CHAPITRE L
de Procius'. Si le De dmnis nominibus s'occupe de Dieu dans ses rapports avec le monde, le Trmté des hypotyposes, que nous n'avons plus, était consacré à étudier Dieu en lui-même; c'est ce que S. Denys no^s apprend au troisième chapitre de la Théologie mystique. La Théologie symbolique, qui est aussi perdue, parait avoir été un développement nouveau du système d'Origène, et lauteur semble j atoir surtout démontré que tout ce qui, dans l'Ecriture, est représenté d'une manière matérielle, humaine, doit être entendu en un sens supérieur et spirituel ^. Dans les
1. ,}I1 semble au premier coup d'œif que, l'affirmation étant une inaméte de parler plus e^juressire c[tie la négation, il est peu conforme à la nature des choses de faire servir la forme de langage la moins relevée à l'expression de ce qu'il j a de plus haut, de plus saint et de plus vénérable. Mais qu'on j prenne garde. Pour tous les êtres finis, l'affirmation, sans doute, est le mode qui peint le mieux l'existence; mais pour les êtres que la pensée ne peut saisir ;' définir et comprendre, ce qu'on peut faire de plus convenable, c'est d'en écarter par la négation toute idée de limite^ de coercition et d'impuissance.^^ — Berger, Proglus, Exposition de sa doctrine. Paris, 1840, in-8.*, p. 18. — Vojez aussi, Dioinsius Areopag,, De cœlesti hierarchia , cap, L — Philon, Liber âe satr^icio AheUs et CaM : ^ Ne illa quidèm quœ instmt hmni^ rdhus, de Deo diaintur proprie ^ sed per quemdam ahuswn nandnum, quo infirrmiati nostrœ succuritur : quamohrem aufer (o anima!) quicquid est gemtum mortale, mutahUe, prophanam, quando de Deo incognito, incorruptibiU , immutahiU, sancto, sohque heato cogitas. — S. Thomas , Summ, I p. , quœst. I, art, 9. ^
2. Emgelhàrdt, Dogmengeschichte. Neustadt, 1839. Erster Bd,, S, 366.
deux ouvrages, de la Hiérarchie céleste et de la Hiérarchie ecclésiastique , le souvenir du ciel mystique de Proclus est évident; et je crois y voir aussi, je le répète, le dessein caché de détruire le prestige que ces éblouissantes théories exerçaient encore sur les imaginations. En montrant que ces mystérieuses richesses , ces hiérarchies invisibles, appartenaient aussi à la théologie chrétienne, et qu'elles se reproduisaient dans la constitution temporelle de l'Église, l'Aréopagite voulait sans doute ruiner à jamais l'empire du néo-platonisme.
Cette intention méritait bien de sauver les écrits de l'Âréopagite et de leur assurer une grande et durable influence. D'ailleurs, l'auteur les avait mis sous la protection d'un nom révéré, sous la protection d'un des plus anciens évêques, d'un disciple de S. Paul. Grâce à cette pieuse fraude, ses doctrines acquirent en peu de temps une autorité immense. Commentées avec beaucoup d'enthousiasme, au septième siècle, par le moine Maxime le Confesseur >, elles furent, au commencement du neuvième , introduites en Occident, en France surtout, où une erreur nouvelle sur l'auteur, une l^ende qui confondait le véritable S. Denys de l'Aréopage avec S. Denys , évêque de Paris , le fit accueillir avec plus d'empressement encore et
1. Voyez ses écrits, édition franc., Combéfisius. Paris, 1615, 2 vol. in«fol.