Ibidem, Ub, II, 24, p
CHAPITaE I*. • 87
rÉterael , de rimmuable , qu'elle a atteint en s!é|||pçant hors des limites el des lois de sa nature, Tàine redescend , pour ainsi dire, en elle-même; elle récompense la raison^ les sens, ces deux degrés inférieurs qui l'ont aidée à monter vers L'infini ; elle leur distribue la lumière qu'elle a découverte , et si tout à l'heure , dans son Tol yers l'absolu , on pouvait la comparer à l'ange , à ces mouvements purs et éfcerndlement portés autour de l'éternel principe des choses, depuis qu'elle est arrivée si haut, elle ressemble à Dieu lui-même : l'intuition est le Père ; la raison est le fils ; le Saint-Esprit , ce sont les sens; car, de la même manière que Dieu le Père crée seÀ ouvrages dans son Verbe, qui est le Fils, et les y fonde immuablement, ainsi les intuitions de la pensée humaine créeipit, en quelque sorte, dans la raison , par une merveilleuse opération de la science, tout ce qu'elles ont -découvert sur les principes absolus , et l'y établissent dans le fond le plus iatime d'elle-même. Ce n'est pas tout encore , et comme Dieu, après avoir créé son œuvre dans le Fil&, distribue cette œuvre par le moyen du Saint-Esprit, la divise dans les^ produits innombrables des causes prenaières, dans une infinie multiplicité d'essences intelligibles ou de phénomènes visibles; ainsi l'intelligence crée d'abord et dépose dans la raison les aperceptions de l'infini; puis elle les distribue, elle les divise dans le sens intérieur en notions distinctes. La pensée pure apercevait l'universel, rensemble, Tharmonie; le sens
88 Deuxième partie.
intéiJMr saisit le particulier, la distinêtioa , la différence. Ainsi la pensée de l'homme est comme pro- ToqUée par les facultés inférieures , la sensibilité et la raison, à monter jusqu'à l'infini; elle y monte dans un sublime élan, et leur en rapporte les richesses, y
Puisque l'àme est douée si noblement «t investie de ces magnifiques fonctions, quels sont ses rapports avec l'autorité? — Qu'est-ce que l'autorité? et qu'estce que la raison ? L'autorité n'est pas autre chose que là vérité découverte par la raison et déposée dans les écrits des Pères ; la raison précède donc l'autorité , car loin que la raison relève de l'autorité, c'est le contraire qui est vrai. Toute autorité que la raison ne confirme pas, est fragile, tandis que la raison, appuyée sur ses propres forces, n'a pas besoin d'être confirmée par l'autorité 3. C'est surtout en parlant aux siinples qu'il convient de se fonder sur le témoignage des Pères ; mais dans les hautes questions , qu'on ne doit traiter qu'entre philosophes, comme il n'y a rien pour eux de plus doux à entendre que la vérité , rien de plus attrayant à poursuivre, rien de plus beau à contempler quand ils l'ont atteinte, ils ne craignent ni l'autorité de l'Écriture , ni les attaques des esprits vulgaires ; mais tout ce que la pensée leur démontre