CHAPITRE II
linge 9 lui compose une destinée tout semblable, éyidemment copiée 1»ur le récit d'Asser. L'abbé d'Etbelinge est appdé en Angleterre par Alfred le Grand; Scdt Erigène le sera aussi. Uabbé d'Ethelinge meurt dans son abbaye , assassiné par deux de ses moines , qui le frappent de leurs épées; Scot Erigène enseignant à Malmesbury sei*a tué par ses élèves à coups de style. Dans Asser, il n'y a qu'un seul personnage nommé Jean y et qui n'est point Jean Scot. Chez Ingulf , il n'y a toujours qu'un seul personnage, mais qui est confondu ayec Jean Scot. Chez Guillaume de Malmesbuiy, chez Siméon de Durham , et dans les chroniques qui les suivent^ le personnage se dédouble, il y a l'abbé d'Ethelinge et le célèbre Scot Erigène; mais la destinée de l'un a seryi de modèle à l'histoire de l'autre. Il m'est impossible de ne pas apercevoir là très -claire-
nient la marche et la formation successive de la lé-
gende.
Asser est la seule autorité l^itime^ interrogeons-
1 . Cette autorité Tient d'être contestée par un écrivain anglais , M. Thomas Wrigli^ (Thomas Wright^ Biographia Britannica Uteraria; et Biography of Uterary ^Sbaracters of Gréai Briiain and Irrland, arrangea in chronological order, Anghsaxon period, Lendon, 1842^ in^%,^ Yojez l'article AtHB; et Some historial doubts reiating to the hiographer Asser. Cm^tmimicated to the sodety of aniiquaries, hy Thomas Wright, London, 1842^ inA.^). Les conclusions de ce travail sont trop graves^ pour qu'il convienne de rechercher dans une simple note y si elles sont admissibles y et si M. Wright a réussi à prouver sans réplique que l'évéque Asser
42 PRESflÈRE PARTIE.
le; que dit -il? quua certain Jeaa, appelé de France en Angleterre par le roi Alfred, fut nommé abbé d'Ethelingeet mourut bientôt victime d'un assassinat. Asser nomme tous le^ savants qu'Alfred attira dans son royaume y Werfrith;Plegemund, iEthelstan, Wer?wulf; e^t-il question de Scot Ërigène? nous avons tu
n'est pas Fauteur de cette Vie d'Alfred. Nous avons quelques doutes à cet égard , et nous crbjons qu'on jpourraît répondre à ses aliments les plus pressants. M. Wright se fonde surtout sur certaines contradictions évidentes que contient la biographie d'Alfred le Grande il y trouve des événements bien postérieurs au temps d'Asser^il cite^ par ei^emple^ la légende de S. Néot^ que l'auteur de la Vie d'Alfred a mise à profit^ et qui n'était pas connue au neuvième siècle ^ et il croit qu'il faut placer la date de l'ouvrage après l'année 974 ^ époque de la translation des reliques de S. l^éot . à Huntingdonshire. Mais M. Wright n'est pas le premier qui ait signalé ces erreurs ^ et peut-être le seul travail qu'il y ait à faire ^ est^il d'examiner si la main d'un compilateur n'a pas pu insérer dans la chronique d'Asser toute une partie étrangèi:^ à son récit; et s'il ne serait pas facile de marquer exactement l'endroit où commence et où finit l'interpolation. C'est ce qui a été déjà indiqué par nn savant historien ^ M. Lappenbeig. M. Lappenbei^^ dans son Histoire d'Angleterre ^ faisant une étude critique des sources où il puisait ^ a remarqué que la biographie d'Alfred pat le véritable Asser a été souvent confondue avec une compilation du dixième ou du onzième siècle ^ faussement attribuée à Asser 9 laquelle est empruntée aux annales anglo-saxonnes ^ à Asser luimême ^ à d autres sources inconnues 9 et est toute remplie de légendes (Lafpemberg^ GeschUhte von England, erster Bond, Seke XLVIII, XLIX, Hamburg, 1834^ w2-8.° Dans la collection intitulée : Geschichte der europàischen Staaten, herausgegében von HfXRENun^ Uckert). Mais ces développements nous entraîneraient