‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 25 sur 224 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

que ooti. Reconnaissons donc que nous n'ayons pas le droit de répéter la l^nde formée deux sièdes après, à moins de prétendre > ayec Oudin , que Scot Erigène est l'abbé d'Ethelinge liii-méme, ce qui est insoutenable par les raisons que nous ayons dites.

Sur la seconde question, celle de sayoir si Scot

trop loin , et nous ne voulons pas traiter longuement une question incidente y qui deviendrait une thèse dans une thèse. Ce soin , d'aiilearsy nous serait inutile, puisque, même en admettant son» défiance les conclusions de M. Wright, nous n'j trouvons rien qui contredise ce que nous avons avancé. La Vie d'Alfred le Grand, d'après l'opinion commune, doit avoir été écrite en 893; selon M. Wright^ elle est l'ouvrage d'un moine, et ne peut avoir été composée avant l'année 974. Cette chronique reste donc toujours la première en date, et personne ne nie qu'elle ait été souvent consultée par Florent de Worcester, lequel vivait à la fin du onzième siècle et mourut en 1118, et par Ingulf, mort en 1130. Quant à la question dont il s'agit, de savoir si Jean Scot est le même personnage que l'abbé d'Ethelinge, nos recherches sont confirmées par celles que M. Wright a faites pour contester l'authenticité de l'ouvrage d'Asser. M. Wright fait remarquer que Jean, l'abbé d'Ethelinge, vivait encore en 894, ainsi qu'on le voit par le Pastorale d'Alfred; or, le récit d'Asser, écrit, dit-on, en 893 y parle de sa mort comme d'un fait déjà ancien : y,Faci' nus quoque in eodem monasterio quodam tempore perpetratum,^ M. Wright s'appuie sur cette contradiction (c'est dans le second des ouvrages cités plus haut), pour démontrer que cette biographie n'appartient pas à Asser. Pour nous, nous empruntons à M. Wright cette preuve de pJus, qui s'élève contre l'identité de Scot Erigène et de l'abbé d'Ethelinge : si l'abbé d'Ethelinge vivait encore en 894, il est évident que ce ne peut être Scot Erigène, qui a du mourir bien avant cette date.

44 PREMÈRE PARTIE.

Erigèae était laïque ou s'il appartenait à quelque ordre ecclésiastique^ il est difficile , malgré l'autorité de Mabillon ^ , de croire qu il y ait eu au aeuTÎèaie siècle, eu dehors de l'Eglise, ua homme si profondément versé dans les sciences et la théologie. Ce serait une exception unique et inexplicable. Je n'oublie pas les reproches injurieux que Flore et Prudence adressent à Scot Erigène^; mais ces expressions même attestent par leur vivacité une protestatiop contre l'esprit philosophique, qui faisait alors sa première et brillante apparition au sein de l'Eglise. Ce n'est point parce que l'adversaire de Gotteschalk était un laïque , qu'on l'accusait d'ignorer la théologie; Flore et Prudence y auraient mis plus de dédain sans doute et moins de vivacité; mais c'était parce que le libre théologien introduisait la philosophie dans lés questions théologiques et dans celle qui craint le plus la liberté de la pensée, dans la question de la grâce. Mabillon «t les auteurs de X Histoire littéraire, qui se souvenaient un peu trop de ces vives expressions^^ puisqu'ils les ont répétées , en ont conclu que Jean Scot n'appartenait

1. Mabillon, Annales Benedidini, tome lU^ p. 68^ et p. 242r 243. Son opinion est reproduite par Dom Rivet, Histoire littéraire de la France, tome V, p. 418.

2. Flori Magistriet Ecclesiœ Lugdwiensis liber adçersus Johannis Scoti Erigenœ erroneas definitiones y caput XIX, apud Mauguim, Vindiciœ predestinaiionis et graiiœ. Paris, 1650, in-4.° Tome I.*"', p. 131.

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