‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 32 sur 224 · CHAPITRE II. âS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. âS

pas les inyectiyes. Flore , au nom de l'Église de Lyon , ne fîit pas ïBoins yif :

«Au nom de notre Seigneur Jésus -Christ, corn- «menée le livre de Flore contre les inepties et les c erreurs d'un certain présomptueux, nommé Jean, «sur la prédestination et la prescience divine, et la « vraie liberté de la volonté humaine.

« A nous , c'est-4-dire , à l'Eglise de Lyon , sont par- « venus les écrits d'un certain homme, vain et bavard,

< qui , disputant sur la prescience et la prédestination « divine, à l'aide de raisonnements purement humains, c et, comme il s'en glorifie lui-même, philosophiques,

< a osé, sans en rendre nulle raison, sans allouer au- « cune autorité des écritures ou des saints Pères, affîr- « mer certaines choses comme si elles devaient être « reçues et adoptées sur sa seule et présomptueuse «assertion. Avec l'aide de Dieu, les lecteurs fidèles et c exercés dans la doctrine sacrée , jugent et repoussent «aisément ces écrits pleins de vanité, de mensonge

< et d'erreur, qui ofiTensent la foi et la divine vérité, et « sont même pour eux un objet de mépris et de risée. «Cependant, à ce que nous avons entendu dire, .ce « même homme est en admiration auprès de beaucoup « de gens, comme érudit et versé dans la science des «écoles; ^it en parlant, soit en écrivant, il jette les « uns dans le doute, entraîne les autres dans son er- « reur , comme s'il disait quelque chose de magnifique; « et par la vaine et pernicieuse abondance de ses paro-

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«leS; s'empare tellement de ses auditeur^ et de ses a admirateurs y qu'ils ne se soumettent plus humble- « ment aux ditines écritures ni à l'autorité des Pères , «et aiment mieux suivre ses rêveries faintastiques. a Nous ayons donc jugé nécessaire, par zèle dé charité a et à cause de ce que nous devons à notre cité et à «notre ordre, de répondre à soti insolence .r.^ »

Que d'audàceis, en effet, dans cet ouvrage, si l'on songe surtout qu'il a été écrit à la sollicitation de deux évéques! Pourtant, était-ce hardiesse de la part de Jean Scot, était-ce amour du sdandale? Je ne sais, mais je crois y découvrir tout autre chose. Au lieu de montrer dansScot Erigène un novateur entreprenant qui, chargé par deux évéques de défendre la foi de l'Église, introduit dans la discussion un élément imprévu qui la trouble davantage et marche droit contre tout son siècle, il y a une autre explication^ moins ambitieuse et plus vraie, ce me semblé, mieux appropriée au caractère de notre auteur : c'est de voir dans r.adversaire de Gotteschalk plus de candeur que d'audace, et une liberté d'esprit sincère et naïve plutôt qu'une témérité turbulente. Le ton de sa lettre à Hinc^ mar et à Pardule né me laisse point de doute à ce sujet:

1. Flori Magistri et Eccksiœ Lugdunensis Uber adversus Joohnis Scoii Erigenœ erroneas definitiones , apud Mauguin, Vind. prœdest, et grat., tome I.", p. 686. Traduction de M. Gukot, Histoire dé la civilisation en France^ 29.^ leçon.

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