CHAPITRE H. %W
même) puisque notre nature est rœ.uyi*e de Dieu» Tout ce qui est contraire à ces principes est contraire à la diyine sagesse 9 et ne peut yenir ()^lle;-et rit ce qui est de réyélation diyine , et reconnu par foi j 'ne peut jamais contredire cette connaissance ftiaturelle, que la raison nous donne. ^ *
Ce' besoin d'éleyer la foi à la hauteur de la science, 9t œtte confiance l^itime dans la pensée deyaient produire* ces nobles^ entreprises , - dans lesquelles le moQde chrétien a tenté de construire en un yaste système Tensemble des dogmes qu'il réyérait. Et comme c'est Jean Scot qui a I^ué à ses descendants ces deux idées 9 ce besoin de la science > et cette foi sérieuse dans la pensée de l'homme , de même aussi l'exécution de. son œuyre , de sou monument , qu'elle ait été approuyée ou non, n'est pas restée étrangère à toutes les tentatiyes qui ont suiyi la* sienne. Désir ardent le porter la foi jusqu'à la science, confiance dans la *aison et , enfin , énergie et yigueur dans les construeions spéculatiyes, yoilà si l'on accepte le point de me historique de ces systèmes , et leur nécessaire dé-
1. Pnnci/norùm naiuraHter notorwn cogniHo nohis dmakus est wdiim, €um ipse Dm^s sU auctor fwstrœ naturœ. Hœc ergo pri»ipia etiam dimta sapientia continet. QuUquid igitur prindpus xujusmodi çontrarium est, est dmnœ sapientiœ contrarium : non ç^kur a Deo esse potest, Ea igitur,' quœ ex revelatione diçina per îdem tenentur, non possunt naturaH cognitioni esse contraria. .. Tkidias, Summa caihoUcœ fidei cbntra gentUes, Ub, I, cap. 7.
penclancesous Tempire de la théologie, yoilà ce qui distingue la philosophie du moyen âge; yoilà ses caractères généraux, si on la dc^ge de tout ce qu'elle contient de bizarres détails et de subtilités épine Ces caractères, ces généreuses intentions qui-T bien des fois sauvée de la barbarie, à qui les doit-elle? qu'elle Tait su ou qu'elle Fait ignoré, elle les doit à celui qui le premier révéla à la société germanique les instincts qu'elle portait dans son âme, et tirant de l'obscurité ces germes féconds, les déposa dans la conscience du monde- chrétien.
S'il faut reconnaître une réelle influence de Jean Scot sur la scholastique, c'est, nous venons de le voir, dans la direction générale qu'il a imprimée à la philosophie plutôt que dans les détails et les questions particulières. Ce qui le distingue, en effet, c'est l'étendue de la pensée et l'ardeur féconde avec laquelle il embrasse déjà tout ce que développeront , d'une manière plus précise , les siècles qui vont suivre. Toutefois, même dan§ certaines discussions spéciales, son r^le n'a pas été sans importance. Ainsi, par exemfJe, bien que la querelle du réalisme et. du nominalisme ne se d^age que deux cents ans après lui, et Inen que son nom n'appartienne pas àr ce grand débat, lequel s'ouvre avecRoscelin et S. Anselme, son opinion peut cependant y trouver sa place.
Il est à peine nécessaire de dire que Jean Scot est