Ibidem, Ub. V, 25, p
i72 DEUXIÈME PARTIE.
car ce n'est pas le monde , JLel qu'il est aujourd'hui , qui revivra en Dieu; celui-là disparaîtra. C'est dans ses causes que le monde subsiste véritablement; tous les corps que nous voyons ne sont rien qu'une ombre, une image de cette substance qui est dans les causes, dans lesr idées; c'est donc dans sa cause que le monde ressuscitera pour retourner à Dieu. A qui s^af^fdique ce mot dé TEcriture-, sinon.au monde matériel : aii^r«f spiritum eorum et déficient et in pulverem suwn rmertentur. Cet esprit, ce souffle que tu leur as donné, Seigneur, se débarrassera de la matière, laquelle tombera en poudre. Et encore : et mitte, spiritum Ummd creabimtur, c'est-à-dire^ cette vie que tu as départie aux plantes, aux animaux, et dont la cause a été créée dans l'homme , tu la laisseras retourner en lui , et renoçabis faciem terrœ^ et à la place du monde ictuel, il y aura une création transfigui*ée, dans laquelle, partout, au lieu de l'effet on ne verra.. plus que la cause ; au ^ lieu des phénomènes , la loi. ^
Si l'on s'étonne que des choses privées de raisoa passent dans la natm*e humaine et se transforment en elle, qu'on réfléchisse qu'il n'y a pas si loin de notre corps > de la partie terrestre de notre être, aux choses sans mouvement. Con3idérez aussi que les. passions mauvaises , produites par la chute , peuvent, se changer en des vertus; la concupiscence, la crainte,