‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 15 sur 224 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

lés autres. Cette coutradîction se retrouve dans son nom même. Ces deux mots, Scotus, Erigena, indiquant chacun une patrie différente , et qui ont tant embarrassé plusieurs critiques , auraient du, ce semble, les arrêter moins longtemps. Les savants français , Dom Mabillon , fillies du Pin , Dom Rivet , dans T/fotoire littéraire de la France, ne s'y arrêtent pas et le ftmt naître en Irlande; mais d'autres critiques ont objecté ce nom de Scotus, Scotigena, et là-dessus s'est engagée une discussion assez confuse. U était plus simple de dire qu'il n'y a que deux conjectures possibles; les voici : le nom de Scot peut indiquer qu'il appartenait à cette raoe d'hommes qui peuplait à la fois l'Ecosse et l'Irlande , ces deux pays étant à cette époque désignés par le seul nom Scotia^; or, si Scoîia r-; ' ~. — ^^ r^ ; ""= — ;

1. Hîbemia post BrUanniam omnium insularum est optima,, . . hœc autem proprie patria Scotorum est* — Thomas de Walsimgham , YpoéUgma Neustriœ vel Normanniœ , apud Scriptores rerum angUearmm, éd. Camden* Francfort, 1603, p. 452. — Bedœ ei €mtiqms scrip^orihus omnib,us Scatia ^emper unica est eflden^ue Hihemia. Nom neque Dairieda, quœ usque ad annum JDCCÇXL Scotorumque Britannicorum sedes erat Scotiœ nomen est consecuta; neque etiam intégra ipsm Juk^ifda, statim a dehellatis Pictis : sed tum demwrn cum popubilÊltfiÊit in unam gentem coalescente, oh~ s^kni phae Bictkff gentk numoria. Quod est ante annum MC haudquaçuam factum , Ua vix ullos, qui toto anteçedeniium annof non spatio vixerint , posse produci arbitramur^ qui Scotiœ appellatUme Âlhaniam designarint, Usserius, Antiquitates Britannicarum ecclesiarum, p. 784. — Cf. Mabillon, Annal. Bened,ytom,'I, />;-206. — A. Thierry, Conquête des Normands, loœe. I.**, p. S6.

était le nom comiDun, ^rm désignait particulièrenoeat Tun des deux pays, sayoir l'Irlande. Il serait donc très-naturel de yoir dans ce nom de Scot le nom général de sa race , laquelle s'était établie depuis plusieurs siècles dans les deux pays; et le nom d'Erigène désignerait plus spécialement la contrée où il est né. C'est sans doute cette opinion qu'a adoptée YHistoire litté^ raire de la France, lorsqu'elle dit simplement que Scot Erigène était Irlandais. Ou bien , c'est la seconde explication, le nom d'Erigène n'indique pas la patrie de Jean Scot , ce n'est qu'un surnom qui rappelle son séjour et ses études en Irlande. L'Irlande, l'Ile des saints, la savante Erin, devenait aisément Une patrie intellectuelle , à laquelle se rattachaient avec orgueil tous ceux qui avaient cherché la science dans ses monastères. Le premier éditeur de Jean Scot, Thomas Gale, qui le fait naître en Angleterre, explique ainsi le nom ^Hibernas y qui lui est souvent donné; il cite plusieurs exemples qui confirmeraient, en effet, son opinion. Un certain Marcus, Breton de naissance, était aussi appelé l'Irlandais, Hibernicus, à cause de ses longues études dans l'ile des saints. La même chose est arrivée à Pelage et à plusieurs encore. N'est-ce pas un Breton , S. Patrik , qui est devenu le plus grand saint de l'Irlande ? Ces disciples des monastères d'Erin devaient conserver avec un pieux attachement le nom de leur patrie spirituelle, et on voit dans les poëaies du temps qu'ils se donnaient souvent le nom touchant

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