‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 66 sur 224 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Cesl une entreprise effrayante de youloir parler de* Dieu. Il e8t près de nous et^ dès que nous croyons le découvrir, il recule infiniment. Il court à trayërs le monde y il remplit et anime toutes choses^ il nous porte, il nous entoure de tous côtés; mais si nous nous approchons , nous voyons que ce grand courant de la vie épanché à travers le monde vient dé lui, mais n'est pas lui; car, tout en se mouvant ainsi dans son oeuvre, Dieu démeure immobile; en sorte, qu'il est à la fois présent et infiniment éloigné. Nous soYnmes sans cesse avertis de son existence, de sa présence; mais il recule toujours jusqu'à l'infini au delà de cet univers, qui nous donne de lui ces continuels avertissements. Comment donc parler de ce. grand Dieu caché? et qui pourra le faire sans être obscur? Il n'y a point de mots, dit l'Aréopagite, il n'y a point dé noms, il n'y a point d'articulations de la voix qui puissent désigner cette cause première, t^ette cause essentielle de toutes choses ^ II faut donc, ou bien se taire et s'en remettre à la simplicité de la foi orthodoxe, ou bien déclarer, avant de comnàencer, qu'il y a deux parties principales dans la théologie. Tune qui affirme, Kocra(pocr i%r] , disent les Grecs, l'autre

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