‹ Scrap-bookChapitre 26 sur 36 · NÉCROLOGIE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE

Ce livre, comme on a pu déjà le comprendre, est avant tout une espèce d'album où j'aime à voir réunis quelques uns de mes souvenirs des "21" et du Canada.

Dans cette galerie où défileront sous mes yeux les jours qui ne sont plus, je tiens à honneur de placer la biographie, —

publiée le 24 janvier de cette année ( 1 880) par Le Journal de Québec, — de M. Faucher de Saint-Maurice, ancien grandconnétable de cette ville, et le père de l'un d'entre nous.

La vie de cet homme de bien, pour lequel j'avais une grande sympathie et une estime toute particulière, offre certains épisodes qui auront, à coup sûr, pour le lecteur étranger, vu le milieu où ils se passent,. tout le charme de la couleur locale et toute la saveur de la nouveauté:

" Narcisse-Constantin Faucher de Saint- Maurice dont nous annoncions le décès, avant-hier," — disait la feuille en question, — "est né à Saint-Michel de Bellechasse, le 24 mai 181 7. Il était fils du major Charles Faucher de Saint-Maurice et de dame Marie-Geneviève Casault, apparte-

nant, l'un et l'autre, à deux familles honorables, qui ont fourni à l'Eglise, à la magistrature, à la science et à l'armée, d'illustres enfants, entr'autres le révérend grand-vicaire Casault, recteur et fondateur de l'Unlversité-Laval. La famille de Faucher est une des plus anciennes familles du Canada français. Elle vient du Limousin, retrace son origine jusqu'au 13e siècle et compte encore des représentants en France, dans le pays d'Aunis et dans la Saintonge. Le fondateur de la branche canadienne, Léonard, vint en la Nouvelle-France, le 15 octobre 1669: il s'établit à Sainte-Jeanne de Neuville, baronnie de Portneuf, et depuis ce temps jusqu'à nos jours, la terre qu'il défricha et qu'il cultiva ne cessa d'appartenir à sa descendance, qui fut très-nombreuse et qui rayonna jusqu'en Acadie, à Chezencook, où elle prospère encore aujourd'hui,

" Né le dix-huitième de sa famille, le jeune Faucher accompagna dès l'âge de sept ans, son frère aine, l'abbé Edouard Faucher de Saint-Maurice, nommé missionnaire au Ristigouche. Les longues courses en canots d'écorce, les nuits passées sur la grève, à bivouaquer sous le ciel étoile, les interminables promenades sous bois, à la recherche d'un malade à soulager, d'une infortune à consoler, avaient développé chez celui que nous regrettons aujourd'hui un doux parfum de poésie et de mélancolie qui ajoutait encore aux charmes de sa conversation.

Dans ces voyages, il apprit la langue abénaquise et recueillit une foule de souvenirs, d'anecdotes et d'observations, qui feraient un ouvrage très piquant, et rempli de renseignements, et qui ont fourni à son fils, *

* Voir page 85 de cet alb.tra.

J. El C dk P-R.

dans un livre intitulé " De Tribord à Bâbord" l'occasion de raconter 1 émouvant épisode qui suit :

" " La mission était terminée,et le prêtre se disposait à retourner à Carleton, lorsque son esprit observateur, remarqua .parmi la tribu, un air de mystère qui ne présageait rien de bon. Depuis plusieurs années, les Micmacs avaient formulé des plaintes au gouvernement, accusant les bourgeois anglais du Ristigouche d'empiéter sur les droits et les réserves des sauvages. Tous les ans, les bourgeois barraient la rivière — large ici d'un mille — et au moyen de filets, ils accaparaient le hareng et le saumon qui remontaient le fleuve, — enlevant ainsi aux indiens, des milliers de quarts de poissons et ne leur laissant que les éventualités de la chasse pour éviter la famine. Ces griefs avaient

été transmis à qui de droit, mais restaient encore sans réponse, et l'irritation était à son comble, lorsqu'une dernière vexation vint faire déborder la mesure. Le bruit se répandit que les Anglais s'emparaient des prairies naturelles qui bordent la Rivière-du-Loup, dans le canton du Mann et qu'en ce moment ils coupaient les foins de cette réserve, sans se préoccuper des droits des Micmacs.

