CHAPITRE V
origiaes différentes de leur philosophie. Qui ne serait frappé de ce double fait? Et, pour ce qui nous concerne , comment ne pas Toir ou un instinct merveilleux ou une rare prévoyance dans ce réyeil de toute notre piété pour la grande école cartésienne? Nous préparons nos armes. Car le jour où les prodigieuses constructions h^éliennes, avec leurs séductions et leurs dangers, seront mieux connues en France, cette philosophie comparaîtra devant l'esprit français du dix-neuvième siècle, fortifié encore par la discipline de Descartes, de même que le moyeu âge allemand a comparu devant la critique cartésienne de Bossuet« Ce sera au nom de la même certitude que nous jugerons , non plus, comme Févêque de Meaux, la spiritualité nouvelle, les fausses sublimités, les exagérations du mauvais mysticisme, mais ces tentatives impossibles d'une science aventureuse , qui , selon d'éloquentes paroles, s'est emportée au delà des croyances du genre humain. ^
CaiAPITRE VL
RAPPORTS DE SGOT ERIGENE AVEC LA PHILOSOPHIE MODERNE. — DES RESSEMBLANCES DE LA PHUOSOPHIE DU MOYEN AGE AVEC LES CONSTRUCTIONS DE LA MIËTAPHTSIQUE ALLEMANDE. — JUGEMENT GÉNIËRAL SUR LA SCHOLASTIQUE.
Nous voici un peu loin de Scot Érigène : c'est qu'après le dix-septième siècle, sa trace, en effet, est
1. GoDSiM^ Fragments philosophiques > S/ édit. AyertissennenL
bien vile perdue; elle ne se prolonge même pas, ayeo celle des autres mystiques, jusqu'au dix -septième siècle, qui rompt avec tout ce passé et le rejette dans l'ombre. Après le Discours de la méthode, que de? viennent les personnages éminente du moyen âge? Tous, sc^olastiques et mystiques, docteurs et coih templatifs, ils semblent effacés à jamais de la tradition; une science nouyelle les remplace.
Interrompue, brisée pendant deux siècle», cette tradition toutefois a été renouée de nos jours, et l'on est revenu avidement à ces études longtenips dédaignées.
En France, une philosophie élevée et vaste, après avoir remis en honneur l'esprit du cartésianisme, a voulu joindre aux qualités fermes de cette doctrine l'étendue qui lui manque et doubler l'hérits^e <fe la patrie de Descartes. Descartes (cel%A été pemu» i quelques grimds novateurs) avait dédaigné le paaaé tout entier; nous, ses. disciples, sans cesser d'être fidèles à l'immortel esprit qui l'animait, nous avons appris à honorer ce passé, c'est-à-dire l'humanité même, qui devait être rejeté par lui. Et un penseur éloquent, en restituant tous les grands monuments de l'histoire de la philosophie, en éclairant d'une vive lumière cette longue route parcourue par l'c^sprit de l'homme, a solennellement absous cette humanité si souvent condamnée , pour laquelle nous avous senti un amour plus sincère au fond de nos cœurs.