‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 18 sur 224 · OuDiifus et Natàus Alexamder , loeo citato · texte numérisé non relu

OuDiifus et Natàus Alexamder , loeo citato

3. Cest Pasquisr, dans ses Recherches de la France, qui le premier a contredit Topinion commune : ^ Que cette uniyersité ^ ait été fondée par Gharlemagne, je ne me le sais jamais pu

treizième siècle , du règne de Philippe-Auguste. Cette gloire n'appartient ni à Alcuin, ni à Raban Maur, ni à Claude, ni à Scot Ërigène. Scot ErigèoA n'est pas le fondateur de l'université de Paris ^ il eié plus que cela, dit fièrement un historien enthousiaste; il est le père de la philosophie chrétienne, et de cette science qu'il a fondée est sorpe l'université de la chrétienté.^

Le passage cité par Vincent de Beauvais n'autorise pas à reconnaître l'existence d'un autre personnage nommé Jean Scot ; il est évident qu'il s'agit de Scot Eri(piie, et que l'anonyme s'est seulement trompé d'un siècle, comme il s'est trompé pour Claude, Alcuin et Raban Maur. Mais quand on arrive au petit nombre de faits que présente la vie tout intérieure et studieuse de Jean Scot, et qu'on veut en déterminer exactement les dates, un personnage se présente qui porte le même nom : il est savant, érudit, philosophe, il vivait en France, et il a été appelé en Irlande par Alfred le Grand , qui bientôt lui donna une abbaye ,

yy persuader, encore que, pour ne me démouy^r de cette comyy mune opinion , j'aje voulu rechercher pour elle tous les adyBn- ,> tages qu'on lui saurait donner; car ce ne serait pas petite renyy contre pour l'exaltation de notre ville, que l'université eût un ,> tel parrain comme ce grand prince.* Pasquier, Recherches de la France, liv. m, chap. XXIX, et liv. IX, chap. m et suiy.

1. Staudenueyer, Johannes Scotus Erigena und die Wisseiuchaft seiner Zeit. Frankfurt am Main, 1834, ïVi-8.% S. 114.

CHAPITHET n. 33

Tabbaye d'Étheiinge (Athelney); 6f, les mêmes circonstances se trouTcat aussi dans la vie de Scot Érigène: p(Épinir et savant, il vit en France, et il est possible ^*il soit allé mourir dans sa patrie. Ces deux personnages n'en sont-ils qu'un seul? ou faut-il les distinguer l'un de l'autre? Cette question sera surtout intéressante, quand nous nous demanderons tout à l'heure , si notre Jean Scot est celui qui est mort martyr et a été canonisé : dès à présent toutefois elle a son impprtapce; car, selon qu'on adopte l'une ou l'autre opinion , il faut aussi accepter telle ou telle date j^ur l'arriyëe de Jean Scot en France et son rap^MFen Irlande. Oudin, qui soutient très-yivemeut l'identité de l'auteur du De dwisione naturœ et de l'abbé d'Éthelinge, iait yeuir Scot Erigèné à la cour de Charles le Cbauye yers l'année 870 seulement > ; or , cela n'est point admissible , puisque le traité de la prédestination , qu'il écrivit contre Gotteschalk, et qu'il écrivit en France, à la sollicitation d'Hincmar de Rheims, est bien antérieur à cette date. Demandons-nous donc s'il faut reconnaître un autre personnage nommé Jean, lequel aurait été confondu avec Scot Erigène, et prenons dès à présent nos conclusions.

Le témoignage sur lequel se fondent ceux qui ad-

1. OuDiNUS, Commentarius de script, eccles, , tome n, p. 234. — Quelqaes pages plus loin, Oudin, répondant à une objection de Noël Alexandre, semble reconnaître que Jean Scot est venu en France de 845 à 850.

34 PREBflÈRE PARTIE.

mettent l'identité des deux Jean Scot , est un passage du vieil historien Asser. Asser était le conseiller d'AU fred le Grand , le contemporain et probabl|pieiit Taoïî de ce Jean, dont il parle; comme lui^ il ayait élë appelé en Angleterre par le roi Alfred y et c'^est à cette occassion qu'il cite plusieurs fois le nom du moine en rapportant les efforts de son mattre pour ranimer l'étude des lettres , détruite par le malheur des iaya* sions. Après avoir appelé à lui l'évèque Werfrith , qui traduisit par son ordre les dialogues du pape Qr^pojre, puis l'archevêque Pl^mund, iEthelstan, Werwulf, prèles pleins de science ^ , il envoya chercher dans les Gaules d'autres savants encore pour seconder ses projets. C'est de la Gaule qu'il fit venir Grimbald, moine et prêtre vénérable , profondément versé <|ans les sciences ecclésiastiques, et Jean, moine aussi et prêtre, homme d'une érudition très-étendue, esprit orné de toutes les connaissances, vaste et vigoureux génie, acerrimi ingenii virum.^

1. Werfriïhum sciUcet mgemensis ecclesiœ episcopum : in dmna sciUcet scriptura hene erudîtumy qui imperio régis Uhros dialogo^ rum Gregorii papœ et Pétri sid discipuli de latinitate prbnus in saxonicam linguam, aîiquando sensum ex sensu ponens eluçùhraiius et' ekgantissime interpretatus est, Deinde Plegmundum Mercùan génère, Dorohemensis ecclesiœ archiepiscopum , ,, , . Mthelstan quoque et W^erwulfum siuerdotes et capellanos, Mercios génère, eruditos : quos quatuor Mlfred rex de Mercia ad se adçocaçerea, — AssERius, De rébus gestis JElfredi magni, apud scriptores renan angl, ed, Camden, Francfort, 1603, p. 14.

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