" " Le temps était mal choisi pour faire circuler pareille rumeur ; les bourgades sauvages venaient de s'assembler, à la mission de Sainte-Anne du Ristigouche, et tous les guerriers de la tribu étaient présents. Une réunion secrète du Grand- Conseil se tint pendant la nuit; il fut résolu, à l'unanimité, d'en finir de suite avec l'Anglais et de massacrer d'un seul coup, tous ceux qui se trouvaient dans

îa Baie-des-Chaleurs. Aussitôt cette terrible détermination prise, Tordre est donné de courir aux armes et de préparer les canots ; car, pour frapper sûrement, il ne fallait pas perdre de temps. Soudain, la sentinelle qui veillait à la porte du conseil est renversée par un bras vigoureux, et la taille gigantesque du pathache se dresse en face des chefs. Son regard fait le tour de l'assemblée. Pas un muscle n'a bronché sur la figure des Micmacs, chacun reste immobile et silencieux.

" " - — Chefs et guerriers, leur dit le prêtre en s'avançant au milieu du cercle, il doit se passer ici quelque chose d'étrange et de mauvais, puisque vous vous cachez de celui que vous avez toujours traité comme votre père. Mais l'ami du Saint- Esprit ne peut être trompé par ceux que le Créateur suprême à confiés à sa garde.

et je viens vous prier de me remettre vos peines pour qu'il me soit permis de pleurer avec mes enfants, et les aider à supporter leur douleur, comme cela convient à ceux qui sont les guerriers d'une grande tribu et les enfants du vrai Dieu.

" " Un sourd frémissement courut dans l'assemblée, mais personne ne répondit.

" " — Allons, grand chef! reprit le missionnaire, en traversant le cercle des Sagamos et en se plaçant en face du plus respecté et du plus ancien de la tribu, tu ne réponds plus à ton père. Est-ce que ta langue est liée par le démon de l'obstination, ou mieux encore, celui de la vengeance est-il entré dans ton cœur ? Il y a du sang dans l'air ici, et ton œil si doux et si grave d'habitude lance aujourd'hui des éclairs de haine. N'oublie pas, grand chef, que Dieu ne donne à l'homme,

la vieillesse, que pour se recueillir et soi>ger à la tombe ; avant de s'y coucher, le vieillard doit enseigner aux autres l'expérience des choses, et la voie de. la sagesse, au lieu de les exciter à la colère et leur montrer le sentier de l'enfer. Parle, chef, il en est encore temps ; et, au nom du Dieu vivant, je t'adjure de me dire ce qui se passe ici.

<4 " Alors, le grand chef se levant gravement, répliqua d'une voix ferme au missionnaire :

" " — Notre patience est à bout et le conseil a décidé ; nous allons en finir avec l'Anglais. Aujourd'hui, ta place n'est plus avec nous, patliache : reste ici, et quant aux autres, en route ! J'ai dit.

" " Chacun alors se précipitant vers les canots pousse au large et disparait bientôt après avoir lancé le cri de guerre.

" " Le missionnaire est resté seul, mais .il ne se décourage pas. Une sauvagesse sait où les conspirateurs se sont donné rendez-vous et elle vient prévenir le patliache que c'est à la Pointe-à-la-Batterie que doit se prélever le premier impôt de sang. Il n'y a plus à hésiter, et se précipitant dans un vieux canot qu'on n'a pas jugé propre à l'expédition, le prêtre se met à pagayer vigoureusement dans la direction prise par les sauvages. La crainte d'être en retard décuple la force de ce colosse qui avait déjà les muscles de quatre hommes. L'idée de sauver ses semblables le fait voler sur les eaux ; bientôt il tombe au milieu des Micmacs étonnés, et les larmes aux yeux, il les conjure de revenir sur leur décision, promettant au nom de Dieu et du Roy d'Angleterre que justice serait bientôt faite aux opprimés. Il y avait un tel accent

de supplication et de vérité dans les paroles du prêtre, que les chefs se sentirent émus à leur tour.

