CHAPITRE V
iea : elles sont ou esprit ^ ou matière, ou un composé e matière et d'esprit. Ce sont là les éléments consti- Vatifs du monde. Dans ses causes i le monde est uniquement esprit; dans les corps , il n'est que matière. W faut, entre ces deux riions, un monde intenné- <liairé^ Gé sont les éléments simples, lesquels ife sont ni tout à fait matière, puisque ce sont eux qui soutiennent cette matière corruptible; ni tout à fait esprit , puisque c'est il'éux que proviennent les corps. Or, ces eaux supérieures dont parle la Genèse, c'est le* monde intellectuel ; l'Ecriture le déclare par ces mots : et aquœ quœ suprà cœlum sunt, laudant nomen Dei. Les eaux inférieures , c'est le monde de la matière ; et ce firmament qui les séparé, ce sont les éléments simples, Clément éloignés de l'un et de l'autre monde, qui forment le lien entre eux, et transmettent au monde dés corps ce qu'ils ont reçu du monde invisible et qu'ils lui rendront plus tard. Le législateur leur a donné le nom de firmament, parce que, dans la ferme et indivisible simplicité de leur être, ils soutiennent l'abtme des causes intelligibles, et que, retenant, attirant à soi lés corps périssables, ils les empêchent de se dissoudre à l'infini. C'est pourquoi Dieu a dit vfiat Jitrmamentum in medio aquarum , c'està-dire, qu'il y ait la solidité des éléments simples entre la profondeur des idées invisibles et le flux éternel de la matière fragile; et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux, c'est-à-dire, qu'il sépare les idées simples,
incorruplibles, éternelles, d'avec les corps composés, fragiles, périssables.^
Ne confondoas pas les causes simples et les éléments simples. Les causes simples sont en dehors du temps « et de l'espace, tandis que les éléments simples sont^ dans le temps et dans l'espace. Les causes simples n^ reçoivent pas d'accidents, les éléments simples peiu-* vent en recevoir; ils n'y sont pas soumis dans l universaux , mais ils le sont dans les individus. ^
C'est là le sens véritable de ce passage de l'Écriture , et il ne faut pas croire, comme quelques-uns, quV/ y ait des eaux au--dessus des étoiles.
Le troisième jour, Dieu dit : CongregerUur aquœ quœ sub cœlo sitnt in locum unum , et appareat (irida, factuntque est ità.
Il s'agit des eaux inférieures, et nous avons yu que cette expression de la Genèse désignait l'univers matériel, les êtres composés. Or, dans ces êtres çoniposés, écartez ce qui ressemble le plus à l'inconstance et à la variété des ondes; écartez les accidents , les phénomènes qui varient chez tous les individus ; cherchez ce qui est stable, fixe, éternel, chez chacun d'eux, c'est-à--dire, la nature commune à tous, ainsi, chez les hommes, la nature humaine, l'humanité; quand vous aurez découvert cette part immuable et constante