CHAPITRE IL
méoii de Durham, Florent de Woroester ^ coafoodent les deux personnages; pourquoi? parce qu'ils ont mal compris Asser. Asser est le seul qui fasse autorité; or, il ne nomme pas Scot Erigèue , celui dont il est question s'appelle Jean , et les épithètes qui accompagnent son nom peuvent s'appliquer à tout homme sayant de ce temps*-Ià. L'exact historien n'aurait-il pas désigné par quelques traits plus nets et mieux appropriés cette remarquable figure de Scot Érigène? Au moment même de sa plus grande célébrité , quand il venait de jeter un si grand éclat à la cour de Charles le Chauve, quand il avait été mêlé aux controverses de la grâce qui agitaient l'Église , et qu'un pape s'était ému et efi^yé de son séjour dans les écoles. de Paris, était-ce par quelques yagues et insignifiantes paroles qu'il convenait de signaler cet homme extraordinaire? Les historiens venus après lui, vers le onzième ou le douzième siècle, c'est-à-dire, à l'époque où le nom et l'enseignement de Scot Érigène, oubliés pendant un siècle, reparaissaient avec éclat et reprenaient leur > > » I ■ I ■ I I II I
1. Imgulphi Historia ahhatiœ croglandensis , éd. H, Savile; -— GuiiXELMVs Màlmesburiensis, De gestis regumAngUcBy Kb. II, c. IV, apud rer. angUc. script,, ed Saçik^^^ Sïmeoh Dumelmemsis^ De Regibus Anglorum et Danorum, àa^ftum 888 > apud Twysden, Historiœ angUccmœ scriptores X* Ltmdini, 1652> in-foL; — Flo- R£MTius WoacESTRENSis, tid aimum 887> Chronicon ex chronicis , ed, GuU, Howard, Londini, 1582^ //^4.*'; — Màtth^us WestmonasteaiEffSis^ adannumS%%, Flores historiarum. Francofort., 1601. •
importance , ces hisloriens ont pu trèd-natureUement retrouver dans l'abbé d'Ethelinge , contemporain el prot^é d'Alfred , ce Scot Erigène, dont la célébrité, mystérieuse déjà comme aujourd'hui, semblait inviter à ces conjectures et s'y frétait complaisàmment.
Jean Scot Erigène n'est donc pas Jean l'abbé d'Etbelinge; mais résulte-t-il de ce qui précède; que Scot Erigène ne soit pas retourné en Angleterre et qu'il n'ait pas été prêtre? C'est ce que prétend Mabillon, et, d'après lui , Y Histoire littéraire de la France.
Sur là première question , le savant bénédictin , sans l'affirmer avec certitude S croit que Scot Erigètie est resté en France et qu'il y est mort. En quelle année? Il ne le dit pas ; mais il croit que si Scot Erigène a vu l'avènement du pape Jean YIII , il n'a pas survécu à son pontificat. Sa mort se place donc entre les années 872 et 882^ pendant lesquelles Jean YIII occupa le Saint-Siège. Il ajoute que Scot est mort avant Charles le chauve, ce qui réduirait de cin(| ans l'espace que nous venons d'indiquer, et placerait entre 872 et 877 la date que nous cherchons ; mais cette dernière opinion n'est pas prouvée. Le seul argument qu'on apporte, savoir que Scot Erigène n'a rien écrit après 875, ce singulier arguni<ÉHg'akaiicune valeur; car parmi
1. Denique abhas ille ÇKhannes) ah Alfredo rege in AngUrnn dccitus est doctrinœ causa; non Johannes Scottus, qui in Francia videtur persévérasse. Et plus loin: Sinonfallor, Màbillon, Annales Benediciini, tome Dl, p. 68.