‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 207 sur 224 · S. AuGusT. in Johannis Emngelium tract, XX XVI, p · texte numérisé non relu

S. AuGusT. in Johannis Emngelium tract, XX XVI, p

gitimes? Est-ce un bien, est-ce un mal pour la philosophie moderne de retourner vers ces doctrioes abandonnées? Et après, que des dififérences si profondes séparent ces deux époques, Tinstant est-il veau de les faire disparaître? Il n*est pas seulement question ici de Scot Erigène : je voudrais, pour terminer, marquer en peu de mots les rapports^ de la philosophie scholastique avec la science de nos jours.

Je crois que le caractère le plus général de la adMV laslique, c'est une tentative ardente, mais impaissante, vers les sommets les plus élevés de la mâaphysiqiie; et pourquoi cette tentative est-elle impuissante? parce que l'esprit humain ne connàit point ses forces, et n'use pas des ressources qui sont en lui. Je m'explique: la science du moyen âge est toute chrétienne; elle est née dans l'Eglise, et elle grandit dans l'Eglise. Or , le christianisme contient une inétaphysique sublime, et c'est lui qui donne à celte science, toute jeune, tant d'élans, tant d'aspirations vers les splendeurs du monde intelligible. Mais comment s'efiforce-t-elle de s'y élever? au moyen d'une dialectique étrangère, d'une dialectique empruntée à Aristote , et qui est stérile entre ses mains. De là le singulier contraste que présente cette philosophie: d'une part, des prétentions très -hautes, un grand idéal entrevu de loin , des sommets magnifiquement éclairés; de l'autre, une impuissance complète à atteindre ces sommets, un champ épineux à parcourir,

Page 1