CHAPITRE V
^'Théologie germanique , sacrifier notre substance, «notre essence , ce qui est le fond le plus intime «dé nous-mêmes,' et elle développe sa théorie oâébre de la désappropriation. Mettez en face de ces doctrines renseignement de Scot Erigène, et rappeleztous.comme il emploie des comparaisons d'une pureté el d'une transparence toute lumineuse pour faire com-r prendre cette ineffable union où les deux termes ne se confondent jamais.
Après Maître Eckart, ce mysticisme nouveau qu'il avait' fondé y entra sans peine dans l'esprit allemand. ^ Il était bien approprié , en effet , à ces tendances plus hardies que r^ulières , et il lui offrait de périlleuses séductions. Tauler écoutait avidement, à Strasboui^, les leçons de l'ardent dominicain \ et le bienheui*eux Suson l'appelait le saint Maître, auprès duquel, lui; jeune homme tourmenté de douleurs spirituelles , il avait enfin trouvé le repos. Dans ses extases, c'était toujours ce Maître vénéré qui lui apparaissait 3. Tauler et Suson furent les disciples enthousiastes de Maître Edcart; mais la prédication, la charité, la vie pratique, les préservèrent encore des dernières erreurs de ce mysticisme, dont la hardiesse spéculative reparut développée dé nouveau dans ce livre étrange et sublime, la Théologie germanique. Que dire de celle
1. Garl Schmidt, Johannes Tauler von Strassburg, Hamburg, 1841 , 5. 4.