" << — Nous promets-tu formellement, dit l'un d'eux, en s'adressant au patliaehe, que d'ici à un an, nos droits seront reconnus, et qu'on les respectera dorénavant.

" " — Je vous le promets, mes enfants, répondit le missionnaire.

" " — -Eh bien ! si tu ne dis pas vrai, mon père, les Anglais de Ristigouche, n'auront vécu qu'un an de plus, répondit d'un ton farouche le grand chef en donnant l'ordre de retourner à la mission.

" "Le prêtre catholique tint la promesse faite aux Micmacs, et quelque temps après, le parlement du Bas-Canada passait une loi protégeant les droits des sauvages.

Elle fut sanctionnée le 9 mars 1824 — cette loi est la 4e George IV, chapitre 8 et la bonne nouvelle fut confirmée aux Indiens par le gouverneur, le comte Georges Dalhousie, qui vint leur faire une visite sur le Ristigouche. Qnant au pieux missionnaire, dont la patience et l'énergie sauvèrent ainsi la vie de MM. Mann, Ferguson, Crawford et de bien d'autres colons delà Baie-des-Chaleurs, il continua à évangéliser la nation des Micmacs pendant encore quatre ans, puis fut transféré aux Trois-Pistoles, et de là à la cure de Lotbinière qu'il desservit pendant trente trois ans. Chargé d'années et de bonnes œuvres, ce saint prêtre venait mourir le 11 août 1865, à l'Archevêché de Québec, non toutefois sans avoir dit un dernier adieu à ses Micmacs et avoir été visiter les lieux où sa jeunesse s'était passée à prêcher l'évangile.

" u Ce missionnaire était mon oncle, le vénérable archiprêtre Faucher de Saint- Maurice. Souvent, mon père, qui l'accompagna dans ses missions, prenait plaisir à nous raconter, entre autres épisodes, la scène terrible du sursis accordé aux Anglais du Ristigouche, au moyen d'une promesse faite peut-être un peu à la légère, mais qui fut loyalement ratifiée par le comte de Dalhousie." "

Dès son retour de la Baie-des-Chaleurs, M. Faucher de Saint-Maurice commença ses études au séminaire de Québec où il eut pour compagnons de classe, S. G. Mgr Taschereau, Archevêque de Québec, Mgr Langevin, évêque de Rimouski, les honorables MM. Letellier de Saint-Just, exgouverneur de la province, Chauveau, qui a été premier ministre, David Ross, ex.-procureur-général, etc., etc., etc., et

les abbés Bélanger et Darveau dont l'un fut trouvé gelé, martyr de son dévouement et de son devoir, surpris par cette mort atroce lorsqu'il allait porter le viatique à un malade, dans les forêts de Blandford, et l'autre fût martyrisé par les Indiens des prairies de l'Ouest.

" Les études de M. Faucher furent solides et brillantes. Le 3 juillet 1837, il était admis à l'étude du droit, chez l'honorable juge Bacquet, et le 9 juillet 1842, il recevait son diplôme d'avocat et fondait avec celui qui, plus tard, devait être l'honorable juge Tessier, l'important bureau de Faucher et Tessier. Pendant plusieurs années, il exerça la profession légale:

une nombreuse clientèle était venue récompenser ses efforts, mais bientôt son imagination vive et son activité dévorahte se trouvèrent mal à l'aise au milieu des

arguties de la loi. Il abandonna le droit pour se livrera l'exploitation de ses terres et de ses forêts. Riche seigneur sous le vieux système féodal des fiefs de Vitry, de Mont-à-peine et de Vincennes, il fut à différentes reprises nommé maire de Beaumont et préfet du comté de Bellechasse.

