CHAPITRE II
i^liate. Mais quel est exactement son réalisme ? quel ^t son rôle dans cette discussion? à quelle école eût- * appartenu, deux ou trois siècles plus tard, au mo^ H||ient de la lutte? La réponse à ces questions nous est |HlKidue facile par l'éloquent et profond travail qu'un ^Kiattre illustre a consacré à la destinée philosophique d'Abélard. M. Cousin a jeté une si vive lumière sur ces querelles confuses , qu il a éclairé à la fois toute cette époque, depuis ses origines les plus obscures jusqu'à ses plus lointaines conséquences; il a d^agé de la nuit profonde du moyen âge toutes ces grandes figures, Roscelin, S. Anselme, Guillaume de Champeaux, Bernard de Chartres, Abélard; il a montré le problème des uniyersaux agité au onzième et au douzième siècle par la dialectique, s'agrandissant au treizième entre les mains des métaphysiciens, et l'école nominaliste, trayersant les âges, continuée d'abord par Occam, puis produisant bientôt les réformateurs de relise gallicane , d'Âilly , Gerson , jusqu'à ce qu'elle suscite, un siècle après, l'audacieuse entreprise de Luther ^ Dans cette lumineuse route tracée si largement , nous n'aurons pas de peine à nous orienter et à marquer la place de notre auteur.
On sait que le réalisme, attaqué au onzième siècle par Roscelin et yivement défendu par S. Anselme, triomphait, au siècle suiyant, ayec Guillaume de