‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 71 sur 224 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

des trois diTioes hypostases. Qui oserait comparer la parenté du Père et du Verbe avec celle d'Abraham et d'Isaac^?

Il faut dire la même chose des cat^ories de situation, d'espace, de temps : ce n'est que par 6gure qu'on peut les appliquer à Dieu. Nous disons quelquefois que Dieu est le lieu de toutes choses, des corps et des esprits , parce qu'en lui réside la limite, la circonscription qu'il leur a donnée. 11 semble aussi que le temps, c'est Dieu lui-même; car nous voyons le monde se mouvoir en lui et vers lui , comme on se meut dans un temps et vers un temps. Mais Dieu n'est ni le temps, ni l'espace; car le temps se meut et Dieu est immobile , et l'espace n'est pas autre chose que la limitation des corps : or , cette limitation est en Dieu , qui , la constituant , ne peut tomber sous elle; elle est en Dieu, qui la crée et qui lui échappe éiemdlement. ^

Restent les deux dernières cat^ories, l'action et la passion, agere et pati. Sont -elles applicables à Dieu? Non; Dieu n'agit j>as et ne souffre pas; il ne meut pas et il n'est pas mis en mouvement : il est immobile et immuable. A force de reculer le Dieu incompréhensible au delà de tout ce qui est accessible à notre esprit, la théologie négative, arrivée à cette

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