En 1851, cédant à la sollicitation de ses amis, il brigua les suffrages du comté de Bellechasse, pour l'Assemblée législative. Une petite majorité fit élire son adversaire, l'honorable M. Chabot qui venait d'être nommé ministre des Travaux Publics, mais l'adresse que M. Faucher de Saint- Maurice envoya alors à ses électeurs — le 29 novembre 1851, — mérite à plus d'un titre d'être rappelée ici. Après avoir dit qu'il serait en faveur de " la passation du projet de loi du chemin de fer de Que-

bec à Halifax, voie ferrée qui sera sans doute continuée dans toutes les possessions britanniques de l'Amérique du Nord, et qui fera du Canada un des pays les plus florissants du monde," M. Faucher ajoutait :

— " Pourquoi dans un pays agricole comme le nôtre, l'agriculture ne serait- elle pas représentée dans l'Exécutif? Pourquoi ne serait-il pas créé dans ce pays un portefeuille de l'agriculture, à l'exemple des autres nations ? Je n oublierai jamais que j'appartiens à la classe des agriculteurs, et je veux travailler constamment dans l'intérêt de l'agriculture, trop négligée jusqu'à ce jour ; je puis le dire, c'est la principale raison qui m'engage à rechercher vos suffrages. Qui ne sait que la colonisation de nos cantons est de la plus grande importance pour la race fran-

çaise au Canada ? Je serai un de ceux, qui, à tout prix, essayera d'empêcher l'affaiblissement de ma race, en légiférant de manière à arrêter l'émigration de la population franco-canadienne à l'étranger." "

" Ces nobles paroles, dites, il y a déjà vingt-neuf ans, par ce patriote sincère, méritent d'être rappelées aujourd'hui sur sa tombe. Le vœu exprimé par cet homme de bien a été rempli. Un ministre de l'agriculture siège dans le conseil de la nation, mais qui se rappelle du nom de celui qui a été le premier à réclamer cette importante innovation ?

" Une question d'un intérêt non moindre était traitée aussi dans cette adresse, par M. Faucher de Saint-Madrice. Seigneur lui-même, et jouissant alors de toutes les[prérogatives attachées à ce rang, il disait aux électeurs de Bellechasse :

" — Quant à la tenure seigneuriale, je veux avant tout être juste et honnête. Les censitaires doivent avoir justice et je mettrai tout en œuvre pour aider à faire disparaître les abus de la tenure seigneuriale."^ Noble et philanthropique langage qu'il était rare d'entendre à cette époque.

" A partir de 1852, la fortune qui, jusque là, avait souri à M. Faucher de Saint- Maurice, l'abandonna. Coup sur coup, l'incendie du manoir seigneurial de Beaumont, un débordement des rivières qui emporte dans une nuit trois de ses moulins, des étrangers en qui il avait placé sa confiance et qui firent faillite, minèrent les bases de sa fortune et le forcèrent à accepter une charge publique. Le 5 octobre 1857, il était élu par la magistrature, grand connétable de

Québec, position importante qu'il occupa jusqu'au jour où la maladie le força de s'en démettre. En annonçant cette décision, Le y oûrnal de Québecy disait, il y a peine un mois :

" " M. Faucher de Saint-Maurice, avocat et grand connétable de Québec, vient d'offrir sa démission au gouvernement, qui l'a acceptée. Depuis vingt-trois ans, M. Faucher a rempli avec tact, honneur et zèle, les délicates fonctions qui lui étaient confiées : deux fois, il a été grièvement blessé au service du public, et avant de se séparer de ce fidèle serviteur, le gouvernement, par l'intermédiaire du premier ministre de la province, a tenu à lui exprimer officiellement ses regrets et ses remerciments. " "

" C'est jeudi, le 22 janvier 1880, à minuit et vingt minutes que cet honnête

ctioyen s'est endormi dans la mort avec confiance en Dieu, au milieu de sa famille en larmes, encourageant les siens par ses conseils, par ses bénédictions, leur assurant que " les familles dispersées ici bas par la mort se réunissent, se reforment dans le Christ," et répétant sans cesse:

" " La vie n'est qu'un songe, et rien ne m'a touché hors la religion et les douces affections de la famille." "

" Pieux, bien résigné et d'une gaîté inaltérable, il charmait tous ceux qui vivaient dans son intimité. Musicien agréable et violoniste, M. Faucher laisse plusieurs compositions charmantes qui sont populaires depuis longtemps. Il s'occupait aussi, à ses moments de loisir, d'études sur les constructions navales et ses cartons contiennent un Guide du Ma gistrat qui sera probablement publié, l'un

de ces jours, et un bon nombre de manuscrits précieux sur l'histoire anecdotique et parlementaire du Canada ainsi que sur les vieilles familles canadiennes.

