‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 61 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

nies, c'est-à-dire, que ce n'est pas Dieu lui-même que nous voyons, mais seulement des manifestations de son incompréhensible et inaccessible lumière i. Or, ces manifestations ne se font pas gratuitement en qous; elles ne sont pas l'œuvre seule de Dieu , nous y devons travailler avec lui, elles sont l'œuvre de Dieu et de nous-mêmes; car, selon les ingénieuses et sublimes paroles d'un divin philosophe, le moine Maxime, la sagesse du Père se crée elle-même eu nous et s'adjoint notre intelligence pour que de cette union résulte l'apparition divine, ®so(paiviu. Dieu s'incline vers nous par la grâce , nous nous élevons en lui en l'aimant : de' cette condescendance inefifable et de cet effort méritaût nait la théophanie, laquelle commence dès cette vie pour ceux qui en sont dignes, bien qu'elle ne doive s'accomplir entièrement que dans la perfection de l'autre vie et de la béatitude. ^

' l\ résulte de tout cela que la vertu est nécessaire à rintelligence, et qu'il y a, entre l'amour et la science, de profondes affinités; et c'est lorsque l'àme a été pu-^ rifiée par la vertu et illuminée par la raison , que s'accomplit le dernier mouvement, où se consomme l'in^ tuition théologique. La vertu prépare ce mouvement suprême de la pensée, la raison l'écIaire, la théologie l'accomplit^. Enfin, pour tout résumer. Dieu et

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