‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 170 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cis de Boëce. Ainsi, au neuvième et au dixième siècle, <^ était le péripatétisme qui était généralement admis, Pû^is un péripatétisme plein de timidité, et qui, dans le commentaire embarrassé du traducteur d'Aristote, laissait subsister à côté de lui la solution réaliste ®^posée grossièrement. Cet état de choses donne assez d^ valeur et d'intérêt à l'opinion de Scot Érigène. En '^œ de ce nominalisme qui règne, quoique bien fai- *^leinent encore, dans les écoles carlovingiennes , dans "t^le de Tours, où enseignait Raban Maur, et où il ^ntinuait sans doute les traditions de son maître Alcuin , Toilà Jean Scot qui introduit à Paris le réalisme le plus prononcé. Je trouve, en effet, dans le De divisione naturœ un passage qui va directement contre ceux qui enseignaient la solution péripatéticienne; ils y sont traités avec un singulier mépris : « Le disciple : 11 convient de réfuter en quelques mots c ceux qui ne reconnaissent pas de distinction entre «le corps et l'essence du corps, et qui s'abusent au « point de penser sans hésitation , que la substance «est corporelle, visible, palpable; car beaucoup « d'esprits , si ce n'est tous, sont sous le poids de cette « erreur et ignorent cette distinction des natures. — « Le maître : 11 n'y a pas de tache plus pénible que «celle de combattre la sottise; elle ne se soumet dec Tant aucune autorité, et il n'y a pas de raison qui « la puisse convaincre. Cependant , comme tous les c hommes ne sont pas aussi insensés, et que toutes les

« intelligences ne sont pas plongées dans la n c nuit de l'erreur, il est bon, je le crois aussi , ( c treprendre cette discussion. > * Alors il poursui s'attache à démontrer la différence de l'essence é corps, c'est-à-dire, de l'universel et du particu] l'essence est siinple, incorruptible^ elle est la m partout : le corps est composé, corruptible, et i dans chaque individu. Et il fallait que le périp tisme d'alors fût bien barbare, en effet, pour cette démonstration fût nécessaire , et qu'il impo de s'y arrêter si longuement. Enfin , Jean Scot ar à des affirmations où son réalisme se dessiné avec ; télé; car, pour prouver celte distinction del'essi et du corps , il dit très-bien , que le corps n'a de lité que lorsqu'il est uni à l'essence , tandis que sence, c'est-à-dire, l'universel, existe parelle-m/ et n'a pas besoin de l'individu. Voilà certaines en face du vague nominalisme l^ué aux école Boëce, le réalisme le plus clairement exposé.

C'est beaucoup, sans doute, d'avoir exposa ment cette opinion. Mais la question import?

de savoir si Scot Ërigène a su éviter les ext ces vers lesquelles le réalisme est facilement ' surtout en ces époques d'une philosophie et que M. Cousin a signalées dans l'exposj sière de Boëce 2. Je crois, en effet, qu'il lu

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