CHAPITRE Vin. i7jt
Or, 8i nous admettons maintenant ces supplicies, qui est-ce' qui les souffrira? Nous ayons dit que la nature humaine était impeccable et ressusciterait en Dieu : ce qui est punissable chez l'homme / ce n'est pas la nature, laquelle est l'ouvrage du Créateur; mais c'est l'accident qu'il n'a point fait , savoir le dér^lement de la volonté. Est-ce le sujet ou l'accident qui subira ce châtiment dont nous venons de parler? Si nous répondons que c'est l'accident , cela n'a point de sens; car il n^y a pas d'accident sans sujet. Si c'est le sujet qui souffre, c'est la nature humaine, ouvrage de IMeu, et nous voici en contradiction avec nous-mêmes. >
Voici ce qu'il faut répondre: l'humanité est tout entière, simple, indécomposable, dans chaque individu. Or, puisqu'elle est simple, elle ne peut être corrompue par la faute des individus; elle reste pure, comme le soleil qui traverse des objets souillés sans y ternir sa lumière. Ainsi, chez le pécheur, elle ne souffrira pas; ce sera l'accident seulement, savoir la mauvaise pensée , la volonté coupable , qui sera châtiée. Si les fautes de l'individu, nous venons de le dire, n'entachent point l'humanité, est-il si difficile d'admettre que les châtiments infligés à ces fautes n'atteignent pas cette nature humaine simple, indi* visible, et qui par là est demeurée pure? Quand un