‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 92 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Cette ideiititë est en Dieu. Dieu aussi est tout à la

roi» éternel et orëé. Il est à la fois simple et multiple ,

il est l'unjité et la pluralité. Il demeure dans son unité

immobile, qui soutient la variété des phénomènes;

mais fl court en même temps à travers cette variété

iuiiaîe, el> en la créant , il se crée lui même en elle ^ ;

car^ dans toute chose, dans tout être, c'est lui qui

est la substance véritable; retranchez cette substance,

retranchez ridée de la sagesse divine, tout s'écroule.^

C'est ainsi que Dieu se crée 'dans tout ce qu'il crée;

il est onéé en même temps qu'il est éternel. Comment

donc s'étonner que les causes premières présentent ce

douUe caractère, puisqu'il est en Dieu lui-même, de

qui elles procèdent^?

Mais, reprend le disciple, cette doctrine de l'Aréo^ pagite est inouïe et vraiment efiPrayante. Quoi! Dieu est à la fois éternel et créé , Créateur et créature ! Si cda est une fois admis , il faut aller jusqu'au bout , et dédarer que Dieu est tout, et que tout est Dieu, ce qui est une opinion monstrueuse. Il serait bien de trouver dans la nature quelques exemples qui pussent faire soupçonner ces questions inexplicables.^

Les nombres sont une de ces images qui nous expliqueront ce mystère. Les nombres sont éternels, ils

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