CHAPITRE VI
fois^ commeot admettre que le Enéme homme eût pu être tout ensemble, plongé dans la contemplation de la paix, et exposé aux séductions de la femme? Comment admettre que le serpent eût préyalu sur les magnificences de la divine image que Tliomme contem- I^it » si cette image ne s'était pas déjà écroulée dans son cœur ^ ?
Est-ce doûc la liberté qui est la cause du péché? Non, ce n'est que son mauvais emploi 3. La cause du péché , là cause du mal , c'est l'orgueil humain ^. Mais pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné à l'homme cette liberté sublime , celle des anges, la liberté qui ne peut pécher? C'était l'homme qui devait la conquérir. S'il eût persévéré, s'il eût développé ses dispositions fécondes, il eût gagné cette liberté souveraine, impeccable 4. 11 ne l'a pas voulu; il est descendu du Paradis; il est tdtobé entre les mains de l'ennemi , du voleur, du diable.
Revenons au Paradis , à l'état de l'homme avant la chute. Ce moment . de perfection première n'a pas existé; mais que serait-ce si le Paradis n'avait pas existé davantage, et s'il n'était pas autre chose que l'homme lui-même? S. Augustin, dans le huitième