‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 16 sur 224 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

d'exilés Irlandais, qu'ils fussent d'ailleurs Anglais, Ecossds ou Bretons.

Jean Soot était-il ^ en effet, né en Irlande? Ou bien ëtait-il seulement un disciple de la science d'Erin , un de ces exilés Irlandais si fidèles aux souvenirs de leur tle sainte? c'est ce qu'il est difficile de décider dans l'absence de tout document certain. Il faut s'en tenir à ces deux conjectures , les seules vraisemblables et toutes deux acceptables au même titre.

Thomas Gale croit qu'il est né en Angleterre , dans le cercle d'Ergène, qui est une partie considérable du comté d'Héreford. Dans ce cercle d'Ergène, il lui dUnne pour patrie la ville d'Eriuven, Eriugen, d'où serait venu son som Eriugena; car, dit le savant éditeur, il est plus souvent nommé Eriugena qfl'Erigena, dans les anciennes chroniques. Malgré l'autorité de Thomas Gale, il me semble que cette conjecture, si ingénieuse qu'elle soit , est moins satisfaisante que les deux autres; elle court le risque de n'expliquer aucun des deux noms qu'elle prétend concilier; le nom de Scot viendrait de ce que le cercle d'Ei^ène avait été autrefois habité par les Scots, mais c'est là un commentaire bien peu naturek Quant au nom d! Eriugena, qui signifierait né à Eriugen, il ne rend pas raison du mot Hibernicus, si souvent employé par les vieux historiens. C'est^ embarrasser la question par une conjecture de plus, par une conjecture subtile et que rien n'autorise.

Restons 9 avec Scot Erigène, en Ecosse ou en Irlande, comme son nom nous l'indique et nous le conseille. Voyons en lui un homme de la Scotie^^ né sur la terre d'Erin ; ou , si l'on yeut y un Ecossais instruit dans ces écoles d'Irlande , dont les savantes et libres traditions conviennent parfaitement à sa doctrine, élevé dans cette Eglise qui j deux siècles avant Jean Scot, montrait quelques-unes des hardiesses qu'il reproduira plus tard , et qui , en théol(^ie , aban Joonant Rome pour Constantinople ^ méritait d'avoir pour disciple ce savant et audacieux penseur, lequcA n^Ulfera aussi la simplicité des pères latins et leur préférera la subtile profondeur des maîtres de Nysse , de Césarée, de Nazianze et d'Athènes.

II. Quelques lignes d'un anonyme, citées par Vm- CENT DB Beau VAIS dans son Spéculum historicde, ont fait croire à plusieurs critiques que Jean Scot était disciple de Bède le Vénérable et un des fondateurs de l'université de Paris. Voici ce passage : « Alcuirms studium « de Borna Parisios transtulit, quod illuc a Grœcia trans" « latum fuerat a Romanis : fueruntque Parisiis fonda- « tores îllius studii quatuor monachi Bedœ disc^uli, « se. Rabanus, etAlcuinus, Claudius et Joannes Scotus*^ * Cette opinion est reproduite par Antoine Possevin et Arnold Wion ; d'autres , comme Jean de Trittenheim , Louis Cellot et DubouUay, reconnaissent deux person-

1. AuG. Th(erry, Hist. de la oonq. cTAngieterre , 1. 1.'', p. ïi%

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