‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 10 sur 224 · CHAPITRE !• A · texte numérisé non relu

CHAPITRE !• A

et que leur influence ne commence que dans la première moitié du quatrième. Voici les titres de ces ouvrages : la Théologie mystique, la Hiérarchie céleste, la Hiérarchie ecclésiastique, le Traité des noms dmns, la Théologie symbolique et les Hypotyposes. De tous ces liyres ^ les deux derniers seulement sont perdus. 11 est impossible de ne pas reconnaître dans Fauteur inconnu de ces ouvrages extraordinaires, un chrétien nourri de la philosophie d'Alexandrie , enthousiaste et jaloux de cette philosophie, et qui veut lui enlever son éclat, ses pompes, ses richesses, pour en faire hommage à sa' foi. D'autres écrits théologiques , nés vers la même époque et marqués du m6me caractère alexandrin , doivent cette ressemblance à une cause toute difféi^ente. Le dialogue d'iEnée de Gaza, Théophraste ou de l'immortalité des âmes et de la résurrection des corps; et celui deZacharie, AmmorduSy ou de la construction du monde ^ contre les philosophes, appartiennent évidemment à la philosophie néo- platonicienne, qui, au cinquième siècle^ aAaiiplbiinée et mise en * péril , tâche du moins de sauver, dans cette ruine imminente, tout ce qu'elle pourra faire accepter à la religion nouvelle ^ Je vois tout autre chose dans la tentative de S. Denys. C'était l'époque où la primitive et sévère nudité du christianisme se parait d'ornements moins simples; comme

1. GuizoT, Cours d'histoire moderne, histoire de la civilisation en France • 29.* leçon.

iS PREMIÈRE PARTIE.

ces fidèles qui, à Ântioche et à Constantinople, dans les ^lises d'Anastasie et de Sainte-Sophie , couyraieqit de richesses les sombres autels des premiers siècles, r Aréopagite , ayec une piété naïye et confiante, dérobe à Flotin, à Proclus surtout, ses sublimes contemplations, ses extases en face du Dieu incompréheasible, ses hiérarchies mystiques, et il enyeut enrichir la théologie chrétienne.

L'idée principale de sa Tkeologia mystica, c'est l'union avec Dieu , qui joue un si grand rôle dans le système de Plotin, le retour vers l'unité, le retour de l'âme au sein du Créateur, où elle s'abîme. Dans le De dwinis nominibus, l'Airéopagite rassemble tous les noms donnés à Dieu dans l'Ecriture; il montre, sous chacun de ces noms , l'idée du Dieu qu'il proclame, du Dieu inintelligible, inaccessible, et en même temps il soutient qu'aucun de ces noms n'est applicable à Dieu; qu'ils sont tous insufiisants, incomplets; qu'il est impossible d'enfermer l'idée du Dieu infini dans une dénomination, si lai^e et si grande qu'on l'itnaginè; psfr là il arrive à cette pcrticlusion, que Dieu n'est rien, c'est-à-dire qu'il n'est rien de ce que disent les langues humaines, qu'il est supérieur aux définitions, quelles qu'elles soient, du langage et de la pensée, et que, toute aifirmation étant impuissante à faire comprendre ce qu'il est, bnr ne peut le désigner qu'en niant ce qu'il n'est pas. C'est un brillant développement d'une pensée

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