CHAPITRE I
sa doctrine. Il n'est donc pas Alexandrin autant qu'il peut le pai*altre, et au lieu de voir dans son système la dernière tentative , la dernière apparition du panihâsme mystique d'Alexandrie, il serait plus vrai de dire que Jean Scot, ouvrant la scholastique , est nécessairement placé sur .les limites de de.ux mondes , qu'il contient sans, doute tout une part et une grande part de& ^QCtripes néoplatoniciennes , venues jusqu'à lui à travers les ém.vain» de TÉglise ; mais qu'il s'en détache par des id^ complètement chrétiennes, et' qu'il est ainsi 'le véritable fondateur de la [Ailosophie du moyen âge.
Je pourrais y dam une étude particulière, marquer
les idées que Scot Erigènç semble avoir empruntées à la philosophie alëxandrine. Sa psychologie, présente bien quelques ressemblances avec celle de Plotin , et je remarque que sa théorie de l'impeccabilité de l'âme sappelle le pvemier livre de la première Ennéade. Chez Plotin aussi, l'âme ne peut tomber dans le péché, . car elle n'est pas . dans le corps ; elle le revêt et crée «n lui un autre, être, lequel est faillible. D'un autre côté, d|>rès ces analogies que je rassemblerais, je •pourrais montrer des différeuces très -sérieuses. Mais .peut-être serait-ce là un travail inutile : il ne parait pas qufi Scot Erigène ait étudié Plotin ou Proclus, et les idées néoplatoniciennes qui se rencontrent dans ses écrits ; lui viennent de S. Denys l'Aréopagite ou de S. .Gr^oire de Nysse. Cet examen des détails n'aurait
donc qu'uQ intérêt médiocre, et. il vaut mieux chercher, -dans l'esprit général de ces deux époques phi^ losophiques^ de la philosophie alexandrine et de 1^ philosophie scholastique , le caractère propre à clubcune d'elles. Or, j'indiquerai une différence fondsmentale qui .lès séparé, une difiRérence qui comjNread toutes les autres et qui nous les - révèle.
Les uns prétendent que Scot Erigèna est un Alexandrin;*les ^dtres pensent ' qu'il a commm^ la philo- 'sophie du moyen àge.'Gomment décider la question? C'est demander, ^n d'autres termes, à quels sigpcs il faut reconnaître la différence du néoplatonisme et de la science chrétienne» .On sait que plusieuré analogies les rapprochent , puisque les premiers Pères de l'Eglise ont pu être platoniciens et Alexandrins. Qiielie est donc- surtout la différence? 11 faut la dégager nettemebt.
Je crois comprendre que cette différence est surtoirt dans la msmière dont ce» deux philosophie^-établisse&t les rapports de l'homme avec Dieu. Je crois com(»wadre que le caractère de la philosophie alexandriiie*est d'avoir recul<4 son Dieu jusqu'à des profondeilts inaocessibles , tandis que la suprême beauté et l'originaUfédivine du christianisme est dans le dogme de la Vernie' du Médiateur. Le Dieu de Plotin et de Ptoclus est infiniment éloigné de l'humanité; et bien que le monde des Alexandrins semble tout plein de la divinité, ce ne sont là que des apparences déeevant^;