indigne des savants de s'occuper de ces graves questions, qu'il est même de leur devoir de les étudier et qu'on peut prévoir le moment où certains faits cesseront d’être occultes pour devenir scientifiques. »
Nous aurons également l’occasion de publier dans cette étude quelques citations de M. le Professeur CHarLes Ricner Père. Comme nombre d’autres savants distingués, M. le Professeur CnarLes Ricner ne trouva aucunement déplacé d’essayer de soulever un coin du mystérieux « Voile d’Isis », et d'étudier scientifiquement certains faits troublants...
« Pour notre part, précise-t-il dans son Traité de Métapsychique (3), nous croyons que ces faits qu’on appelle occultes parce qu’ils sont incompris existent.
« Nous avons lu et relu, étudié et analysé les ouvrages qui ont été écrits sur ce sujet, et nous déclarons énormément invraisemblable, et même impossible, que des hommes illustres et probes, comme Sir Wiccram CROOKkES, Sir OLIVER Lopce, RercnenBacx, Russezz WaLLace, LomBroso, WiLLiam JAMES, ScHrAPARELLI, Fr. Myers, ZOLLNER, À. DE Rocras, Ocnorowicz, MorsezLi, Sir Wiccram BARRETT, Ep. GURNEY, C. FLammarion, et tant d’autres, se soient laissé tous, à cent reprises différentes, malgré leur science, malgré leur vigilante attention, duper par des fraudeurs, et qu'ils furent
(1) J. GRASSET : Le spiritisme devant la science. (Coulet-Masson. 1904.) $
(2) J. GRASSET : L'Occultisme hier et aujourd'hui. Le merveilleux préscientifique. (Coulet-Masson. 1907.) ul
(3) CHARLES RICHET : Traité de Métapsychique (2e édition, (Alcan, 1993).
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victimes d’une étonnante crédulité. Ils n’ont pas pu être tous et toujours assez aveugles pour ne pas apercevoir des fraudes qui ont dû être grossières ; assez imprudents pour conclure quand aucune conclusion n’était légitime ; assez malhabiles pour ne jamais, ni les uns, ni les autres, faire une seule expérience irréprochable. À priori, leurs expériences méritent d’être méditées sérieusement, et non rejetées avec mépris. Avant d'étudier dans les livres, j'ai expérimenté. J’ai donc commencé par me faire une conviction personnelle (qui n’était nullement livresque). C’est plus tard seulement que j'ai lu et médité les travaux Ges expérimentateurs, anciens et contemporains, qui s'étaient adonnés à ces recherches. Alors j'ai été en vérité stupéfait devant la quantité et la rigueur des preuves. »
Ce sont là des exemples à ne point ignorer.
La question n’est donc pas de partir aveuglément en guerre contre les « sciences occultes », d’en vouloir interdire (?) définitivement à qui que ce soit l'étude et la pratique, mais plutôt d'empêcher ceux qui ne sont pas suffisamment aptes à expérimenter en ce domaine, de ruiner peut-être complètement un équilibre psychique déjà mal en point le plus souvent.
Et maintenant, quel sera notre plan ?
Nous allons tout d’abord consacrer quelques pages au spiritisme et à l’occultisme en général.
Ces premiers pas étant faits, nous pourrons alors aborder le chapitre le plus important de notre étude, nous pourrons nous poser la question : les « sciences occultes » ne peuvent-
elles pas être préjudiciables au bon équilibre de certains de leurs adeptes ?
« OÙT ! » répondent de nombreux auteurs... Nous citerons quelques-uns des avis exprimés à ce sujet. Après quoi, nous montrerons les inconvénients des pratiques susceptibles, selon nous, d’être mises plus particulièrement en cause, et nous publierons des observations.
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Dans le chapitre suivant, nous attirerons l'attention sur ceux que nous appelons Les marchands du tempie, sur ces milliers de voyants imaginaires, faux devins et autres astrologues ou mages (!) d’opérettes, qui abusent d’une manière scandaleuse de la confiance d’un public toujours avide de merveilleux, et qui peuvent cxercer une influence déplorable sur certains de leurs « clients » par trop impressionnables.…
Pour terminer, nous développerons les conclusions que nous croyons devoir tirer de la présente étude.