CHAPITRE I
à leur cause ,. à Dieu ^ et qui nous apprend qiie ce Dieu existe , sans cependant pouvoir nous dire ce qu'il est; alors enfin, obéissant aux ayertissements de la raison y s'éyeille l'intuition supirême , et , de ce point de départ de l'observation , l'àme sort de sa propre naturei elle s'élève au-dessus d'elle-même pour comprendre le Dieu qui est au delà de tout ce qui est et de tout ce qui u'est pas. Parvenue à cette hauteur > l'àme devient le vdvç des Grecs , ce qu'on nomme en l^Xin fanùnus, intellectus^ : elle est comparable aux anges y qui ne sont pas autre chose que des mouvements intelligibles/ éternels, incessables, autour du principe universel^; elle au3si, dans cette fonction supérieure, elle est un de ces mouvements incessables, ineffables : elle possède alors cette connaissance pure qu'où appelle contemplation, vision, vision intellectuelle. ^
Ce n'est pas seulement par la vue des phénomènes que l'àme , avertie de la substance qui les porte , s'élève à l'invisible. Il y a un moyen plus sûr d'arriver à Dieu , .c'est de nous contempler nous-qiêmes : considérons notre àme, cherchons^ y pieusement le Dieu suprême; il nous y sourit avec complaisance. 4 .
Il Ëiut donc faire attention à soi-même , comme dit
g,\. De diçis. nat,, lib, Ih 23, p, 132; fjjjf^. Ibidem.
* $. Passim. Visio intellectualis , de Prœdest», cap, lU, b,' 4;^ De dim. nat., lib. H, 24, ;?. 137.
Moïse , et lire en soi , ainsi que dans un litre , l'histoire dei opérations de l'ânie. Celui qui ignore son àme et la commune nature du genre humain, n'est pas très-éloigné de la brute; et c'est à lui que Salomon adresse ces accablantes paroles : Nisi oognaç^is tetp^ sartï , vùdé in vias gregum. Si nous né roulons pas nous chercher, nous connaître, c'est que nous lïe désirons pas revenir à Dieu , et nous resterons éducfaës sur te grabat de la matière, dans la mort de l'ignorance. Il n'y a pas de route plus sûre yers la contendplation du divin exemplaire , que de considérer son image la plus rapprochée de nous , qui est notre àme^ : c'est la route par excellence; c'est presque la ^ule. 2
Cette intuition à laquelle l'esprit s'est élevé , en se fondant sur les données des sens et sur l'étude de l'àme , n'a pas été obtenue par des procédés lents et successifs, dé même qu'elle n'est pas le produit de plusieurs facultés. Elle est le produit d'une faculté première (primas motus^) , qui préexistait aux données des sens, aux observations psychologiques, et qui, une fois ces conditions remplies, s'est élevée à Taperception pure et immédiate (j)ure incunctanterque percipit^)i c'est pourquoi, désormais en possession de