M. BUTEAU TURCOTTE
Buteau Turcotte a sucé le lait des universités européennes.
Nourisson des muses, il adore forcément les beaux-arts. Mais il semble que, dans ses affections, le canapé et la pipe l'emportent même sur l'art et la poésie.
Il est le prototype de l'employé canadien.
Sa figure toute napolitaine s'harmonise parfaitement avec ses goûts de lazarone. S'il chantait l'hymne de Garibaldi, l'illusion serait complète : il préfère la Marseillaise. A une réunion où les exaltés formaient la minorité, se posant au milieu de la salle, il entonna son chant favori d'un air à faire tressaillir Rouget de l'Isle dans sa tombe et le chanta jusqu'à extinction de voix ; mais il y a longtemps qu'on lui a pardonné cette peccadille.
Si ce portrait figure le dernier, c'est simplement une pénitence que le portraité mérite bien pour ses absences ou ses retards continuels aux "21 ".
" Fiel d'At. "