" M, Faucher de Saint-Maurice a épousé, en 1844, mademoiselle Catherine Henriette Mercier, fille de feu le docteur Augustin Mercier, membre du collège royal des chirurgiens de Londres. De ce mariage, sont nés onze enfants, dont il ne reste plus que quatre fils. Les obsèques de ce modeste citoyen ont eu lieu aujourd'hui, à la Basilique de Québec. Le convoi funèbre a quitté à 92 heures, la maison mortuaire, n° 17, encoignure des rués Carleton et MacMahon, et la sépulture a eu lieu au cimetière de Belmont.

" Que cet honnête homme, aussi vertueux que modeste repose en paix. "

*! Dkath of Mr. Patrick Joskph Curran. * — With feelings of deep regret, we find ourselves called upon this rnorning to record die death of Mr. P. J. Curran, f assistant Engiish translater of the Quebec législative assembly, whose encouraging prospects of recovery from the i dangerous illness which had given rise to so much anxiety, and which lias at last proved so fatal, had been only quite recently announced. It had been fondly imagined that the sufferer was out of danger and on the high-road to conval-

* The Morning Ohronide, Québec, 7th March 1880.

t See page 174. Also pages 93, 152, 151, 155-157, 163 and 173.

escence ; when suddenly, yesterday morning, the startling news was circulated that he had just succumbed to a relapse of his malady — an affection of the lungs brought on by a severe cold contracted some time since. We understand that at the time he suffered the relapse, which has terminated so fatally, his doubly afflicted wife was absent in Montréal, whither she had been suddenly called to attend the bedside of her dying sister, Mrs. Frank Stafford (since dead) who, like herself, was a daughter of the late Roderick Mc- Gillis, Esquire, in his lifetime lumber merchant, and for many years one of the most respected citizens of Québec, and a leading member of the St. Patrick's congrégation. It is impossible to imagine a situation more poignant and trying to the feelings of a loving young wife, mother

and sister than that in which Mrs. Curran is placed, and we deeply sympathise with her in the terrible bereavement which has deprived her almost at one blow of a beloved sister and an affectionate husband, whose removal from this earthly scène at the early âge of not quite thirty years, will be a cause of genuine regret to a multitude of friends and admirers both in Québec and Montréal. Of a génial character, and gifted with genius and attainments of a high order, Patrick Joseph Curran was the life and soûl of every circle in which he moved. It may be said that he was a " Curran " in fact as well as in name, possessing many of the attributes of his famous namesake, — Irish wit, ready repartee, literary ability, — which were in him supplemented by rare musical taste and proficiency, and, by what may seem

paradoxical, great mathematical acquirements. He was also a ready, graceful and captivating speaker, and those who were présent at the St. Patrick Society dinfier, some three years since, will remember the especially brilliant and happy manner in which he responded to one of the toasts of the evening, — an effort seldom equalled on any similar occasion. We understand that the deceased gentleman was principally educated at the Ottawa collège, and that in his last moments he had the spiritual consolations of one of his whilom teachers, Rev. Father Tortel, presently Superior of the Oblats Fathers and pastor of St. Sauveur. He was the youngest of four sons of the late Mr. Charles Curran, of Montréal. His oldest brother is J. J. Curran, Esquire, Q. C, of that city. Another brother is a member of the order of

Christian Brothers and his three sïsters are nuns. Although résident in this city only since his appointment to the officiai position which he so ably filled, some three years ago, he made for himself hosts offriends, who wil] long mourn his loss, The members of the St. Patrick's Literary Institute, above ail, can never forget the many obligations they owe his memory.

