CHAPITRE m
Pour tout résumer enÛQ, quand il est question de ce moUTen^ent qu'on attribue à la Divinité et qu'où appelle l'Amour ^ il ne faut pas y voir le mouvement des choses finies , lesquelles se meuvent vers quelque chose d'étranger à elles; c'est un mouvement qui se fait au sein même du Dieu infini , de lui , ea lui ^ vers lui. Et toujours il importe aussi de se rappeler que ces expressions ne s'emploient que par figure et à cause de l'impuissance des langues humaines; en sorte qu'il est Clément vrai de dire : Dieu est l'Essence et il n'est pas l'Essence > il est l'Amour et il n'est pas TAmoùr, selon qu'on 60 place sur le premier ou sur le second d^é de la spéculation. ^
Dieu est donc supérieur a toutes les cat^ories ; et les catégories pouvant se réduire à deux cat^ories plus générales, qui sont l'immuable et le variable , status et motus ^ Dieu est supérieur encore à ces deux cat^ories; il est ce terme infiniment éloigné où toutes les oppositions, ou toutes les contrariétés s'évanouissent, et qu'aucune langue humaine nepeu%piommer.^ C'est pourquoi S. Augustin a dit qu'il est celui qu'on connaît mieux en ne le connaissant pas ; et S. Deuys l'Aréopagite^ que cette ignorance est, en efiet, la vraie science. Car on ne peut définir Dieu qu'en niant ce qu'il n'est pas, et plus on nie ainsi, plus on affirme.