‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 158 sur 224 · CHAPITRÉ I · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ I

<% n'e8t jamais Dieu lui-même* que nous pouvons voir et aimer dans ce monde; ce n'est que son ombre insaisissable. Au contraire , dans le christianisme, le Médiateur 9 qui est Dieu aussi, s'est réyélé à nous dès cette Tie; Dieu, sans cesser d'être le Dieu incommunicable, antérijeur et supérieur au monde, est sans cesse présent à l'àme ; il est à la fois très-loin et trèsprès de nous. De là les conséquences les plus graves. Dans la théologie néoplatonicienne, l'àme', avide de ce Dieurdont elle ne voit partout que de vaines images, aspire à quitter ce monde; elle veut s'abandonner elle-^même et aller se perdre au sein de la Divinité, puisque c'est à ce prix seulement qu'elle peut trouver le repos qu'elle cherche. Or , ce Dieu d'Alexandrie se dérobe et s'enfuit toujours; il ne s'offre pas , il ne vient pas au-devant de l'homme comme le Dieu des chrér tiens. N'est-ce pas de là que naissent toutes les extravagances du mysticisme? car l'amour ne se décourage pas, mais d'autant plus impatient, il s'empresse à la poursuite du Dieu : dans son ardeur , il sacrifiera tout; il s'élèvera au delà de tous les attributs divins, au delà du Bien , au delà du Beau, comme un homme, dit Plotin, qui, dans un temple, pénètre derrière la statue du Dieu , dans le fend le plus reculé du sanctuaire, ixètcê ro sviov êéeeiJLcc^. Ainsi va l'âme, se dé^ pouillant toujours pour atteindre cette Divinité qui

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