‹ Scier dans la Gaule romane du sud et de l'estChapitre 5 sur 11 · V. — SECT-ARE · texte numérisé non relu

V. — SECT-ARE

Il est donc établi que quand secare est arrivé dans la Gaule romane, il ne pouvait plus avoir le sens indéterminé, élastique, de couper, trancher, mais qu'il impliquait nécessairement l'usage d'un instrument dentelé, la faucille. Ainsi la vaste région du Nord et de l'Ouest qui ne connaît pas serrare-scier, se sert ou s'est servie du mot secare dans les deux sens : scier [l'herbe ou le bléj et scier [le bois]. Dans l'aire de serrare, la longue présence de serrare paralyse en quelque sorte secare, mais que serrare

vienne à défaillir c'est encore sur secare, couper avec la faucille dentelée, qu'on s'appuie pour construire resecare '-

Mais resecare n'est pas le seul type qui vienne se substituera serrare disparaissant. L'aire de serrare nous offre une autre couche secondaire représentée parla teinte verte. (Cartes I et IV). C'est ce que nous appelons l'aire sect-are. Il est superflu de répéter que ces expressions resecare ou resecare, sect-are ne sont pas des types rétablis mais de purs schèmes, chargés de représenter l'ensemble des mots patois ayant même genèse, réductibles au même type. Reconstituer un type patois régional serait une entreprise trop spéciale et trop délicate : nous pourrions dire les types A, B, C; nous préférons le latin qui est éminemment figuratif. Donc, qu'on ne voie pas dans sect-are autre chose qu'un signe commode pour raisonner sur les phénomènes dont nous nous efforçons, à l'aide de la géologie linguistique, de ressaisir la formation et l'échelonnemient historique.

Cette zone verte sect-are pose deux questions. '

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