CHAPITRE V
Seol pendant la confusion du moyen âge, avait été aocurilii même par la science moderne^ par la critique du dix- septième et du dix -huitième siècle, par Ma- Ullony EtUes du Pin, Noël Alexandre, et V Histoire UUémire de la France. Pourtant, n'était-ce pas ici que les juges les plus sévères devaient faire fléchir la ri«gueur de leurs arrêts, et s'il y a dans les doctrines de ce grand esprit bien des subtilités alexandrines , si la hardiesse de sa pensée l'a entraîné vers des erreurs théol<^iques sur l'Eucharistie et sur la Grâce, ne fallait -il pas reconnaître qu'il les a cruellemeni; expiées?
GHAPimE V.
SÔVR DES RAPPORTS DE SGOT iftlOBSE AVEC JM PTSTIGISME DU MOYEN AGE. — LES MYSTIQUES ALLEMANDS ^ SGKART, fS^LER, RUYSBROGK. — TOUT CE MYSTICISME JUoé PAR BOSSUET.
Après la grande famille des mystiques fermes et r^uliers, reconnus et honorés par l'Église , après cette autre famille cachée, mystérieuse, qui a été poursuivie au treizième et au quatorzième siècle, et dont les écrits, supprimés par le feu, ne sont plus indiqués que dans les bulles qui les condamnent, il y a un troisième groupe de penseurs qui achève l'histoire du mysticisme au moyen âge. Ce sont les mystiques allemands du quatorzième siècle , lesquels forr méat une école à part , très-distincte et très-priginale. Ils n'ont pas été toujours poursuivis, comme les der-
niers dout je viens de parler; -mais il s'ea faut aussi qu'ils aient été , comme les premiers , acceptés par Torthodoxie. Plusieurs d'entre eux ont été condanir* nés, et, quant aux autres , l'Eglise répéta souvent qu'oo ne pouvait réduire leur doctrine à un sens supportable que pav de bénignes mterpréiations, dit Bossuet, oUj pour parler nettement, par des gloses forcée^}. Ils se distinguent des différentes sectes du. treizième siède par une doctrine qui. leur est propre , tandis que ces sectes mêlaient dans leur mysticisme incertain mille erreurs empruntées au matérialisme, au panthéisme , au manichéisme, ils sont donc les seuls qui , avec les saints docteurs mystiques , occupent un . rang éleié dans la science ; mais ce qui les sépare de ces docteurs, c'est la hardiesse , la témérité d'une pensée que sa profondeur égaré, et qui, voulant, dans un élan d'intuition sublime, saisir le principe suprême dés choses, se confond elle-même avec ce divin, objet de aoo amour, et disparait dans le panthéisme. Ruysbrock, Suson, Tauler, l'auteur inconnu de la Théologie germanique, appartiennent à cette grande et périlleuse école, dont le représentant le plus complet est le dominicain -Maître Eckart. ^