‹ Sciences occultes et déséquilibre mentalChapitre 70 sur 72 · ISI · texte numérisé non relu

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aux idées noires »..… C’est alors que, « pour lui remonter le moral », une sienne amie la fit assister à une séance de spiritisme... Au cours de cette séance, un « esprit » vint se mamifester, affirmant qu'il était la mère de M F.. B... La table classique était remplacée par un livre suspendu à une ficelle tenue par le médium. Chacune des oscillations du livre correspondait à une lettre de l’alphabet. M" F... B.. fut « émerveillée ». De retour à son domicile, elle n’eut rien de plus pressé (l) que de faire l’expérience dite du livre... Les jours suivants, elle s’efforça encore d’entrer ainsi en communication avec sa mère. Elle ne pensait plus qu'aux esprits et à leurs diverses manifestations. Par la suite, en trois semaines seulement, des facultés de « médium auditif » se développèrent en elle. Cela avait commencé à la campagne : un jour, étant assise dans un fauteuil, M KF... B... dit à haute voix : « Je me demande quelle heure il est ? » Aussitôt une voix lui répondit très distinctement : « 11 heures, va voir à la pendule derrière le paravent. » C'était exact. M"° F... B... fut très heureuse de ce qu’elle estima être « une remarquable manifestation spirite ».° Dès lors, elle se mit à lire avec ardeur un certain nombre d'ouvrages achetés dans une librairie théosophique et dans une librairie spirite. Chaque jour, par l’intermédiaire du livre ou de la table, elle évoqua (ou elle crut évoquer) les « esprits amis »... Au bout d’un certain temps, il lui fut loisible de constater que les lesdits esprits amis avaient eu la mauvaise idée de laisser la place à des « entités malfaisantes » ! « En effet, nous expliqua-t-elle, brusquement les esprits devinrent taquins et même très encombrants. Ils frappaient dans mon lil, me pinçaient, me faisaient des niches, me parlaient presque toute la journée, alourdissaient mes vêtements et mes paquets, me faisaient perdre différents objets, etc... »

Elle se rendit, paraît-il, au Centre Spirite de la rue Copernic « en vue de demander des explications aux esprits évoqués la au cours de différentes séances »... Mais jamais ils ne s’adressaient à elle bien que ses dons de médium fussent « évidents », si l'on en croit M"° F... B... Désabusée, elle finit par déserter la Maison des Spirites.

Par la suite, elle vint à la Salpêtrière... « Là, nous dit-elle, on me fit expliquer mon cas devant un certain nombre de jeunes médecins. Mais les esprits me conseillèrent de n'y pas retourner, car les médecins me prendraient pour une folle ! »

Les voix continuaient à la poursuivre, à l’importuner. Elles sortaient parfois de son cœur — « c’est très mauvais quand ça sort du cœur ! », — de son pied, mais, le plus souvent, c'était dans le voisinage des oreilles qu’elles prenaient naissance. Ces voix se moquaient d'elle, la raillaient, dénigraient tout ce qu'elle faisait, l’insultaient, etc...

Le caractère de M"° F... B... se modifia. Elle se montra susceptible, irritable, parfois même vindicative. Elle mit tous les ennuis physiques, tous les tourments moraux de la vie courante

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sur le compte des esprits... Pendant plusieurs mois, elle fut ainsi en butte aux assiduités des « mauvais esprits ». Un jour cependant, elle eut une grande joie : ses « guides » répondirent de nouveau à son appel et lui redonnèrent du courage en lui disant que c'était « le propre des grands médiums de subir de telles épreuves ». Ils lui apprirent aussi que « tous les saints avaient été des médiums auditifs comme elle ». M°° F... B... se vanta de ce privilège auprès de ses collègues des P.T.T. qu’elle avait essayé, maïs en vain, d'amener au spiritisme. Elle leur révéla aussi que ses guides, « qui étaient des esprits végétariens », lui avaient ordonné de devenir végétarienne. Il paraît qu’à la suite de ces précisions, les collègues de M°° F... B... « eurent une grande admiration pour elle ». Nous croyons, quant à nous, que ce fut plutôt de l’inquiétude qu'ils ressentirent à son endroit, car ils lui conseillèrent fortement d'aller voir un médecin, sans tarder. C’est ce qu'elle fit.

Le médecin consulté lui interdit formellement toute pratique et toute lecture se rapportant au spiritisme. Il lui affirma qu’elle était en grand danger. Très émué, M°° F... B... fit de sérieux efforts pour « obéir au docteur pendant quelque temps ». A sa grande surprise, elle constata que les « esprits obsesseurs se faisaient moins pressants ». Ce fut pour elle un joyeux étonnement. Elle ne fut plus tourmentée comme autrefois, et, petit à petit, les voix elles-mêmes se turent.

L’état de M®% F... B... s’est donc très amélioré depuis qu’elle a eu la volonté de suivre les sages conseils donnés. Cependant, elle a encore parfois « comme une vague impression de sentir la présence des esprits » autour d’elle. C’est ce qui explique son exclamation alors qu'elle se trouvait sur la table d'opération. Il lui faut donc continuer à faire montre d’une grande prudence ; il lui faut absolument se garder de vouloir correspondre à nouveau avec les « esprits ». C’est ce que nous n'avons pas manqué de lui conseiller en la quittant.

Nous n'avons pas eu l’occasion de revoir M F... B... depuis cet entretien. <

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