S. XXVIL
cipes religieux. Celte observation importante nous a Conduits aux livres de Moïse, les seuls qui nous aient instruits des vrais hommages que nous devions à la Divinité.
Que la raison de l'homme abandonnée à elfe-mémo est donc faible! Mais qu'elle est forte et puissante, lorsqu'elle esl éclairée et soutenue des lumières de la révélation ! Moïse seul, convaincu de l'existence du Vrai Dieu, créateur de l'univers, déclare impie et abominable toute association de fausses divinités avec le Dieu d'Israël. Le législateur des Hébreux est le premier comme le plus ancien (l) des écrivains qui nous trace dans loute sa pureté l'Origine et la suite de la religion sainte. Il est le seul d'entre tous les législateurs de l'antiquité qui nous développe aveô toute la netteté possible ce que les traditions prouvent et laissent dans l'obscurité , le seul qui nous donne de la Divinité suprême l'idée la plus sublime , le seul enfin qui nous fasse connaître l'homme , sa grande destination et le culte que Dieu en exige.
Si de Moïse nous passons âii\ autres écrits de l'Ancien Testament, quelle noblesse, quelle élévation d'idées sur les grands objets de la religion ! Le peuple hébreu n'eut rien néanmoins qui le distinguât anciennement des autres nations, du côté de la culture des beaux arts et des sciences. D'où vient Cependant qu'il eut un culte aussi épuré que ses mœurs furent sé\ères? Pourquoi tous ses écrivains sont ils les seuls de tous les hommes qui ont bien connu la véritable nalure du culte et des hommages que la créature doit à son créateur? Si ce peuple n'eûl eu le dépôl de la révélation, on l'eûi vu plongé dans les mêmes égarements que le reste des nations.
Finissons. L'esprit humain ne peut que se confondre, s'il cherche partout ailleurs que dans l'école de la Divinité même des instructions si sublimes, si dignes de Dieu et de l'homme. Il est donc impossible que les livres de celle nalure, des livres si religieusement conservés par un peuple aussi singulier que les Juifs, ne soient que le iruit de l'imposture et do la superstition. Non, ces écrits ne peuvent être l'ouvrage des hommes ; Dieu seul a pu les dicter; il le» a revêtus de marques éclatantes de vérité et d'authenticité ; il leur a imprimé des caractères inimitables et à l'abri de la falsification, afin que les consolantes promesses manifestées à l'avènement du Messie, la gloire d'Israël (Luc. II , 52), eussent pour appui des fondements inébranlables.
Ce grand Dieu infiniment sage avait annoncé longtemjis auparavant ces magnifiques promesses, dans la foi desquelles le juste trouva toujours le salut. Le Seigneur en avait confié le dép^l à la nation juive, et les prodiges étonnants opérés en faveur de ce peuple n'étaient que pour le rendre plus attentif à la conservation d'un si sacré dépôt.
Quel peuple encore que le peuple juif, dispersé
(1) Voyez Petrus Zomius, Commentât, in Hcculœi Abderitœ eclogas , pag. 23 prolegomen.
[Seizei) .
dans tonte la lerrc cl le mépris des nations !
attribuer la cause d'un phénomène qui est unique clans Tliisloire ancienne et moderne ? Notre raison s'égare cl se perd si elle ne consulte que ses propres lumières ; mais tout s'éclaircil aux yeux de la foi. Le Seigneur avait prédit par la bouche des prophètes ce grand événement qui nous étonne ; les oracles devaient s'accomplir jusqu'à la lettre, et ils s'accomplissent au milieu de nous pour notre instruction. Il fallait que le peuple juif préparai les voies à la venue du Christ : ce Christ, l'espérance d'Israël , le désiré des nations, est venu dans la plénitude des temps; enfin tout est accompli : Et il n'y a point de salut en aucun autre que dans ce Messie; il n'y a point d'autre nom sous le ciel qui ail été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauves [Acl. IV, 12). Jésus- Christ a établi une religion qui ne périra point, et dont la religion judaïque élail la base el le fondement. Ainsi le peuple juif a dû d'abord subsister en corps de nation, selon les desseins d'une providence infiniment sage, pour annoncer l'établissement d'un nouveau culte qui ferait à l'Être suprême de véritables adorateurs, et pour constater à la face de tout l'univers son zèle, sa fidélité à conserver le dépôt de ses anciens écrits , qui sont nos litres les plus sacrés de ce même culte.
Le peuple juif devait être rejeté ; il doit cependant subsister, puce que Moïse et les prophètes l'ont ainsi prédit; mais sa dispersion dans toute la terre et le mépris où il est sont une preuve manifeste qu'il a méconnu le Messie et démontrent la vérité de la religion chrétienne, ainsi que la divinité el l'inspiration
DISCOURS {R8
\ quoi des Écritures. Ce n'a donc point été par la volonté des
hommes que les prophéties nous ont été apportées, mais {a été par le mouvement du Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé (II Pelr. I, 21).
Que l'impie cesse d'insulter d'un ton superbe et dédaigneux à ces monuments respeciables de notre foi. Les attaques qu'il ne cesse de livrer au sacré dé- j pôt d'une religion auguste qui présente des vérités éter nelles et des imérets si grands annoncent de nouvel* les victoires. Quel est donc l'espoir frivole de ces hommes audacieux? Croient-ils pouvoir anéantir par leurs ouvrages passagers, aliments frivoles d'un cœur libertin, les titres primordiaux de la révélation et celle religion même? Ce£ monuments de notie croyance ont toujours tenu trop intimement à la rcîjrion sainte, pour que la divine Providence eût jamais permis qu'ils vinssent à périr ou à contracter la moindre altération essen* liellc. Nous avons encore les mêmes lois, les mêmes miracles, les mêmes prédictions, la même suite d'histoire, le même corps de doctrine, que Dieu révéla anciennement à nos pères. Rien ne s'est perdu ni égaré.
Comme nos quatre mémoires louchant l'intégrité et la pureté du texte original des Ecritures de l'Ancien Testament roulent tous sur celle importante matière, indiquons en peu de mots la marche que nous y avons tenue, pour montrer par quelle voie le Seigneur a daigné nous transmettre le sacré dépôt des saints oracles , le fondement de l'espérance chrétienne. Celte discussion intéressante ajoute un nouveau degié de force a la preuve de la vérité el de l'aulhenticiié de nos divines Écritures.
j|£coft&t jmrtU.