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ET LE

DOCTEUR POURTIER.

N'est-il pas vrai que les " extrêmes se touchent." Ces deux "21 " représentent les deux pôles de la politique militante de leur pays natal, la France. Mais (comme notre président l'a dit) entre " 21 " on est obligé d'oublier les divisions politiques. C'est, en effet, le seul article du règlement, résumé en ces termes courts, mais éloquents : " beaucoup de politesse et point de politique.

Tous deux, — je viens de le dire,— sont nés en France. Le capitaine Deville a quitté son pays à l'âge de vingt cinq ans et abandonné une brillante carrière, avec l'espoir, je suppose, d'arriver ici à une fortune plus brillante encore.

Le capitaine Edouard Deville, F.R. A. S.

(membre de la société royale anglaise d'astronomie), ancien officier de la marine française, arpenteur-géographe du Canada, etc., a écrit dernièrement en anglais un livre intitulé: " Examplés of astronomie and geodetic calculations /" qui est dans son genre un des plus consciencieux et un des plus précis que j'aie jamais vus, et qui lui a valu de la part du gouvernement canadien, des remerciements formulés comme suit: "L'ouvrage du capitaine Deville est apprécié vivement et estimé à une haute valeur, comme aide-mé-

moire pour les arpenteurs sur leur champ d'opération ; " et ce qui plait particulièrement dans ce travail, c'est la solution pour des fins pratiques, de certains problèmes géodésiques, par la méthode de la convergence des méridiens, ainsi que le calcul des tables si originales et si utiles annexées par le capitaine à son volume.

Quant au docteur Pourtier, une fois décidé à quitter les rives de la Saône qui l'ont vu naître, il s'est éloigné de la vieille Gaule pour chercher une " Nouvelle-France" et semble très satisfait de l'avoir tronvée.

J'oubliais de dire que le capitaine Deville est un homme profondément studieux#

Quant au docteur Pourtier, il s'est distingué dans l'exercice de sa profession.

En outre, il a toujours été l'ardent promoteur de diverses œuvres de chanté,

et présîde actuellement la société française de bienfaisance de Québec.

Ces messieurs mériteraient certes une longue biographie, mais je suis aujourd'hui assiégé de mille préoccupations et ne me sens pas assez en veine.

Néanmoins ce portrait a, comme tous les autres des " 21 ", le mérite, — si mérite il y a, — d'avoir été fait sans qu'on ait demandé aucune note aux intéressés, et même sans qu'ils en aient eu connaissance.

Avec des renseignements sûrs, il est facile de faire les choses exactes, et puisque !es^ anecdotes semblent être fort de mode entre nous, je vais en raconter une qu'on pourrait intituler :

" Comment Lord Beaconsfield a remporté sur les plénipotentiaires russes un grand succès au sujet de la frontière ar-

ménienne" — C'était au congrès de Berlin, bien entendu. Le comte Schouvaloff commençait justement à lire son rapport sur la question, lorsque Lord Beaconsfield fit observer qu'il n'avait aucune carte d'Arménie. Les plénipotentiaires délégués au congrès avaient en vain fouillé tous leurs papiers pour y découvrir une carte supplémentaire, lorsque le prince Gortschakoff en trouva une dans son portefeuille et s'empressa de la passer au Lord anglais. Le comte Schouvaloff lut alors, en décrivant la configuration de la nouvelle frontière, les propositions de la Russie ; mais Lord Beaconsfield qui avait minutieusement étudié la carte que lui avait prêtée le chancelier russe,- proposa à la place de la frontière mise en avant par les Russes une autre ligne rendant à la Turquie une partie du territoire qui lui avait été enlevé. Après une longue dis-

cussion dans laquelle Lord Beaconsfîeld déploya une connaissance extraordinaire de la géographie de l'Arménie, sa proposition fut approuvée par le congrès à la grande déconfiture des délégués moscovites, qui se demandaient comment Son Excellence britannique avait pu improviser une frontière à la fois si avantageuse à la Turquie et à laquelle les Russes ne pussent rien objecter de sérieux. Au bout de quelque temps, le prince Gortschakoff pénétra le mystère. Il avait prêté à Lord Beaconsfîeld une carte sur laquelle était tracée une ligne montrant la limite des concessions que la Russie était disposée à faire, dans le cas où ses premières propositions seraient rejetées.

"Earl."

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