‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 132 sur 224 · Ibidem, m, F, 8, p · texte numérisé non relu

Ibidem, m, F, 8, p

Tous les philosophes sacrés n'admettent pas ces cinq d^rés de l'ascension des âmes; ils sont tous d'accord sur les deux premiers , la dissolution dies corps et la résurrection; mais quant à la transfigaratioD du corps en esprit , de l'esprit dans les idées , des idées en Dieu , on peut dire que chacun a une doctrine qui lui est propre. S. Augustin , au dixième livre 'ée son Hexaéméron, nie le changement des corps en esprit et la déification de l'homme: son opinion est reproduite par Boëce au second livre du De Trinilate. Les Grecs ont pensé différemment : S. Gr^oire, dans l'oraison funèbre de son frère Césâire , parle de cette transfiguration dû corps dans la splendeur de l'esprit Le moine Maxime y croit aussi : il^roit que le péché nous ayant fait descendre des hauteurs de l'esprit dans les régions inférieures, la Grâce nous y fera remonter. S. Âmbroise, car il ne faut pas s'autoriser uniquement des Grecs, dit dans son conâmentaire sur S. Luc, que la nature humaine deviendra une et simple dans l'autre vie, les élénients plus grossiers se transformant toujours dans les éléments plus noHés, jusqu'à celui qui est le plus pur , et qui absorbera tous les autres dans sa sublimité. Alors sera réalisé le mot de S. Jean : Nunc filii Dei sumus, et nous deviendrons Dieu. S. Ambroise n'enseigne pas la confusion de la nature divine et de la nature humaine, il croit seulement qu'elles se rapprocheront dans une communion merveilleuse; car c'est une loi nécessaire

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que les formés inférieures de Texistence montent toujours , • et s'absorbent dans des formes plus parfaites , non pour s'y perdre et cesser d'être, mais pour être sauvées, au. contraire, dans cette union ineffable avec une nature meilleure.^

Dieu seul paraîtra donc en toutes choses, et notre kaoe ' TÎlrra en lui. L'air subsiste toujours quand la lueur du soleil le revêt et l'illumine ; le fer n'a pas cessé d'être, lorsque, tout rougi dans la flamme, il semble changé en feu. Non ;*seulement l'air et le fer sont cachés par la lumière qui les pénètre et les enveloppe. Ainsi sera notre âme , plus belle , plus semblable à Dieu, pénétrée et revêtue de ses clartés.^ . Ceux qui ne sont pas familiarisés avec la science, Verront dans cette théorie une sorte de délire; ils demanderont comment des natures différentes peuvent s- unir sans se confondre : mais, n'y a-t-il pas mille exemples de cette union miraculeuse? Nous en portons un en nous-mêmes : les facultés de notre âme ne sont- elles pas à la fois unies et distinctes? Voici un autre exemple encore : placez plusieurs lampes dans une église; la lumière qu'elles produisent est une, et chacune d'elles pourtant envoie une clarté distincte , qui se croise avec celle des autres sans s'y confondre. Dans un concert, dans un chœur, toutes les voix se

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