‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 188 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

même qui rapportent les condamnations qui frappèrent ses écrits^ ne parlent de lui qu'avec respecta 11 a eu pour apologistes les plus grands écrivains de l'Église depuis S. Bonaventure et S. Thomas, qui le défendaient contre l'université de Paris, jusqu'à Richard Simon , qui le défend contre Jurieu , et Dante le place au Paradis, à côté de Raban Maur et de S. Bonaventure : «Auprès de moi, dit ce dernier, brille « Joachim, abbé de Calabre, doué de l'esprit prophé- « tique. •

Raban è qidn, e iueemi dallato il Cala^rese ahatt Giûçacchino Di spiriio profetico dotato. *

lyui autre côté, pourtant, il est certain que Joachim annonçait la fin du règne de Jésus -Christ, et que l'université de Paris, en attaquant son mysticisme, servait la cause de l'unité chrétienne , compromise par les moines mendiants^. Jean de Meung a eu raison de le dire dans son style naïf, sans elle Tout eût été

1. Verni ex Calabriœ partibus ad Urbanum papam Veronœ com^ morantem quidam Abbas nomine Joachim, çuidiçinitus intelUgentiœ donum acceperat a Deo , ut facunde et discrète enodarei difficul' taies scripturarunï .... fertur itaçue muha scripsisse, Ubrosque suos papw corrigendos obtuKsse, Jtam in quibusdam errasse dicitur. GuiL de Nangis, ad ann. 1186^ apudDkcnvxYy Spicilegium, /. Illy p. 14, cité par Engelhardt, loc, cit., p. 37. ' 2. Paradiso, XII, 47.

3. Guillaume de Saint-Amour, De pericuUs noçissimorum temporum.

tourmenté^. Qixoi qu*il en soit, ayant que ces audacieuses prophéties eussent été répétées par les Albigeois, ayant que Jean de Parme, général des fraùeiscains , les eut protégées de son nom et qu'elles eussent attiré contre les moines mendiants les attaqués d^ l'université, les inyectiyes de Guillaume de S. AmouT) et les railleries du Roman de la Rose, elles, ayaièiit commencé par entrer dans les doctrines attribfiéesaiix

disciples d'Amaury de Chartres. Nous ayons yu plus

1. £t se ne fust la bonne g^rde De l'Université qui garde La clef de la Crestienté, Tout éust esté tormenlé, Quant par mauyese entencion, En Fan de Tincamacion Mil et deus cens cinc et cinquante^ (N'est lions vivant qui m'en démente) Fut baillé, c'est bien chose voire, Por prendre commun exemploire Ung livre de par le Déable, Dit l'Ëvangile pardurable.

Que li sainz Ësperiz menistre, Si cum il apparoit au tistre; Ainsinc est-il entitulé^ Bien est digne d'estre brûlé.

A Paris n'ot homme ne famé Où parvis, devant Nostre-Dame ,.

Qui lors avoir ne le péust A transcrire, si li pléust:

Là trovast par grant mesprison Mainte tele comparaison.

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