‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 90 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nous , nous savons que tout sort de la cause unique , et que y si le Créateur n'avait pu produire que des choses semblables à lui , il ne serait pas l'ouvrier du monde, qui est le domaine des luttes et des difiGérences« 11 n'y a rien là qui soit indigne de Dieu. De ces luttes , de ces différences y de ces contraires , naît, par une harmiAlie merveilleuse, la beauté de tout l'ensemble, comme on voit, dans la musique, )es som les plus opposés^ rapprochés habilement, produire, selon la volonté de l'artiste, une mélodie parfaite. Tout vient donc- d'un seul et même principe, et ainsi nous n'avons point de refuge contre les difficultés de cette question : comment ces causes premières sont- elles en même temps éternelles et créées? Question si haute qu'il vaudrait mieux, peut-être, se taire devant elle avec respect. Cherchons toutefois, et ne soyons coupables ni de n^ligence ni de pusillanimité. ^

Que le monde soit éternel , la raison ne nous permet pas d'en douter; car Dieu ne souffre pas d'accident, et la création eût été un accident dans la vie divine, si Dieu avait existé avant le monde. Si donc Dieu est antérieur au monde , il n'y a pas là un intervalle de tenips* mesurable, ce n'est qu'un intervalle logique, l'antérioriié logique de la cause à l'effet^. Le monde est donc éternel; mais, en même temps, le

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