CHAPITRE IV. 24ë
il qu'op accusait Amaury de Chartres et Dayid Dinan y d'annoncer le r^ne déjà commencé du At- Esprit et la fin des sacrements du Nouveau tainent. Ce n'est, pas tout : une fois séparés de ^Uoa et en pleine révolte contre le règne, du Christ , mystiques ne devaient-ils pas s'entourer de toutes ^torités suspectes à l'Église ? Tel était Scot Éri- € ; et , comme il avait accepté beaucoup d'idées candrineSy comme ses expressions , mal comprises ,
Autant cum par sa grant yalor
Soit de clarté 9 soit de chalor^ '-' ' - - Sormonte li solaus la luue '** Qui trop est plus troble et plus brune ,
W'. Et'ii noiaus des nois la coque:
>, (Ne cuidiés pas que ge vous moque/
Sor m'ame le vous dis sans guile:)
Tant sormonte ceste Evangile
Geus que li quatre evangelistres
Jhesu-Crist firent à lor tistres.
De tex comparoisons grant masse
I trovast-1'en y que ge trespasse.
L'Université qui lors iere
Endormie 9 leva la chiere;
Du bruit du livre s'esveilla, «. N'onc puis gaires ne someilla^
Ains s'arma por aler encontre ^
Quant el vit cel horrible monstre
Toute preste de batailler ^
Et du livre as juge baillier. . . .
Le Roman de la Rose^ par Guillaume de Loaais et Jehan de NG, éd. Méon. Paris, 1814, tome U, p. 368-378.)
pouyaieat autoriser le panthéisine, les religieux qui, d'âfprès la bulle de Honorius 111 , étudiaient avidement ses ouvrages, défigurèrent son eusei^ement, et n'y trouvèrent que ce qu'ils voulaient y trouver. Les Albigeois ne firent pas autre chose ^ N'est -ce^!>as pour cela que son nom est si souvent citô par ces ïnystiquesP N'est-ce pas ainsi qu'il a passé pour leur maître^ lui, cet esprit hardi sans doute, mais ferme, ce pen* seur chrétien, qui eût repoussé ces disciples indignes? Singulière destinée de cet homme qui ouvre la grande famille des docteurs de la scholastique, et qui, repoussé par elle , devient , pendant deux sièdes , le chef de tout ce mysticisme occulte! C'est de nos jours seulement qu'on a songé à la révision de oe procès si mal inttruit; car le jugement porté sur Jean
1. Dans le mélange bizarre de leurs doctrines, il jr en avait une qui pouvait avoir ëtë empruntée à Jean Scot, lorsque, niant la résurrection des corps terrestres, il parle de corps spiritaeb, lumineux. » Niant aussi la résurrection de la chair, ils forgeaient ,>je ne sais quelles fables inouïes, disant que nos âmes sont ces » esprits angéliques qui, précipités du ciel pour leur présomp- ,> tueuse apostasie, laissèrent dans l'air leurs corps glorieux, et ,> que ces âmes , après avoir passé successivement sur la terre par »sept corps quelconques, retournent, l'expiation ainsi terminée, » reprendre leurs premiers corps. ^^ Pktrus Yaix. Saxhàii, cap. I, apud scr. fr, XIX, hA , cité et traduit par M. Michelet, Histoire de France, tome Uj p. 416. — On voit comme la seule idée qui rappelle Jean Scot, celle d'un corps spirituel, est ici mêlée à des opinions qui lui sont tout à fait étrangères.