‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 72 sur 224 · Ibidem, lib. I, 20, 21, 22, 23, 24, p. 26 ei seg · texte numérisé non relu

Ibidem, lib. I, 20, 21, 22, 23, 24, p. 26 ei seg

extrême conséquence , effraye celui à qui elle révèle ces profondeurs. Quoi ! Dieu ne se meut point et ne peut être mû! Mais Tamour n'est -il pas une manière de mouvoir et d'être mrûP Est-ce que cdlui qui aime n'est pas mû par l'attrait de la chose aimée? Est* ce que celui qui est aimé n'est pas un mobile qui attire à lui ce.vqiii l'aime ? et les saintes Ecritures ne dis^telles pas sans cesse que Dieu aime : Qui diUgU me, a dit Jésus , diligetur a pâtre meo , et ego diligam eum et manifeÉto illi meipsum. Comment donc oseraier que Dieu aime et qu'il se laisse aimer? N'est-ce pas aller ouvertement contre l'autorité de la parole divine * ? Le Maître n'a pas peur de cette conséquence; il l'avait proclamée le premier, et il l'accepte résolument. Oui y Dieu est supérieur à ces deux cat^ories; il ne peut mouvoir ni être mû. Ce n'est pas tout : il faut aller plus loin encore; il faut oser tirer toutes les conséquences de ce pripcipe; il faut oser <lire que Dieu ne peut ni aiiner ni être aimé. Aimer et ^re aimé , c'est mouvoir et être mû ; mouvoir et être mû , c'est agir et souffrir, et tout cela c^sont des accidents. Si nous admettons que Dieu peut aimer et être aimé, nous reconnaissons en même temps qu'il est exposé à l'accident , et nous détruisons l'idée de son immutabilité, a

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