‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 166 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

e la foi soit absolument indispensable pour arriver la sciènee, qu'elle doive nécessairement précéder tilde; on le voit chercher la vérité par les seuls ef- *ti de la raison. Mais S. Anselme lui-même ne ditpas , dans un admirable traité, qu'il va prouver la rite et la nécessité de l'incarnation du Christ> en lisant même que ce mystère ne se soit pas accomi en effet, qu'il va la démontrer à priori par la luière même de la raison i? Ainsi iait Scot Erigène. olément, quand il ne peut arriver jusqu'à l'intellince complète des mystères , il di^ qu'il faut se taire s'en remettre à la simplicité de la foi. Cependant croit ^ il est chrétien, et, quoiqu'il ne le dise pas^ foi précède chez lui les efforts de la spéculation ilosophique. Les rapports de la raison et de la foi , s qu'il les a établis, sont donc ceux que le moyen ) a reconnus, c'est la foi cherchant à se compléter r la science , c'est la foi , la croyance s'élevant à l'inligence, c'est lejides quœrens intellectum de S. Ancne.

[1 y a une autre idée bien frappante chez tous les lires de la scholastique , c'est la confiance dans les ces de la pensée humaine. Comme ces pieux docts voyaient dans l'esprit de l'homme l'empreinte kkie de la pensée divine, ou n'avait pas encore déré que cette image de Dieu était si tristement ' ' ■ ■■ ■' ' " . ' '

. Voyet le commencement du traité Cur Deus hojno.

douëe, et si impuissante à découvrir la yéritë. Ce mauTais scepticisme théologique y né au dix-septième siècle dans la grande àme déchirée de Pascal y et qoi a été renouvelé de nos jours , moins l'originalité. ii| l'éclat , par une école pusillanime , ce sœptieifliDii n'appartient pas à ces vieux âges, et les descendants de Jean Scot ne l'ont pas connu phis que lui. Pohn quoi y selon Scot Érigène y la philosophie et la religion sont-elles une même chose? parce que ce noble pen- , seur a le premier reconnu , sou» le i^ègne de la théologie, la haute dignité de l'esprit humain* Oc, il implique qu'il y ait une contradiction entre la vérité i^vélée et les principes découverts par la raison } la raison* est une révélation aussi , et quand l'autorité de l'Écriture semble contredire les affirmations de la raison , c'est la raison qu'il faut croire , elle est supérieure à l'autorité; car ce n'est pas de cette autorité qu'elle tient sa puissance, çt sur quoi s'appuyerait l'autorité, si ce n'est sur la raison? Si je ne trouve pas cette vivacité, cette liberté d'opinion chez tous les maîtres de la scholastique , je trouve le même principe admis par tous, je trouve la même confiance dans les facultés de l'esprit humain , dans cette raison , dans cette révélation universelle aussi divine que l'autre, et qui ne peut entrer en lutte avec sa sœur. Elles sont de S. Thomas d'Âquin , ces nobles paroles : « La c connaissance des principes que nous découvrons pa-^ « turellement par la raison , nous vieat de Dieu lui-

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