CHAPITRE VI
dan» rfiden, c'est-à-dire, dans les délices de la félicité éteradle, dans la béatitude de la ressenqiblauce divine. Cette terre fertile de l'Eden , c'était le corps de l'homme qui pouvait devenir immortel, qui le serait devenu sans le péché, et aurajt fleuri dans la grâce de l'immatérîelle i)eauté. S. Gr^oire fait remarquer aussi qu'il y avait deux arbres dans le Paradis : l'un de ces arbres se nommait ro Ttêcvy Vautre était désigné par ce mot, y^^oùtrr^v. Le premier est l'arbre de la vie, c'est Jésus-Christ lui-même planté au milieu du paradis de la nature humaine , et cela de deux manières : d'abord , parce qu'étant Dieu , il crée , soutient et vivifie cette nature, in ipso vivimus, movemur et sumus, et puis parce que, devenu homme, il l'a sauvée et réint^rée. Le fruit de cet arbre est la vie éternelle; il a. une saveur merveilleuse, qui est la joie des înefTables délices; il a un aspect qui ravit. Dieu avait ordonné à nos parents de manger ce fruit de l'arbre de la vie, mais ils ne l'ont pas fait. Le second arbre contient tout le mal, comme le premier tout l'ensemble des biens. *
Or, comment se fait-il que ces deux arbres, l'un source du bien , l'autre source du mal , se trouvent daqs4'ÉdenP C'est le symbole de l'humaine nature; l'homme intérieur et l'homme extérieur , l'âme et le corps, sont ici représentés; c'est dans l'homme inté-