‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 182 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

^aristie au concile de Rome, ce ne fîit pa» seulement-^ ^ traite y mais toute la philosophie de Jean Scot qui 4 ^mMa condamnée au feu et frappée d'anathème aux yeux des siècles suivants.

Je le répète y Scot Erigène, le père de la sôholasti- • ^fSll$i le précurseur de tant de grands esprits dont ^^IPmse s'honore, fut désigné dès lors aux soupçons ''^ ^aes Téritables descendants , et aux recherches avides fTune école indigne de lui, qui s'empara illégitimement de l'autorité de son nom et de ses ouvrages. 11 n'est jamais cité par ceux qui se rattachent évidemment à sa philosophie, et il l'est souvent par ces hommes qui n'ont fait que la défigurer ; de sorte qu'après un examen superficiel , l'historien trompé pourrait com{déter faussement le passage de S. Bonaventure , et dire que si les docteurs descendent de S. Augustin et de S. Anselme, les pi^icateurs de S.Grégoire et de S. Bernard , les mystiques de S. Denys l'Aréopagite et de Richard de S. Victor, toutes les doctrines occultes du moyen âge , toutes les extravagances panthéistes, mystiques, manichéennes, appartiennent à Jean Scot Érigène. Montrons en peu de mots cette triste destinée du système de Jean Scot : nous verrons bien si elle était méritée.

Vers la fin du douzième siècle il se fit dans le monde chrétien un grand mouvement d'idées panthéistes et mystiques, d'où sortirent toutes les sectes qui pendant les deux siècles suivants éclatèrent dans

e midi de la France, dans le Pays^de^Y aud , en Flandre f et sur les bords du Rhin. Deux hommes, Amaury de Chartres et son disciple Dayid de Dinan , semblent avoir été les principaux représentants de ces doctrines nouyelles. Il n'est rien resté de leurs ouvrages, savons seulement qu'Amaury était né à Bène^^^ le diocèse de Chartres, qu'il enseigna la th l'université de Paris vers la fin du douzième si et que, en 1204, accusé d'hérésie devant le papey renonça aux opinions qui l'avaient fait condamner; mais, disent les vieux chroniqueurs, il ne se soumettait que de bouche et gardait sa pensée. Ce qui est certain, c'est que peu de temps après sa mort, vers 1209> un grand nombre de religieux, convaincus de partager ses erreurs, périrent sur les bûchers de l'Église. Les historiens du temps nous ont conservé leurs noms.^

Quel était l'enseignement d' Amaury de Chartres? Nous ne le savons que par ces chroniques , et par les adversaires d'Amaury, Albert le Grand, Saint-Thomas, Gerson.

Voici les opinions attribuées à Amaury par Odon, évêque deTusculum; on les trouve citées dans Gerson: « Tout est Dieu , Dieu est tout. Le Créateur et la créa-

1. Sur Amaiiry' de Chartres et ses disciples, yoyez les Actes du G)ncile de Paris, qui les condamne, apud Màrtène et Durasd^ Thésaurus noçus anecdotorum, 1717, tom. IV, p, 168. — Vojei aussi l'article de M. Daunou dans l'Histoire littéraire de la France, tome XVI, p. 586 et suiv.

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