His services were always, during health, at their disposai, whether as an orator, a conductor of their concerts or amongst the rank and file at their weekly readings. He conducted the literary and musical soirée in their Hall (Victoria) last St. Patrick's night — possibly one of the most successful ever held on a like occasion in this city. St. Patrick's congrégation generally, will also remember him for his readiness on many occasions to lend his

assistance, as well instrumental as vocal, in the organ loft. He leaves, besides his affiicted widow, two young children and a widowed mother. To them and to ail his relatives we tender the expression of a deep and heart-felt sympathy. The remains will, we understand, be removed to Montréal for interment in the family vault. "

M On Saturday evening last, at the gênerai monthly meeting of the St. Patricks Literary Institute, Owen Murphy, Esq., ex-mayor of Québec and président of the Institute, in the chair, the following resolutions were unanimously adopted : —

Resolved, — That the St. Patrick's Literary Institute take this opportunity — being their régulai monthly meetinc— to record

their deep sensé of regret at the decease of one of their fellow-members, Patrick Joseph Curran, Esquire, who on ail occasions was found ready to render to the Institute such important services as his diversified talents enabled him to place at their disposai

Resolvedy -That a copy of the foregoing be transmitted by the Secretary to the bereaved wife of their deceased fellowmember, assuring her at the same time, as well as the other members of his sorrowing family, ofthe deep sympathy of the Institute as a body with them in their sad bereavement*

It was further decided that an influential délégation of members ofthe Institute should accompany, by spécial train, the remains of the lamented deceased to

Montréal, where they were forwarded on Saturday evening for interment." *

" A meeting of the officers of the législative assembly was held on Saturday, the 6th instant. Mr. Ls. Delorme, Clerk of the House, was elected Chairman of the meeting, and Mr. Ls. Fortier, Secretary. It was moved by Mr. Simard, seconded by Mr. P. E. Smith, and resolved — That the officers of the législative assembly hâve learnt with deep regret the death of Mr. P. J. Curran, assistant English translator. Moved by Mr.

Crawford Lindsay, seconded by Mr. A.

N. Montpetit, and resolved — That the death of Mr. Curran has deprived this

* The Morniug Chronicle, Québec, 8th March, 1880.

Houseof one of its most useful officers and the society of a brilliant member.

Moved by Mr. L. Simoneau, seconded by Mr. C. P. Lindsay, and resolved — That a copy of the above resolutions be transmitted to the family of the late lamented Mr. Curran. Moved by Mr. O. C. de la Chevrotière, seconded by Mr. A. Demers, and resolved — That a copy of the above resolutions be sent to the newspapers of this city. — L. Delorme, Chairman ; Louis Fortier, Secretary. " *

" The remains of the late Mr. Patrick J. Curran arrived hère f at about six o'clock this morning per spécial North

* The Morning Chronicle, Québec, 8th March, 1880. f A telegram from Montréal, dated 7th March.

Shore railway train, in charge ofàdeputation of some forty or fifty members of the St. Patrick's Literary Institute of Québec, who were accompanied by a number of the ladies of their families. The body was placed in a chapelle ardente at the résidence of the deceased's mother in Colborne street, where the Quebecers joined in prayer for the repose of the soûl of the departed. The funeral took place at three o'clock this afternoon. The procession was a most respectable one and such as is seldom seen in Montréal. The Québec people, headed by Rev. Brother Arnold of the Christian Schools, followed the relatives. The floral offerings both from Québec and Montréal were very beautiful. "

" On Monday evening last it was resolved, upon a motion by Mr. Philip Whitty, seconded by Mr. E. A. Sutton, that the members of St. Patrick's choir take this means of publicly testifying to the sincère regret which they feel at the démise of the late P. J. Curran, Esquire, in whom the relentless hand of death has deprived them of a fellow-member whose brilliant talent and effective assistance will be long and faithfully remembered. Further, that the members of the choir hereby respectfully tender their deepest sympathy to Mr. Curran's widowed lady and afflicted relatives in their great bereavement. — C. Lavallée, organist, St. Patrick's church. Québec, gih March, 1880/' *

* The Morning Ohronicle, Québec, lOth March 1880.

Page 1