‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 208 sur 224 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

des landes où l'esprit se lasse et s'égare. Comiueut expliquer autrement le continuel épuisement de cette philosophie ? et pourquoi , avec ces secours admirables que lui donne le christianisme, se perdraitelle si vite dans ces mille subtilités? Contre les aridités de la scholastique , elle n'a de refuge que les élans passionnés de l'amour; voilà pourquoi le mysticisme vient sans cesse rafraîchir et féconder les. sillons épuisés de l'école. Mystiques et scholastiques y ces deux familles d'esprits se partagent tour à tour la philosophie du moyen âge ; mais ni les uns ni les autres ne peuvent arriver au but de cette philosophie, qui est d'atteindre pai* la science les dogmes qu'elle possède par la foi. Telle est donc sa destinée : elle a cherché au ciel la lumière, elle l'a trouvée, mais elle a gémi, car elle n'a pu l'atteindre,

Quœsmt cœlo lucem. ingermitque reperta.

Et un habile historien a eu raison de dire que , pareille à Sisyphe, elle roulait éternellement vers les mêmes cimes un rocher qui , éternellement , retombait à la même place. >

Que fallait-il donc à ces esprits , dont quelques-uns ont été si grands? Que manquait-il à leurs œuvres, au milieu des éclairs de génie et des soupçons sublimes qui s'y découvrent? Plusieurs d'entre eux l'ont entrevu, et surtout Scot Erigène; il fallait étudier

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